Focus · 8 mars 2014
Trdlx (ITW + Podcast) - IDM Conquérants
IDM Conquérants
par SWQW
La moitié de ce duo a publié quelques chroniques pour SWQW. Ces deux même membres participent à un trio (guitare, contrebasse, laptop) expérimental en compagnie de notre unque chroniqueur blond. Ils vont sortir un album sur le label du plus malhonnête d'entre nous. Voilà, ça, c'était pour la partie où on assume la dimension "copinage" de l'ITW/Podcast du jour. En même temps, nous n'en causerions pas si nous n'étions pas persuadés que le contenu musical qu'ils proposent le mérite. Pour une fois, on sera les premiers (peut-être même les seuls et les derniers) à en parler. Vous pourrez alors nous gratifier d'un inaltérable "merci pour la découverte". Ainsi, nous nous sentirons légitimes et nous pourrons enfin recommencer à dormir. Bonne lecture, et bonne écoute.
Jeunes gens, pouvez vous commencer par nous parler de qui vous êtes, de votre rencontre, et de comment le projet Trdlx est né ?
Thibault : Je suis un jeune hongrois grand et beau.
Boris : Je suis un jeune arménien chauve et barbu.
Le projet Trdlx est né le jour où nous avons envoyé un morceau pour une compil' qui a été plutôt bien reçu. De là on s’est dit qu’on avait peut-être matière à monter un projet plus serieux.
C'est quoi ce nom de merde d'ailleurs ? Comment le prononce-t-on et que signifie-t-il ?
Boris : Le nom ne signifie strictement rien. On a anagrammé les blazes de nos deux chats faute d’idées, d’ou sa consonance merdique. Ça peut difficilement être pire que Carrie VValker ou Lexo7 de toute façon. On prononce ça « Tri-deul-ex » mais libre à chacun de prononcer le nom comme il le souhaite.
Pouvez vous nous parler de votre background musical ? Qu'est-ce qui pousse deux beaux garçons de bonne famille à basculer dans l'IDM ?
Thibault : J’ai appris la guitare pour draguer grâce à Red Hot Chilli Peppers sur les plages du sud ( j'ai pas baigné dans la musique d'esthète je l'avoue). En y repensant j'avais quelques potes qui jouaient ensemble, une formation des plus classiques guitare/batterie. Parfois je trippais un peu avec leurs pédales et garage band, j'obtenais sans le savoir un magma qui ressemblait a du harsh ambient. Je crois qu’à l’époque ça me parlait déjà un peu. J’ai ensuite lâché l’affaire pour faire une école d’art ou je me suis essayé à l'installation sonore un peu cheap, en plus de trucs purement plastiques. Puis, je me suis mis à mixer de la techno, du breakbeat, pour finir par délaisser le milieu de l’art au profit de la musique.
Boris : Aucun background musical classique, je ne joue d’aucun instrument. Plus jeune je passais mes journées à écouter des disques et à faire des compilations pour mes potes, qu’ils n’écoutaient d’ailleurs pas parce qu’ils trouvaient ça chelou. Je me suis mis à mixer de la techno à 15 ans pour m’orienter ensuite vers la house et au final retomber dans des styles plus punitifs type acid-core, techno-indus etc…
Pour revenir à ta seconde question et pour répondre de façon originale à une question originale, je pense que comme pas mal d’artistes « IDM » comme tu dis, je suis tombé amoureux des patterns rythmiques d’AFX, Autechre et Richard Devine, et que c’est ce qui m’a poussé dans cette direction. Ensuite d’autres artistes ont indirectement influencé l’esthétique musicale de Trdlx, je pense notamment à Coil, Ben Frost, Killimanjaro Darkjazz Ensemble, Shadow Huntaz, Lustmord, Angelo Badalamenti ou même Blut Aus Nord !
Pour ce qui est du travail de composition, comment vous répartissez vous les charges ? Peut-on espérer vous voir intervenir en solo, dans d'autres projets ?
Boris : On ne révolutionne pas franchement le concept du duo en studio. C’est relativement classique : chacun expérimente, fait des samples, des enregistrements, assemble des idées que nous mettons ensuite en commun.Pas de projets solo pour le moment, l’alchimie marche plutôt bien comme ça. Nous avons un projet nommé 6MJ avec Somath ( membre du groupe Chaos ET Sexual et chroniqueur de musiques d’ados énervés sur SWQW ) qui explore des paysages sonores dronesques et électro-acoustiques. Pour l’instant c’est exclusivement un projet live mais on va se mettre à bucher sur un EP incessamment.
Thibault : Il n’y a pas de spécialisation particulière. Parfois on synchronise toutes les machines et on produit un joyeux bordel aléatoire qu’on va trier ensuite. On a la même vision de ce qu'on veut faire et on réagit souvent aux mêmes sonorités. Il n’est pas spécialement question d’avoir chacun sa patte étant donné qu’on réagit aux mêmes choses, mais le fait d’être deux nous permet de réfléchir plus en profondeur. C’est plus long mais ça nous rend plus exigeant.
Personne ne vous connaît à part vos mamans et les quelques connards qui participent à la rédaction de ce site d'aigris. Vous avez fait quoi en jusqu'ici ? Et que reste-t-il à venir ?
Thibault : Jusqu’ici on organisait des soirées Acid/Electronica/Breakcore sur Paris qui réunissaient 15 pélots et deux tondus. Mais c’était cool, et à notre échelle c’était surtout une mini alternative à une scène club parisienne assez peu représentative des musiques électroniques dans leur ensemble. Il y a deux ans on savait pas placer un sample sur Ableton et on mixouillait dans nos chambres respectives en buvant des coronas. Un beau jour on est allé installer un studio de fortune en Bretagne avec un compère qui composait déjà depuis un moment, et qui a nous a initiés aux joies de la MAO. On a trouvé ça cool alors on a continué. Au début on se contentait surtout de faire chier les voisins jusqu’à 5h du matin avec du bruit blanc et des kicks de punk-à-chiens.
Pour les projets à venir : un album sur VoxxoV Records au Printemps, plusieurs remixes dont un pour HosmOz qui sort bientôt un très bon LP sur Bedroom Research, et un titre sur la compilation Emerging Organisms 5 de Tympanik. Sinon plusieurs projets sont en train de murir dans nos petites têtes mais il est encore un peu tôt pour en parler.
Si vous deviez décrire votre album en quelques mots, vous diriez quoi ?
Boris : On a passé un an à expérimenter sur plein d’idées différentes. Au final on s’est retrouvé avec un petit bagage technique qui nous a permis de forger le son et le grain qu’on voulait donner à nos morceaux. Tout ce qu’on savait c’est qu’on voulait quelque chose d’assez cinématique avec du beat lourd.
L’atout qu’on a eu à mon sens était de n’avoir aucune ligne directrice et pas d’idées préconçues sur la construction de l’album. On avait pas envie de s’emmerder à trouver un concept ou une ligne directrice du type « La fonte des glaces au Pôle Nord » ou « La fin de la race humaine » pour en justifier la cohérence. Je dirais qu’il s’agit de plusieurs histoires différentes qui pourront être approchées indépendamment ou au contraire rattachées à un tout selon la sensibilité de l’auditeur. A mon sens, je pense qu’on est arrivé à un hybride entre Electronica, Glitch, Downtempo et Drone-ambient, avec un penchant pour des sonorités harsh et des beats décousus.
Le live, vous y pensez ou c'est vraiment un truc pas réalisable ?
Thibault : On y pense bien évidemment et on a une idée assez précise de ce à quoi pourrait ressembler un de nos live. Il ne reste plus qu’à concevoir un set-up qui nous permettra de rendre l’expérience intéressante et vivante.
Il y a de nobles aigris qui pensent que l'IDM est à enterrer, que seules les vaches sacrées ont encore quelque chose à offrir. C'est pas un peu casse gueule d'apparaître en outsiders sur une scène qui n'intéresse plus grand monde ?
Boris : On se foutait pas mal de savoir si notre son intéresserait beaucoup de gens quand on a commencé à composer. Pour être franc, on pensait même pas sortir un album un jour… Après si un patron de label est suffisamment con et suicidaire pour perdre ses thunes en pressant notre disque on va pas se priver. On est pas dupe au point de se dire qu’on réussira à vivre de notre musique, à partir de là ce qui est casse gueule c’est le pari que prend le patron du label en sortant ton disque.
Le podcast que vous livrez est long, dense, incisif et truffé de références aussi indéboulonnables qu'absolues. Y intégrer un de vos titres, c'est osé. Vous n'avez pas peur de souffrir de la comparaison avec les pontes que vous réunissez ici ?
Boris : On a peur de rien Morray, ça sert à quoi de pondre une itw/podcast si c’est pas pour se mettre en avant ?
Si vous deviez dresser une liste de dix albums à mettre sur un pied d'estale, ça ressemblerait à quoi ?
Boris :
Ensemble Pearl – Ensemble Pearl
Shadow Huntaz – Valley of the Shadows
Ben Frost – Steel Wound
Autechre - Draft 7.30
Aphex Twin – Drukqs
Coil - Music to Play in the Dark
Mohammad – Lapli Terro
Bohren & Der Club of Gore – Sunset Mission
Richard Devine - Asect:Dsect
Robert Wyatt – Rock Bottoms
Boards of Canada - Music Has the Right to Children
Thibault :
Mohammad – Lapli Tero
Amon Tobin – Tout (sauf Isam)
Thomas Köner - Novaya Zemlya
Aphex Twin – Tout
The Mount Fuji Darkjazz Ensemble – Succubus
Squarepusher – Do you know Squarepusher ?
Gravediggaz – 6 Feet Under
La BO des Harmonies Werckmeister
Ben Frost – Theory of Machines
Direkt Jive - Remind
Un truc à dire à nos lecteurs avant que vous ne disparaissiez dans l'oubli et plus personne ne parle jamais de vous ?
Boris : Merci si tu as réussi à lire jusque là.
Thibault : On mettra notre album sur 4shared pour ceux d’entre vous qui rêvent d’un mois se finissant le 10.

Brasser la merde
2 commentaires
reg
Marrant, je me disait ce matin en réécoutant un μ Ziq de 1998 que l'IDM ne devrait pas tarder à revenir en grâce.
cel
C'est pas mignon cette complicité de tarlouze? Ces fausses insultes après une franche enculade. Rangez vos zgueg et nettoyez vous la bouche, n'est-ce pas. Merci pour l'itw, vous m'avez bien fait rire. Et le podcast était cool aussi
la suite, depuis 2026