Concerts · 11 avril 2013 · le 06 avril 2013, Mannheim (Allemagne)
Time Warp 2013
Il n'y a pas de hasard
par DFB
Time Warp (nouvel onglet) ressemble à un rendez-vous d'initiés avec ses codes, ses rites. Une cérémonie récurrente des adorateurs de techno et de house qui n'ont que faire des cases ou limites. Ici tout le Monde repousse les barrières et dépoussière ses convictions. Le Hasard y mène rarement la Passion sûrement. Chaque pèlerin y viendra se plier avec dévotion aux rythmes malicieux distillés en ses 6 antres par des artistes venus communier avec leurs fidèles. L’édition 2013 s’annonçait dense et voluptueuse, une timetable (nouvel onglet) dévoilée seulement 3 petits jours avant dans la cuisine de Karotte, mais judicieusement préparée qui lâche sa 1ère vérité : on ne pourra pas être partout ! (difficulté majeure de l’événement). Alors voici notre parcours, plein de sacrifices nécessaires à une belle aventure
Tout se dessine dès la gare de cette charmante bourgade qui nous rappelle que la Ruhr a conservé son gris, son industrie et un sens tout pratique de l'urbanisme...trois pas au milieu d'une foule déjà bouillante et on se hisse dans un tram bondé qui chante et qui danse. Plane ici l'espoir d'une Europe plus secouée, gaie et partageuse qu'on nous le laisse entendre, cette rencontre inter-culturelle va remettre les pendules à l'heure : Gaiser (0h00-1h00) du fond d'une salle déjà comble, un 2nd live après Lexy & K-Paul, nous propose une mise en jambe un poil classique. Mais Some slip fait son petit effet et tout le monde est content car la soirée ne fait que commencer. Après avoir « traversé les rideaux » on rejoint Dubfire qui termine à 2h00 avec ses longues mises en route qui finissent (presque) toujours par ravir. Déjà le son fait de l'effet, le public semble adhérer complètement à la démarche du patron de SCI-TEC, on est dans le timing ce set aussi, il ne reste plus qu'11h à danser. Ricardo Villalobos (2H00-4h00), le génie chilien élimine les égarés et sélectionne parmi ses fidèles. Seuls quelques sons jaillissent de ses retours pendant 20 bonnes et longues minutes, puis lumières + sons = cris : c’est parti, nous aussi.
Mais il est encore tôt et le programme est chargé, en plus un excellent Agoria fait ses débuts avec enthousiasme dans le dôme (aka « Salle Laurent Garnier »), à l'envers cette année. Il est un peu moins convivial et les platines sont sans doute mieux à l’abri, mais c'est dommage. Le haut du podium ne s'en plaint pas et se déhanche les bras en l'air. Le Lyonnais fait mieux que remplir sa mission il nous abreuve et nous délecte, les mélodies laissent la place à un son percussif et envoûtant. Personne ne voit venir la fin de son set. On en voulait encore. Trop tard 3h00 et Karotte, s'installe déjà dans sa cuisine.
Mais plaignons nous un peu et dénonçons : les sets sont de moins en moins longs chaque année, seuls les tauliers ont pu conserver leurs privilèges. L'effectif est certes pléthorique mais ça change un peu la nature du Time Warp. Allons voir un des associés de l'affaire (Sven Väth) qui squatte sa salle 2 jusqu'à 6h30. Il n'a pas changé alors laissons-le avec ses adorateurs et goûtons à la douce Magda dans cette salle 6, quasi chill-out, où l'on reprend des forces en attendant fébrile notre difficile et cornélien 5 à 7 (Loco Dice en fera les frais, qu'il nous pardonne). Cette ballade fut agréable malgré la fraîcheur de cette nuit allemande, rendue légèrement saisissante car balayée par une pluie fine mais personne n'est là pour le climat et beaucoup n'ont plus froid, la chaleur monte de deux crans dans toutes les salles.
Soyons fou est attribuons une étoile de plus à l'organisation qui gère les flux à merveille alors que le chaland n'a pas la trajectoire facile. Discret mais efficace, on est toujours à l’aise d’une salle à l’autre ou pour traverser les foules. Le budget lumière semble avoir était un peu rongé (sans doute pour économiser l'énergie), la profondeur des casiers aussi mais un petit écran 3D et des néons hypnotiques créent une cohésion dans ces grands hangars et ajoutent un « plus » à cette douce diffusion d’un son profond et lourd, toute la technique au service des artistes pour le plaisir de nous tous.
A 5h00, Marcel Dettmann range ses affaires, on récupère quelques sons qui nous éclaboussent au passage et ça sentait bon. Les choses sérieuses se dessinent enfin. Elles s'incarnent ensuite sous les traits rieurs et heureux d'un facétieux Chris Liebing, casquette à l’envers, transperçant, dansant (enfin très remuant) presque éreintant mais si bon. Le début de cette seconde partie va resserrer les effectifs, elle s'adresse aux braves. Plus de doute la Phase 2 a commencé, les kicks percussifs commencent à tournoyer, les ouvres boites et perceuses à cerveaux sont de sorties mais pas que, car des rythmes chauds, des voix et des morceaux mélodieux qui reviennent du fond des bacs se taillent aussi une sérieuse part dans ce set aphrodisiaque. Le monde danse mais celui qui joue le plus c'est le Patron du CLR !
Un petit interlude (oui c'est l'heure de pointe et des choix impossibles) pour le live sérieux et serré d'un Matador que ses derniers hits - « Svinx » en tête – propulsent en dynamiteur d'espace pour son boss et il est déjà 7h00. L'heure pour un Len Faki tout nouveau (sans ses classiques, que du frais) de retourner la salle 1 comme il l'avait magistralement fait il y a 2 ans. Un joli retour pour du plaisir partagé, la techno du Berghain est là pour les guerriers du matin, elle claque mais avec le sourire. Les 3 « rasés » qui bouclent de 5h à 11h00 participent complètement à la fête, ils lèvent autant les bras que le public, pareil pour les verres et les yeux. C'est interactif et jouissif. Joseph Capriati (9h-11h) est venu avec son supporter club, banderole du Napoli levée, tout acquis à sa cause, on renchérit sans transition sur un tempo qui accélère encore un peu. Mais il fait déjà jour, pas encore chaud, allons saluer le Maitre : Laurent Garnier, 25 ans de carrière et 19 ans de TW, encore 5h00 de mix cette année. Même les mécréants respectent ça. Pas de chance pour nous on le surprend en pleine phase de son à l’anglaise alors on file.
Richie Hawtin, l’éternel abonné, est là pour nous finir avec un maxi set collaboratif (7h30 – 14h00) sans doute plus facile pour ceux qui arrivent tard (ou tôt on ne sait plus très bien) avec la bonne idée du ticket qui laisse rentrer des gens sur la fin. L'effectif reste ainsi conséquent malgré les abandons nombreux. On passe dans la salle 3, mais que fait Ellen Allien encore debout ? Il est presque midi et le Papa de chez Minus est toujours bon à domicile mais là ça devient dur de se faire promener même pour les plus gaillards d’entre nous, même avec tous nos sucres lents accumulés, même avec la préparation physique. Que peut-on avoir envie d'écouter quand il est midi ? On est tellement allé dans tous les sens que le meilleur choix s'est peut-être de se diriger vers une terrasse pour débriefer tout ça. Le temps s'est déformé, les pendules sont à l'heure estivale, la saison peut commencer.
On ressort du temple, fine bouche comblée, le soleil du Dimanche réchauffe des visages pâles mais souriants. Ce fut, encore, une bonne édition. Une envie domine : revenir...en arrière ? Pas la peine l'an prochain c'est les 20 ans !
Photos : Copyright Photo-company.nl (nouvel onglet)

Brasser la merde
2 commentaires
sebou
Excellent TimeWarp ! Troisième fois, le même amour que la première ! Pour nous, ça à commencé à 20h ! et fini à ... midi! Richie Hawtin a eu raison de nous ! Une mention pour Monika ! Olala, qu'est-ce que ça me manque ! Le FADEIN va-t-il nous faire de si beaux cadeaux ? wait&see
Omar
Super Time Warp pour ma part !! Mention spécial à Laurent Garnier que je voyais pour la première fois sous le dôme : INCOYABLE, MAGIQUE, MAGNIFIQUE.... J'ai passé un moment inoubliable en sa compagnie et avec tous les gens qui étaient présent. Du coup j'ai plus eu envie de voir quelque chose après !
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