silent weapons for quiet wars

Pochette de Godhead

chronique · 11 décembre 2013 · Weird Rock / Metal

Sandrider

Godhead

Lecteur, je commence à te connaître : tu es pressé, tu n’as plus guère le temps ni l’envie de lire de longues chroniques mais tu aimes Unsane, et tu aimerais savoir si tu dois ou non te procurer ce disque. Je vais donc te la faire rapide, mais en plus de 140 caractères quand même.

par Mattooh

Attention : les Sandrider (nouvel onglet) ont beau avoir digéré les méthodes d’Unsane, ils n’en ont pas la classe. C’en est même une version expurgée de sa face la plus saignante, adoucie aux structures simples d'un sludge/hardcore moderne, genre riffs qui raclent, tirades scandées et couplets le poing levé. Mais il y a la lourdeur crasse, la basse et l’efficacité de l’horror-core des newyorkais (Traveler), et c’est ce qui en fait un disque un peu meilleur que la moyenne.

Sur une base d’Unsane, donc, Sandrider fait des raccourcis pour appâter les oreilles farouches via des riffs catchy et des pointes de vitesse en ligne droite, façon Torche / The Bronx, et se laisse aller à quelques refrains vaguement mélodiques (Ruiner, Godhead, …). Ce chant beuglé un peu trop appuyé n’est pas toujours du meilleur effet, dans la mesure où on n’a vraiment pas besoin de nouveaux Red Fang ou Baroness, mais si on se contente de laisser ce disque dans sa bagnole, ça ne pose pas vraiment de soucis.

Et ne prends donc pas cet air méprisant de l’esthète qui n’écoute plus que de la musique au casque dans l’introspection de ses nuits transcendantales, ou en savourant un bourbon plus vieux que lui bien calé au pied de sa platine d’audiophile : il faut des disques de bagnoles, des disques urgents, crétins au premier degré. C’est une sous-catégorie des disques rock à part entière (cf. les 850 albums de Motörhead), qui rend les longs voyages moins chiants et les petits déplacements plus dangereux. Et c’est pas parce qu’on apprécie derrière le volant des chansons punitives et efficaces, à gueuler sans inhibition au feu rouge, qu’on peut y tolérer de la médiocrité ; ce disque de Sandrider en comporte assez peu.

Un mot au sujet de l'origine de Sandrider, enfin : on trouve parmi ses membres deux ex-Akimbo, excellent groupuscule de Seattle (qui a cette année publié un très bon album posthume, soit dit en passant). Ce qui est un joli CV, mais ne délivre en aucun cas l'autorisation de publier une pochette pareille. Je te présente donc mes excuses au nom du groupe, car même sur un coin du tableau de bord ou en plein soleil sur la banquette arrière, cet artwork sera toujours dégueulasse.

Mattooh

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Chez Watt

    Pas prise de tête en effet. Bien vu le statut "disque de bagnole", haha ! La pochette est abusée mais marrante, je trouve :) Vivement les prochains feux rouges ! Merci pour la trouvaille.

  2. PIe-re

    retour aux fondamentaux j'ai envie de dire, c'est vrai que par moment il faut savoir apprécier un truc simple et efficace, en gros cet album c'est comme un mac do, ça passe toujours.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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