
Il fallait qu’on vous parle d’Immersion parce que, si vous voulez, c’est l’album de l’année quoi. Enfin ça, c’est ce que disent les médias influents anglo-saxons et que diront par la suite la masse des suiveurs français (si si, vous savez, la blogosphère « indépendante »). Les Zenker Brothers (nouvel onglet) viendraient donc de sortir un album techno référence et comme toute la clique, je me suis empressé de l’écouter. Le verdict qui sa suivre sera, vous vous en doutez, nuancé.
En fait, les Zenker Brothers m’emmerdent parce que les frangins connaissent un peu trop la musique. Depuis 10 piges, ils régentent en partie les nuits munichoises. Bon, je ne vais pas faire la fine bouche pour autant, le pedigree techno de la famille Zenker est quand même bien plus attrayante que toute la clique Compost ayant trop longtemps dominée la cité bavaroise. Bref, Dario et Marco mixent dans les clubs en vogue, dirigent un label plus que respectable, Ilian Tapes (nouvel onglet), et sortent régulièrement des EP chacun de leur côté. Immersion est leur premier long format commun et il est un peu trop fourbe pour être totalement appréciable.
Les Zenker savent exactement comment construire une track techno puissante, savent exactement à quel moment placer le kick qui fait mal, savant exactement quels sont les sonorités qui cartonnent actuellement. Immersion est un album jouant avec tous les gimmicks du moment : sonorités saturées, ambiance post-apocalyptique, titres tunnels. Et, je ne vais pas non plus vous mentir, ils le font bien, mais cela semble tellement surfait que ça gâche le plaisir premier.
Maintenant, soyons sincère aussi, Immersion reste un bon album si on le prend sans recul, si l’on n’a pas trop écouté ce que le milieu de la techno a pu sortir depuis 3 ans. Sur 10 titres, il y en a tout de même 3 qui claquent (et autant vous le dire, 3 bons titres sur un album techno, c’est déjà beaucoup). Premièrement, Phing avec son piano répétitif qui place le morceau dans une veine hantologique redoutable. Deuxièmement, le percussif Innef Runs aux relents leftfield old-school. Troisièmement, le monstrueux TSV WB aux accents jungle 90’s aussi sombres que jubilatoires.
Le reste ne fait que singer les sorties techno actuelles, comme ce Aisel à la rythmique militaire et aux grésillements métalliques et ce bodybuildé High Club tout droit sorti de l’esthétique sursaturée de Surgeon. La majorité des morceaux souffre d’un enrobage trop actuel, trop contextuel. C’est sincèrement regrettable car je ne doute pas un instant du potentiel créatif des frangins.
Finalement, le titre de l’album résume à lui seul le problème. Non mais sérieusement, quel titre merdique. Immersion. Comme si tous les albums techno actuels n’avaient pas vocation à justement vous placer dans un état immersif total. Hé les Zenker Brothers, vous êtes bien mignons mais vous n’êtes pas des précurseurs hein, juste des suiveurs, des bons suiveurs certes, mais des suiveurs opportunistes !






Brasser la merde
1 commentaire
ColdJets
Peut-être que dans quelque temps (débarrassé du contexte donc) ce LP sonnera un peu moins générique
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