
chronique · 21 août 2013 · Drone / Ambient
Seaworthy + Taylor Deupree
Wood, Winter, Hollow
A quatre mains, fondre les notes dans un paysage embué de neige. Suivre les anfractuosités du bois et les souffles qui s’y engouffrent. Marcher au profil du jour, récolter les inflexions de l’eau, et s’ouvrir, un peu plus encore, à l’écoute.
par Aurélie S.
Wood, Winter, Hollow est un disque qui en dit long sur ce qui alimente l’identité du label de Taylor Deupree. Une certaine idée de l’échange, lié à l’homme et à la nature, et une rare attention portée à tout ce qui se joue en dehors de soi.
Pour cet album, l’australien Cameron Webb (Seaworthy, déjà présent au sein du catalogue 12k mais également sur des labels tels que Preservation ou Slaapwel Records) a rejoint Taylor Deupree en février dernier aux Etats-Unis. Le temps de se rendre jusqu’aux portes d’une immense réserve naturelle, et d’y collecter l’ensemble des field recordings nourrissant cet album.
Il n’aura ainsi fallu qu’une très courte période aux deux personnages pour enregistrer Wood, Winter, Hollow qui marque leur première collaboration. Plus instinctif, intime et sincère, le disque n’en est pas moins une belle démonstration de la maîtrise sonore de ces deux artistes.
La guitare de Seaworthy vient se mêler aux field recordings en leur laissant tout l’espace nécessaire, veillant à ne pas les étouffer, à leur offrir des temps de silence nécessaires. Aux boucles de cordes tracées à même la neige s’ajoutent quelques percussions, clochettes ou mélodica. Ici encore, l’équilibre et le dialogue prédominent. Lentement, les instruments ponctuent les captures sonores dont la richesse se déploie avec aisance et évidence.
Wood, Winter, Hollow traverse les ombres noueuses des arbres, la neige craquant sous les pas, les ruisseaux déchirant leur propre glace. Bois attisé par les vents, brindilles pressées par la pluie froide. Bruissant et crépitant, les sons émergent d’une zone pourtant durement touchée par un ouragan quelques mois auparavant.
Parmi les débris, le bois mort et brisé, la vie se renouvelle. D’où, peut-être, cette sensation de chaleur à l’écoute de ce disque jaillissant du froid, tout en flambées de neige.




![Pochette de [ozo viv]](/media/covers/BrunoFLeutelot_ozoviv.jpg)

Brasser la merde
2 commentaires
Raphaël Lenoir
La dernière phrase résume parfaitement cet album. Très belle chronique pour un très beau disque à écouter au coin d'un feu.
shadowbox
c'est beau, très beau, agréable à écouter et bien produit, chaque son, que ce soit le field recording, les nappes électro ou la gratte, est parfaitement rendu. petit bémol avec les 3 titres principaux: ça me fait bien trop penser au génial Incidental Music de The Green Kingdom paru en fin d'année dernière, magnifique pièce d'ambient, de drone et de folk. mais j'adore les 2 interludes.
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