Focus · 19 septembre 2013
Denovali Swingfest Essen 2013, l'heure n'est plus aux hésitations.
Denovali Swingfest 2013
par Lexo7
Dire que la programmation et l'ambiance du Swingfest de l'année dernière était une révélation relève de l'euphémisme. Les prestations de Saffronkeira, Philip Jeck, Heirs, thisquietarmy, A Winged Victory For The Sullen et surtout du désormais incontournable Bersarin Quartett, résonnent encore aujourd'hui à nos oreilles comme de pleines réussites. Tant et tellement que même les replis forcés vers le proche fast-food pendant les sets de Carlos Cipa, Blueneck et Hidden Orchestra, font office d'anecdotes croustillantes. C'est pourquoi vous ne vous étonnerez pas de nous voir faire à nouveau le voyage cette année.
Dans un peu moins d’un mois se tiendra l'édition 2013 à Essen (Allemagne), du 3 au 6 octobre. Le festival offre ici une programmation bien plus qu’alléchante, puisque certaines références telles que Tim Hecker, Deaf Center, Field Rotation, Biopshere ou encore The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble viendront se succéder sur scène. De quoi combler, on l’espère, les amateurs de musiques ambient, drones et expérimentales. Le programme officiel ci-joint devraient achever, nous en sommes sûrs, les derniers sceptiques.
Après une soirée d’ouverture articulée autour de Carlos Cipa, Sophia Jani et Piano Interrupted, le festival prendra réellement place le vendredi, avec une première journée et soirée déjà riches en artistes.
Biosphere, référence incontournable (aux côtés de gens tels Photek, Monolake et The Future Sound Of London à la même période) pour beaucoup dans ce qui fait la musique ambient (citons par exemple ses Microgravity et Substrata parus respectivement en 1992 et 1997) et habitué du label Touch, sera attendu par bon nombre de fans.de la première heure.
Vendredi sera également un jour immanquable, puisque Deaf Center, duo formé par Erik Skodvin et Otto Totland se produira en live. A l’origine du chef d’œuvre Pale Ravine (et du saisissant Owl Splinters), le duo donnera un concert dont on ne pourra s’empêcher, forcément, d’en attendre beaucoup.
Après les avoir vu à l’Espace B en avril dernier, c’est à Essen que nous retrouverons un second duo formé cette fois-ci par Evan Caminiti et Jon Porras. Avec leur dernier album V, Barn Owl risque fort de plonger son public dans un bain obscur et hypnotique de cordes traitées et de drones propices à la révélation de grands espaces.
Si on a parfois pu reprocher à Saffronkeira sa sérieuse tendance à l’emphase et aux formats un peu trop ambitieux, vendredi sera le moment venu pour avoir un aperçu de son album collaboratif à venir en décembre avec le trompettiste italien Mario Massa.
Restera encore à découvrir sur scène le duo de drone allemand Troum, à la discographie impressionnante. Quant aux deux dernières formations françaises et italiennes, Céleste et Lento, elles insuffleront probablement une haute dose de violence et de décharges abrasives pour ceux dont les oreilles le réclament.
Grand nom du festival, Tim Hecker sera présent le lendemain. Auteur des sublimes et immenses An Imaginary Country et Harmony in Ultraviolet (pour ne citer que ceux là), il revient cet automne avec Virgins sur le label Kranky. Ceux qui ont déjà pu y jeter une oreille savent que ce concert risque d’être tout à fait grandiose.
Le groupe allemand de post-rock/métal Omega Massif, dont le dernier album Karpatia est sorti il y a maintenant deux ans sur le label Denovali, prendra également place le samedi. Un nouveau venu sur les bancs du label allemand, Floex, viendra également jouer ce même jour. Au vu des extraits de son EP, il s’agira probablement d’un concert auquel nous nous rendrons avec un peu plus de perplexité.
Plus tôt dans la soirée, les français du Dale Cooper Quartet (auteur chez Denovali de l'intéressant Metamanoir) joueront aussi leurs cartes et attesteront facilement qu'ils sont bien plus qu'une énième référence à Twin Peaks.
La musique de la charmante Poppy Ackroyd est autrement plus savoureuse (même si un peu convenue) lorsqu'elle intervient en solo. Son "stick drum" et son violon devraient donc ravir l'assemblée réunie à la Weststadthalle en fin d'après-midi. Son Escapement, sorti en fin d'année dernière, est toujours disponible et probablement assez représentatif de ce qu'elle devrait offrir en live.
En ouverture, on attend énormément du concert de Witxes, révélation française saluée par la critique spécialisée dans son ensemble. Son Fabric of Beliefs lui fait franchir un nouveau palier. En live, il pourrait se révéler au même rang que les poids lourds présents tout le week-end. C'est en tous cas tout le mal qu'on lui souhaite. Le couple/duo Aun, avec qui il est en tournée actuellement, sera également de la partie. Si leur album précédent avait témoigné de certains éclats, leur toute récente et radicale nouvelle sortie n'a pas (encore) eu le même écho à nos oreilles. Leur prestation pourrait raviser notre jugement potentiellement hâtif.
Même si la répartition et les horaires nous ont quand même sévèrement fait tiquer, la journée de dimanche est sans contestation possible celle qui livre le plus de promesses.
Inlassablement et ce depuis plusieurs années, les disques de Field Rotation (Christoph Berg) trustent les sommets de nos "tops albums". Une fois encore, il est très compliqué de trouver des émotions semblables à celles qu'ont procuré chez nous Fatalist - The Repetition Of History. D'autant plus que son split album en compagnie d'Aaron Martin est maculé d'une sauvage. et mélomane beauté. Autant dire que nous gratterons à la porte d'entrée dès l'ouverture, pour avoir un placement à la hauteur de l'évenement.
Si faire jouer Field Rotation en tout d'après-midi attise notre incompréhension, il en est de même pour ceux qui vont le suivre : The Alvaret Ensemble. On ne sait pas encore si les frères Kleefstra seront accompagnés des deux musiciens majeurs que sont Greg Haines (piano) et Iden Reinhart (Strïe, violon). Toujours est-il que leur double album sorti en fin d'année dernière nous a suffisamment transpercé, pour qu'on en fasse un des points d'orgue du festival.
Les férus de déflagrations abrasives devraient en avoir pour leur compte grâce à Nadja (duo composé du pire que prolifique Aidan Baker et Leah Buckareff). Idem pour ceux qui affectionnent le marasme étrange ét synthétique de Sanktotten. Sans faire ombrage à ces formations de qualité, leurs sets nous aideront surtout à patienter pour assister à nouveau à un concert du talentueux et charmant pianiste berlions Nils Frahm.
On parlait de point d'orgue du festival un peu plus haut. Je m'étais pour ma part jurer de voir The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble avant de claquer (le plus tard possible). Alors inutile de dire que la présence de la bande à Jason Köhnen avec Kilimanfuji (contraction de TKDE et The Mount Fuji Doomjazz Corporation) ne laisse que peu de place à la déception potentielle. Grand grand moment en perspective.
Je ne vais pas répéter une nouvelle fois que pour cette troisième journée, le planning me pose question. Alors placer la "nouvelle sensation" dubstep/trip-hop Emika (Ninja Tune) en fermeture relève probablement pour beaucoup du bon coup. Il y a par contre fort à parier que ceux qui sont venus pour les amis et les artistes de Denovali iront se coucher plus tôt.
C'est en me relisant que je m'aperçois encore un peu plus de la puissance du line up annoncé. Pour nous français, rejoindre Essen en Allemagne est bien sûr un investissement non négligeable. Mais dans ces sphères, a-t-on déjà vu pareille affiche ? La question est posée. Même aux indécrottables supports du Pitchfork Festival.
Pour enfoncer le clou, voici la playlist (faisant office de teaser de luxe) mis à disposition par Denovali sur Soundcloud. Alors, tu viens gamin ?
(article écrit en compagnie d'Aurélie S)

Brasser la merde
4 commentaires
Marc
C'est vrai que c'est une putain de tuerie d'affiche. Merci de nous allécher ainsi.
Lecydre
Nadja qui sert à patienter avant Nils Frahm, alors que n'importe lequel de ces groupes à peine pubères rougit surement de partager la scène avec un mythe pareil ? Et Field Rotation pas le dernier avec ses trois pauvres albums dont deux dispensables. T'es rigolo toi. Mais bon tu vas "découvrir Troum" à ce festival, j'pige mieux de suite.
lexo7
Ne nous demandez pas comment c'était, nous n'y sommes malheureusement pas allés. :(
Roger
Ben vous avez rien loupé... Pompeux, ultra-convenu, et le son était rarement bon. Il y a eu de bons sets quand même, mais cette déception...
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