Concerts · 12 avril 2013 · le 09 avril 2013, Espace B (Paris)
Oren Ambarchi & Richard Pinhas, un pur moment de Rock'n Roll
Maitrise Absolue
par Somath
Oren Ambarchi (nouvel onglet) n’a beau pas être avare en nouveaux projets et concerts parisiens, sa venue est toujours un événement en soi. Quand de plus son nom est associé à quelqu’un d’aussi intéressant et doué que le guitariste pionnier Richard Pinhas (nouvel onglet), les attentes sont des plus grandes.
Mais avant le plat de résistance, la petite centaine de personnes présentes ce soir là à l’Espace B (nouvel onglet) a pu apprécier (ou pas) Compost et Top Spin. Les premiers, soit l’alliance de Joachim Montessuis (nouvel onglet) et Philippe Simon, nous auront fait une forte impression avec leur harsh drone aux textures bruitistes d’un haut niveau. Malheureusement pour eux, les contraintes soniques du lieu autorisent un volume bien trop faible pour que le rendu soit percutant, se retrouvant au final plus ronflant que découpant et castrateur. On n’épiloguera pas sur la prestation de Duncan Pinhas, rejoint ensuite par un batteur, tant elle fût de piètre qualité, ou comment passer du coq (l’expérimental) à l’âne (le psyché blues progressif) sans qu’aucun des deux n’aient une seule patte valide.
Des membres en forme, la bête à deux têtes formée par Ambarchi et Pinhas en aura elle des kilos à revendre, et dès les premiers instants nous savons que ces deux-là se sont bien trouvés. La partie principale verra alors la construction d’une masse drone fourmillant de toute part via une texture globale d’une richesse assez incroyable basée sur les guitares des deux protagonistes dont il serait bien ardue (et inutile) de dissocier les contributions. Faisant preuve d’une concentration et d’une écoute des plus impressionnantes, les experts font se promener subrepticement leur magma sur des échelles temporelles des plus longues sans pour autant ennuyer tant le chemin est détaillé.
Le duo clôturera sa performance par un rappel nous ramenant dans un temps où les moogs et autres modulateurs étaient rois, et ce avec autant de réussite qu’auparavant. L’audience aura été conquise et se révèlera peu avare en superlatifs dythirambiques en guise d’accompagnement de dernières bières.
Photos : Aurélie Scouarnec

Brasser la merde