Focus · 4 septembre 2014
Orphx (ITW + Podcast) - Lords of Chaos
Lords of Chaos
par Void
Entité en constante mutation musicale, des expérimentations bruitistes oxydées de ses débuts jusqu'aux sommets de l'Industrial Techno, depuis 20 ans Orphx n'a cessé d'évoluer, de repousser les limites de la métamorphose sonore. Quelque part entre Techno, Dark Ambient et Industrial, entre Toronto, Tokyo et Berlin, les travaux du légendaire duo canadien ne connaissent aucune frontière. Pour la sortie de leur nouvel EP sur Sonic Groove, ils nous ont accordé une interview accompagnée d'un podcast d'une profondeur terrifiante, l'occasion de tenter de percer l'obscurité opaque qui entoure l'oeuvre de ces vétérans, Seigneurs du Chaos.
I – Les prémices, la rencontre :
1.1 – Salut Rich, salut Christina, tout d’abord, pouvez-vous me parler de vos débuts respectifs, l’environnement social, culturel et familial au sein duquel vous avez grandi ? Dans quelle mesure pensez-vous que ces éléments contextuels ont influencé votre musique et vos goûts ?
Rich: J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne. Mon père était un joueur de Blues tout comme mon beau père. Ils étaient tous les deux d’avides collectionneurs de vinyles. J’ai toujours été entouré de beaucoup de musique et de styles musicaux différents : Blues, Jazz, Rock, Gospel. En grandissant, j’ai très vite été attiré par la New Wave et la musique électronique au sens large. J’ai toujours été fasciné par les sons synthétisés et les atmosphères sombres. Adolescent, je suivais de très près la musique industrielle, la Techno, le Post Punk, le Shoegaze, l’Ambient, que je collectionnais par ailleurs.
Christina: Je viens également d’une famille de la classe moyenne. J’ai grandi en jouant du piano puis, plus tard la guitare. Mon père était un ingénieur mécanicien et jouait du violon. Il a joué un rôle important dans l’intérêt que je porte à la musique et aux instruments électroniques. Il a toujours été intéressé par les nouveaux gadgets et particulièrement par les instruments électroniques. Il m’a appris à les démonter aussi bien qu’à en jouer. Grâce à lui, je me suis intéressée aux synthétiseurs et me suis acheté mon premier synthé quand j’avais 14 ans. J’ai grandi dans les années 80 en écoutant de l’Electro Pop et de la New Wave. Lorsque j’étais adolescente, j’écoutais aussi du Punk, du Shoegaze mais aussi des musiques électroniques plus sombres, de l’Indus, de la Techno. Les raves étaient très en vogue au début des années 90, ce qui a également eu une forte influence sur ma façon de concevoir la musique.
1.2 – Pour ce qui est de vos parcours individuels, comment en êtes-vous venus à la production musicale ? Jouiez-vous dans de groupes étant jeunes ? Y a-t-il des alias oubliés sous lesquels vous auriez produit étant jeune ?
R: J’ai acheté mon premier synthétiseur quand j’avais 16 ans et j’ai essayé de comprendre comment composer de la musique électronique avec plus ou moins de succès. Un an plus tard, j’ai rencontré Christina et nous avons fondé un groupe ensemble. C’était très influencé par le Shoegaze, des groupes comme My Bloody Valentine et Slowdive. Nous avons travaillé sous plusieurs noms mais celui que nous avons gardé le plus longtemps était Your Waking Dream. Peu de temps après, nous avons commencé à travailler avec Aron West et cette fois, nos inspirations étaient la musique Industrielle et la scène Noise japonaise qui était vraiment très active à l’époque. Ce projet, c’était Orphx et notre première cassette est sortie au début des années 1993.
C: J’ai eu quelques expériences solo en tant que productrice de musique électronique et de Post Punk inspiré de Sonic Youth avant de rencontrer Rich au lycée et former un groupe avec lui en 1991. Comme le disait Rich, nous avons commencé par un groupe de Shoegaze puis, un peu plus tard, nous avons fondé Orphx avec Aron et aussi un projet Ambient expérimental nommé Antiform. Malgré notre intérêt commun pour l’Indus, nous avons aussi découvert des musiques et techniques d’enregistrement plus expérimentales grâce au groupe / studio Sublimatus. Je pense que ça a beaucoup joué sur notre approche improvisée de la production et aussi sur les expérimentations visuelles et sonores que nous avons menées par la suite.
II - Production, le commencement :
2.1 – Comment en êtes-vous venus à produire de la musique en tant que professionnels ? Qu’est-ce qui vous a mené à fonder Xcreteria et à rencontrer Aron West ?
R: Aron et moi nous avons fondé Xcreteria, un label cassette pour nos propres sorties. Nous avons ainsi sorti les deux premières cassettes d’Orphx ainsi que quelques cassettes de nos différents projets parallèles et pour des amis. J’ai aussi commencé à vendre des cassettes et de CD pour d’autres artistes. J’ai géré le label et sa distribution jusqu’en 1998.
2.2 – Le moins que l’on puisse dire de votre discographie c’est qu’elle est prolifique et pourtant vous n’avez travaillé qu’avec un nombre restreint de labels – Hands, Hymen, Sonic Groove. Que pouvez-vous nous dire de votre relation avec ces labels ? Pensez-vous qu’examiner de très près les labels sur lesquels vous choisissez d’être signés et entretenir une relation de proximité font partie des paramètres qui vous ont mené au succès que vous connaissez actuellement ?
R: Oui, c’est vrai. Les relations que nous entretenons avec ces labels sont avant tout de profondes amitiés et reposent sur une vision commune de la musique. Tous ces labels apportent un soin particulier à la façon dont ils présentent leurs sorties, ce qui est très important pour nous.
C: Comme le disais Rich, nous avons toujours eu des relations très proches avec les labels avec lesquels nous travaillons et il est clair que ça a contribué à façonner la façon dont notre musique était présentée. Pour être précis, nous avons collaboré de façon étroite avec Udo Weissmann et Nicola Bork du label Hands et Adam X – boss – de Sonic Groove. Au Canada, nous avons signé notre première track sur Xcreteria avec notre ami Praveer Baijal de Body and Blood Exploration – devenu Yatra Arts – qui nous supporte depuis nos débuts et nous a aidé à organiser nos premières dates aux Etats Unis et plus récemment à Toronto.
III – Analyse / Revue de la discographie :
3.1 – L’écoute de votre discographie est une expérience unique dont l’unicité a très certainement à voir avec le fait que votre musique a connu plusieurs phases identifiables. Bien que les sonorités industrielles aient toujours été le dénominateur commun, c’est un peu comme observer les différents stades d’évolution de la peinture d’un artiste mais permettez-moi de préciser mon propos :
3.1.1 – Les cassettes 01 et 02 sont toutes les deux très axées sur les ambiances Noise et le Field Recording. Cela donne l’impression que vous jouez avec l’incertitude et le potentiel Baroque de la défaillance mécanique, de l’irrégularité des sons de la machinerie lourde. Y a-t-il, dans votre musique, une critique latente des excès de l’ère industrielle, de la décomposition de l’industrie moderne ? Pouvez-vous nous parler des origines de votre fascination pour les sonorités industrielles, pour la musique industrielle ?
R: J’ai découvert la musique industrielle grâce à des groupes de la deuxième vague comme Skinny Puppy, Clock DVA et The Klinik. Cette musique reflétait vraiment mes sentiments à l’époque et, dans une certaine mesure, elle les reflète encore aujourd’hui. J’aimais l’intensité, l’énergie et la menace qui planait / plane sur cette musique. J’aimais beaucoup les idées qui lui étaient associées : la critique de la culture de consommation de masse, l’opposition au chaos social et environnemental et aussi ce futurisme sceptique, pessimiste. Ces groupes m’ont mené à des groupes de la première vague comme Throbbing Gristle, SPK et Einsturzende Neubauten. Ce sont ces groupes qui m’ont mené à lancer Orphx, de même que la scène Noise japonaise avec des artistes comme Merzbow et MSBR. Nous enregistrions constamment ensemble entre 1993 et 1995. Durant cette période nous réunissions tous les instruments que nous pouvions trouver : quelques synthé, un vieux sampler 8bit, une boîte à rythme, des micros de contact, magnétophone enregistreur à bobines, des pédales d’effets et aussi toutes sortes de morceaux de métal et outils.
C: J’étais également très intéressée par la dureté mécanique des sonorités de la musique industrielle, son intensité et son énergie mais elle me plaisait plus dans sa conception sonore et physique que pour le côté critique culturelle. A cette époque, j’expérimentais, je tentais de créer des nouveaux sons et patterns à l’aide de boucles provenant de cassettes, des micros de contact, des processeurs d’effets, des samplers, etc. Le groupe dont Rich parlait tout à l’heure ainsi que quelques musiciens Ambient / Experimental ont été mes plus grosses influences. Je pense que l’expérimentation sonore est l’activité à laquelle je consacre le plupart de mon énergie.
3.2 – Par la suite, tout d’abord avec Vita Mediativa (1999) avec lequel vous avez ouvert la voie d’un Noise plus rythmique, puis avec The Living Tissue (2001) et enfin Other Voices (2002), il semblerait que vous vous soyez progressivement orientés vers des rythmiques plus affirmées, vers la Techno et même la Dub Techno – cf. Circuitbreaking (2004). Quelles ont été vos principales influences durant cette période ?
R: La Techno a toujours été une influence pour nous et cela s’entendait déjà sur notre premier CD, Fragmentation (Malignant Records, 1996). Cette sortie a aussi marqué un changement d’orientation vers une utilisation plus poussée des patterns rythmiques et des percussions. Au début des années 1990, nous allions régulièrement en Rave aux alentours de Toronto et Hamilton et ces expériences ont commencé à influencer notre conception de la musique. Nous étions particulièrement influencé par les sorties Basic Channel, Chain Reaction, Sähkö Recordings, Underground Resistance et Probe parmi beaucoup d’autres. En 1997, quand est sorti mon 45 tours, Nullity, sur Hands, l’idée était de fusionner Indus, Techno et Electronic, ce qui reste à ce jour notre objectif, l’idée maitresse de notre projet. Mais il y a aussi eu d’autres phases, notamment un tournant plus Ambient / Electro-acoustique entre 2001 et 2002 et puis un autre vers une plus grande importance des composantes Techno sur ces 10 dernières années.
C: Bien que j’ai été très impliquée dans la musique et la scène que décrit Rich, je participais beaucoup moins à la production à cette époque; j’étais impliquée beaucoup plus activement dans la conception des lives d’Orphx. J’apportais également quelques sons pour certaines tracks. Rich et moi avons repris le chemin du studio en 2009 avec la première sortie, Division sortie sur Sonic Groove.
3.3 – Si on écoute attentivement vos sorties d’après 2005, nous pourrions supposer que votre but a été de produire de la Techno qui ne serait pas uniquement un mélange minutieusement dosé de Dub Techno, d’Industrial, d’Ambient et de Noise musique – cf. Chalice (2002), Division – EP (2009) – mais également de constamment surprendre l’auditeur grâce en utilisant des lignes de percs polyrythmiques, de refuser le schéma classique « crescendo, break, acme, break, decrescendo ». C’est sans doute l’aspect le plus distinctif de votre musique, votre capacité à jouer avec la perception qu’aura l’auditoire du rythme. Quelle est votre méthode de production ? Comment travaillez-vous en studio ? Comment en arrivez-vous à produire, à construire ces progressions rythmiques si caractéristiques du son Orphx ?
R: Je ne crois pas qu’il y ait de méthode particulière mais nous aimons tous les deux le jeu qui peut naître de la superposition de rythmiques et séquences – des patterns simples qui changent complètement lorsqu’ils sont couplés à de nouvelles couches, à des modifications progressives, à des modulations. J’aime le potentiel hypnotique d’un pattern qui semble statique mais qui en réalité évolue lentement, presque indistinctement au fur et à mesure du morceau. La plupart du temps, nos tracks commencent avec un ou deux patterns rythmiques simples comme ceux-ci.
C: Je pense que beaucoup des tracks les plus intéressantes produites ces dernières années sont le fruit de sessions d’improvisation live ou en studio. En 2005, nous avons commencé à utiliser Ableton Live pour enregistrer et jouer ensemble – tout d’abord dans un autre projet puis avec Orphx – et je pense que cette interface nous a permis d’envisager une approche plus collaborative de la production, une nouvelle façon de construire et développer nos lignes rythmiques. Comme le disait Rich, nous aimons tous les deux les patterns changeant que nous entendons dans la Techno – par exemple Chain Reaction – mais aussi dans les polyrythmies venues de l’Afrobeat, du Krautrock et des musiques plus expérimentales. J’ai commencé à expérimenter avec un synthé modulaire en 2008 et je pense que cela a largement influencé la façon que j’ai de travailler et développer les sons en studio et en live.
3.4 – Un dernier point d’analyse, après avoir écouté plusieurs de vos performances live qui, je le reconnais, seraient sans doute entrer dans la catégorie “meilleurs lives de ma vie” si j’avais pu y assister, ma question est la suivante : comment faîtes-vous pour penser, construire de si pertinentes synthèses d’une discographie aussi vaste que la vôtre ?
R: Pour chaque live, nous avons une conception différente de la façon dont les choses vont évoluer et se dérouler. Durant nos deux premières années, nos live étaient presque entièrement improvisés mais, très vite, nous avons commencé à structurer les différents éléments en séquences, rythmiques et tracks spécifiques. Nous improvisions toujours mais beaucoup de paramètres étaient dictés par les structures de base que nous avions pré-écrites sur nos cassettes ou laptops. Ces dernières années, nous sommes revenus vers une plus grande improvisation en utilisant Ableton Live, souvent synchronisé avec un synthé modulaire ou de plus petits instruments. Cette approche nous permet d’avoir une certaine vision du déroulement général de notre performance tout en improvisant en fonction de la réaction du public et de l’espace.
3.5 – Pour les geeks qui nous lisent, pouvez-vous nous parler du set up que vous utilisez pour produire en studio ? Votre set up live ?
R: Nous utilisons généralement deux laptops, deux contrôleurs et un synthé modulaire.
IV – Tendances de la Techno actuelle, changements :
4.1 – Le milieu Techno est généralement considéré comme macho et la plupart du temps, les DJs semblent être guidées par l’individualisme. Aux vues de cette observation, Orphx se démarque très nettement des entités Techno classiques parce qu’il s’agit à la fois d’un duo mais aussi et surtout d’un duo mixte. Quelle est votre opinion au sujet de ce fait sociétal / culturel ?
C: Je pense que c’est la combinaison de nos différentes méthodes de travail et idées qui, lorsqu’elles se rejoignent ou au contraire, se confrontent, ont permis de créer nos meilleures tracks ou performances live, cela confère son unicité à notre musique. La Techno est très clairement dominée par les hommes et ce depuis un certain temps déjà mais je crois que c’est en train de changer aux vues du nombre croissant de productrices de Techno intéressantes qui rayonnent sur la scène actuelle comme Dasha Rush, Paula Temple, DJ Skirt, Electric Indigo ou encore Erika.
4.2 – Cela fait plus de 20 ans que votre première cassette est sortie sur Xcreteria. En tant que producteurs de Techno parmi les plus créatifs / productifs / expérimentés du game, quel est votre analyse de l’évolution de la musique Techno depuis vos débuts dans le milieu ? Comment définiriez-vous l’état actuel de la Techno et du DJing ? Quelles sont les tendances / les changements les plus remarquables selon vous ?
R: Nous avons toujours été très attirés par les formes les plus sombres et expérimentales de la Techno et, ces dernières années, ce style de Techno est devenu plus populaire. A l’heure actuelle, il y a une quantité considérable de bonnes sorties dans lesquelles on retrouve cet attrait pour l’expérimentation sonore et structurelle. Il y a aussi beaucoup de sorties Industrial Techno génériques produites par des mecs qui ont pris le train en marche. Mais nous vivons certainement une époque phare pour la Techno qui plus est avec cet engouement pour l’expérimentation et plus d’ouverture quant au brouillage des frontières des genres. Il y a aussi de plus en plus d’outils – machines, logiciels, etc. NLDR – disponibles actuellement pour le travail en studio et les performances live.
V – Pour les fans et les curieux :
5.1 – Pour vos fans et les curieux, pouvez-vous nous parler de vos projets futures ? De vos sorties ? De vos dates à venir ?
R: Notre nouveau vinyle sortira sur Sonic Groove la deuxième semaine de Septembre et nous accompagnerons la sortie d’une petite tournée européenne :
Le 12 Septembre : Moscou - 16 Tons
Le 13 Septembre : Berlin – Berghain (premier live d’Eschaton avec Ancient Methods)
Le 19 Septembre : Copenhague – Culture Box
Le 20 Septembre : Leipzig – IFZ
Il y aura aussi quelques lives aux Etats Unis avant la fin de l’année. En 2015, nous sortirons un nouveau vinyle d’Eschaton et nous prévoyons aussi un nouvel album d’Orphx. Hymen sortira également la deuxième partie de la compilation The Sonic Groove Releases – compilation de nos tracks sorties En EP vinyles.
5.2 – Avez-vous des projets solo à venir ?
R: Le premier vinyle d’O/H, mon projet en collaboration avec Dave Foster (Hurren, Teste, etc.) sortira à la fin de l’année sur Opal Tapes. Je suis également en train de finir un second album pour Oureboros, mon projet avec Aron West. Je travaille aussi sur de nouvelles sorties solo sous mon propre nom.
C: Je travaille depuis un certain temps sur une sortie solo et j’espère pouvoir la signé l’année prochaine.
5.3 - Merci beaucoup à tous les deux d’avoir répondu à mes questions, merci pour First Light, merci pour Periphery, merci pour tout !
Rich & Christina : Merci à toi !
ENGLISH VERSION:
I – The early years, the meeting:
1.1 – Hello Rich, hello Christina, first of all, can you talk us through your early years, the social, cultural and family background within which you grew up? In what way have those contextual elements modeled your perception of music and eventually your tastes?
Rich: I grew up in a middle class family. My father was a blues musician, and my stepfather too. They were both avid record collectors. So I was exposed to a lot of music: blues, jazz, rock, gospel. As I got older, I was drawn to new wave and electronic music. I was always fascinated with synthesized sounds and darker atmospheres. By the time I was a teenager, I was closely following and collecting industrial music, techno, post-punk, shoegaze, ambient, etc.
Christina: I also came from a middle class family. I grew up learning classical piano and, later on, guitar. My father was a mechanical engineer and plays classical violin, and he was an influence on my interest in music and electronic instruments. He was always interested in new electronic gadgets and especially electronic instruments and would show me how to take them apart as much as play them. Through him, I became interested in synthesizers and bought my first synth when I was 14. I grew up in the 80s listening to electronic pop and new wave. As a teenager I also listened to punk and shoegaze alongside darker electronic music, industrial and techno. Raves were popular in the early 90s and this also had a big influence.
1.2 – Regarding your individual course, how did you come to produce music? Were you playing in early bands? Any forgotten monikers you’ve been working under during those early years?
R: I bought my first synthesizer at the age of 16 and tried to figure out how to make electronic music, with limited success. A year later, I met Christie and we started a band together. But this was inspired more by shoegaze bands like My Bloody Valentine and Slowdive. It had various names but the one that lasted the longest was Your Waking Dream. Not long after, we started working with our friend Aron West and this time the inspiration was early industrial music and the Japanese noise scene that was really vibrant at that time. That project was Orphx and we put out our first cassette release in late 1993.
C: I had my own attempts to make electronic music and some post-punk Sonic Youth inspired music before meeting Rich in high school and forming my first real band with him in 1991. As Rich mentioned, we started the shoegaze band and then later formed Orphx with Aron, and an experimental ambient project called Antiform on our own. Although we had both already had an interest in industrial music, we were also introduced to more experimental music and approaches to recording through a local experimental band and studio called Sublimatus. I think this had a big impact on our improvisational approach to recording and also on our experimentation with sounds and visuals.
II – Music production, the beginning:
2.1 – How did you come to come to produce music professionally? What was your path to founding Xcreteria and your meeting with Aron West?
R: Aron and I created Xcreteria as a cassette label for our own releases. We released the first two Orphx tapes along with tapes from various side projects and friends. I also began distributing cassettes and CDs from other artists and ran the label and distribution until about 1998.
2.2 – Your discography really is abundant but still, you seem to have worked with only a few labels – Hands, Hymen, Sonic Groove –. What can you tell us about your relation with these labels? Do you think keeping a very close relation and eye on who would release your material part of the parameters that led to your success?
R: Yes, I think that's true. Our relationships with those labels have all been based on strong friendships and a shared vision about the music. All of these labels put care into how they present their releases and that means a lot to us as well.
C: As Rich mentioned we have had close relationships with the labels that we worked with and that has definitely been important in defining how our music is presented. In particular we have worked closely with Udo Weissmann and Nicola Bork of Hands and Adam X of Sonic Groove. In Canada, we released our first track outside of Xcreteria with our friend Praveer Baijal of Body and Blood Exploration (now Yatra Arts) who was an early supporter and also helped organize our first shows in the US and more recent shows in Toronto.
III – Discography review / analysis:
3.1 – Listening to your whole discography is a unique experience which uniqueness definitely has something to do with the different noticeable phases you / your music has been through. Though Industrial feel has always been the common thread, it is quite like looking through a painter’s stages but let me elaborate on this analysis:
3.1.1 – The 01 and 02 cassettes both have a strong Noisy / Field Recording-like feel to them. It seems you are playing with the uncertainty and the Baroque potential of mechanic malfunction, heavy machinery noises irregularity. Is there an underlying criticism of the industrial age excesses, of industry’s modern decay? Can you tell us about the origins of your fascination for industrial noises / music?
R: I discovered industrial music through second-wave bands like Skinny Puppy, Clock DVA and The Klinik. That music really mirrored my feelings at the time and, to some extent, still does. I liked the intensity, energy and threat in that music and was excited by many of the ideas associated with it: criticism of mass consumer culture, reaction to social and environmental disorder, and a kind of skeptical or pessimistic futurism. Those bands led me to first wave acts like Throbbing Gristle, SPK and Einsturzende Neubauten. Those were the main influences for starting Orphx, along with Japanese noise artists like Merzbow and MSBR. The three of us were recording constantly between 1993 and 95, and over that period we gathered together any instruments that we could find: a couple of synthesizers, an old 8 bit sampler, drum machine, contact microphones, reel to reel tape recorders, effects pedals, and assorted scrap metal and tools.
C: I was also interested in the harsh mechanistic sounds of industrial music and its intensity and energy, but I was more excited about it sonically and physically rather than in terms of cultural critique. At that time I was experimenting with how to make new sounds and patterns with tape loops, contact mics, effects processors, samplers, etc. The bands Rich has mentioned above along with some more ambient experimental musicians were definitely an influence on this. I think that this experimentation with sound is where I still put most of my energy.
3.2 – Later on, first with Vita Mediativa (1999) which paved the way to more rhythmic use of Noise, then The Living Tissue (2001) and finally Other Voices (2002), you seem to have worked almost indistinctly towards stricter rhythm and percussion patterns, towards Techno and even Dub Techno – e.g. Circuitbreaking (2004) –. What were your major influences during this period of time?
R: Techno was always an influence for us and you can already hear some traces of that on our first CD, Fragmentation (Malignant Records, 1996). That record also marked a shift towards more use of rhythmic patterns and percussion. In the early to mid 1990s, we were regularly attending raves around Toronto and Hamilton and those experiences began to have a greater impact on our music. We were especially influenced by records on Basic Channel, Chain Reaction, Sähkö Recordings, Underground Resistance and Probe, among others. By 1997, when I released the Nullity 10" on Hands, the guiding idea had become the fusion of industrial music with techno and electro and that has been the basic idea for the project since then. But there have been different phases, including a shift into more ambient / electro-acoustic territory between 2001 and 2002, and then towards a stronger emphasis on techno elements over the last ten years or so.
C: Although I was still engaged with the music and scene that Rich describes I had much less input into the recordings in this period and participated more actively in a live capacity for Orphx and contributed some sounds for the tracks. Rich and I came back to work together on recording and production in 2009 starting with the first release, Division, on Sonic Groove.
3.3 – Carefully listening to your post 2005 releases, one can assume that your aim has been to produce Techno music that would not only be an extremely well balanced mix of Dub Techno, Industrial, Ambient and Noise music – e.g. Chalice (2002), Division – EP (2009) – but also to constantly surprise the auditor by using polyrhythmic percussive patterns and refusing the classic “crescendo, break, acme, break, decrescendo” pattern. I think this is probably of the most distinctive aspect of your music, your ability to play with the audience’s perception of the rhythm. What is your production process? How do you work in studio? How do you come up with this unique way of arranging / building up / progression of your tracks?
R: I don't think there's any particular method but we both enjoy playing with layered rhythms and sequences – simple patterns that make new combinations with layering, gradual shifting and modulation. I like the hypnotic qualities of patterns that seem static but slowly change over time. Quite often, tracks begin with one or two simple rhythmic patterns like this.
C: I think a lot of the most interesting tracks in the last few have come out of our more free form jams and experiments in the studio and during live shows. In 2005 we started using Ableton Live to record and play together (first in another project and then with Orphx) and I think that this interface enabled a more collaborative approach and a new way to build and develop rhythms. As Rich mentions we both enjoy simple changing patterns that I think we were hearing in techno (like Chain Reaction) but also in the polyrhythms of afrobeat, krautrock and more experimental music. I started experimenting with modular synths in 2008 and that has strongly influenced how I develop sounds and patterns in the studio and in a live setting.
3.4 – One last point of analysis, I’ve listened to several of your live performances and I must admit they all well be “the live performance of my life” – if only I’d been there. My question regarding these performances is the following: How do you come up with such a persistent synthesis of such diverse tracks?
R: With each live performance, we have some rough sense of how things will move and flow. For the first couple of years, our performances were almost entirely improvised but we soon began structuring things more in terms of specific sequences, rhythms and songs. We would still improvise but many parameters of the set would be dictated by the basic structures that we'd have on tape or laptop. Over the last few years, we've moved back towards greater improvisation using Abelton Live, often synced to a modular synthesizer system and other smaller instruments. This approach allows us to have a rough sense of the overall flow while improvising in reaction to the crowd and the space.
3.5 – For the geeks out there, can you tell us about the set up you usually use to produce? What is your set up for live acts?
R: Usually two laptops, two controllers, feedback circuit, and a modular synth system.
IV – Techno trends, changes:
4.1 – Techno music movement is generally considered a male chauvinist movement and most of the time seems to be driven by DJ individualism. Regarding this observation, Orphx stands out as a very unusual entity being both a duet and a mixed one. What is your opinion on this particular societal / cultural matter?
C: I think that it is the combination of our different working methods and ideas coming together and sometimes clashing that creates some of our best tracks and live performances and also adds to the uniqueness of our music. Techno has definitely been dominated by male producers but I think that is changing as there are a number of interesting female producers prominent in our scene like Dasha Rush, Paula Temple, DJ Skirt, Electric Indigo and Erika.
4.2 – It’s been more than 20 years since your first cassette went out on Xcreteria. As one of the most creative / productive / experienced Techno producers in the game, what is your analysis of the evolution of Techno music from your early years until now? How would you define the current state of Techno music and DJing? What are****the most remarkable trends / changes according to you?
R: We've always been attracted to darker and more experimental forms of techno, and in recent years this kind of sound has become more popular. There is a lot of exciting material being produced right now, in terms of experimentation with sounds and structures. And also a lot of generic industrial techno from people jumping on the bandwagon. But it's definitely an exciting time for techno, with a greater spirit of experimentation and more openness to blurring genres boundaries. There's also such a wide range of powerful tools available now, for both studio work and live performance.
V – For the fans and those interested:
5.1 – For your fans and those interested, can you tell us about your future projects? Releases? Gigs?
R: Our new 12" will be out on Sonic Groove in the second week of September and we are supporting the release with a small European tour:
September 12: Moscow - 16 Tons
September 13: Berlin - Berghain (debut performance of Eschaton, with Ancient Methods)
September 19: Copenhagen - Culture Box
September 20: Leipzig - IFZ
There will be a few more performances in North America before the end of the year. In 2015, we will have a new release from Eschaton and we are planning another Orphx album. Hymen will also be releasing the second part of The Sonic Groove Releases, a CD collection of our 12" tracks.
5.2 – Do you have upcoming solo projects on your own?
R: The debut 12" from O/H, my project with Dave Foster (Huren, Teste, etc.), will be out before the end of the year on Opal Tapes. I'm also finishing up a second album for Oureboros, my project with Aron West, and working towards a new solo release under my own name.
C: I have been working on a solo release that I am hoping to put out early next year.
5.3 - Thank you for answering my questions, for Periphery, for First Light, thank you for all.
Rich and Christina: Thank you !

Brasser la merde
1 commentaire
madfab
Oh !!! Big Merci: une interview en français d'Orphx, c'est rare (d'ailleurs, j'ai l'impression qu'ils jouent peu en France) ..............................Leur lp de 2011 "Radiotherapy" (non chroniqué sur "chroniques électroniques" si je me souviens bien ? ^^) est un chef d'oeuvre de techno indus (quoique , ce n'est ps vraiment techno non ? ^^) et un des meilleurs disques de ces dernières années. Ils ont définitivement la classe et une patte sonore rapidement reconnaissable ...(l'apanage des plus grands: avoir un style)
à écouter aussi (je ne connais ps toute la discographie) l'album de 2001 "the Living tissue" : ils mêlaient déjà field recording et expérimentation electro .....
vivement le prochain disque
et encore merci
la suite, depuis 2026