silent weapons for quiet wars

Concerts · 21 novembre 2012 · le 20 novembre 2012, Le Trianon (Paris)

Beach House + Holy Other

Ennui et patchouli

par B2B

Lorsque Holy Other (nouvel onglet) s’installe tranquillement face à ses machines, on sent une pointe d’intérêt dans cette foule acquise aux couples et groupes de jeunes filles. L’anglais débute alors son live downtempo caverneux. Exit le drap qui recouvrait son visage, exit la structure continue permettant une immersion progressive, qui faisaient la force de sa précédente prestation parisienne. Désormais, Holy Other enchaine ses tracks comme sur son album, Held. L’ouverture sur Tense Past fascine avec ses basses lourdes et ses chœurs spectraux. Débute alors un live sous perfusion Burial, parfois relevé d’une rythmique binaire étouffée. Mais l’absence d’interaction avec la foule, suite à l’absence d’un VJing pourtant impératif avec ce type de musique, ne peut empêcher la perte d’attention. Lentement, le brouhaha s’installe, quitte à prendre l’ascendant sur la musique. Ainsi, alors que je tentais de rester attentif au trip londonien, mes voisines se sont mises à parler chiffons de toute part. J’ai donc fini par plus retenir les souvenirs de colo de Julie que l'électronica timidement imposée. Holy Other, concentré jusqu’au bout, quittera la salle en rampant, sans doute coutumier de ce genre d’accueil.

Quand la lumière se rallume, j’ai pris 15 ans. Pleins d’ados ont envahi la fosse, pinte à la main comme signe de cuite annoncée. Le combo de Baltimore peut alors prendre possession d’une estrade à la scénographie minimaliste, mais dont les jeux de lumières en feront un partenaire captivant. Beach House (nouvel onglet) débute timidement sur Wild et va enchainer rapidement la quasi intégralité de Bloom et une bonne partie de Teen Dream. Alors qu’Alex Scally, posé sur sa chaise, triture gentiment sa guitare, Victoria Legrand donne, toute proportions gardées, davantage de son corps en balançant sa chevelure hirsute sur une cadence métronomique et en distillant sporadiquement quelques signes satanistes. Et sinon ? Sinon, c’est chiant. La dream-pop du groupe a du mal à prendre de la consistance en live tant le rendu sonore ne lui rend pas justice. La faiblesse des graves empêche de complètement pénétrer dans cet univers onirique tant escompté et donne la fumeuse impression d'entendre toujours le même morceau. Une certaine distance s’installe entre le public et le groupe. Enfin pas pour tous, certains ados trippent comme jamais, éructent à tout va et comble d’une subversion totale, fument des clopes en tournant des yeux comme si c’était du crack. La fin du set voit le groupe un peu plus investi, notamment sur un Wishes et un Myth plus accrocheurs. Finalement, l’ennui qui me guettait va s’évaporer lors d’un rappel shoegaze contagieux. 10 Mile Stereo et Irene clotûrent le concert sous un déluge d’électricité. Ouf, l’honneur est sauf.

B2B

Brasser la merde

5 commentaires

  1. Pierre

    Ennui et patchouli, c'est un peu ce que j'ai pensé quand j'ai lu cet article...

    Un ado qui tripe comme jamais. ;)

  2. bob

    Rien de pire que deux putes qui jacassent pendant un live, pendant Holy Other en plus.

    1. B2B

      Plus j'y repense et plus je me dis que c'est le pire public que j'ai pu voir (enfin entendre surtout) à un concert depuis des lustres. Je me suis retenu dans ma chronique mais sérieusement, la majorité du public méritait de se prendre une brique dans la gueule pendant la 1ère partie. Un calvaire, un putain de calvaire. J'avais mal pour l'artiste. Non mais sérieusement, quand une première partie ne vous plait pas (vous avez le droit), cassez vous au bar !

  3. Portnoy

    Vous allez voir Barker & Baumecker samedi au Rex ?

    1. B2B

      Non.

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    En attente