silent weapons for quiet wars

chronique · 26 juillet 2012 · Musiques électroniques

Ametsub

All is Silence

par Lexo7

Quand une pointure comme Ryuichi Sakamoto déclare que The Nothings Of The North est le meilleur album paru en 2009, ça a tout de suite un autre impact et une autre crédibilité. Mille Plateaux l'a ressorti peu après, pour asseoir un peu plus sa volonté de renaissance. Le japonais Ametsub (nouvel onglet) n'en était pourtant pas à son coup d'essai, car Linear Cryptics, sorti en 2006 déjà sur Progressive Form, valait déjà bien le détour. L'avènement arrive parfois quand on y croit plus. Toujours est-il que le succès et la réputation d'Ametsub ont depuis largement dépassé les frontières du pays du soleil levant. Certains festivals l'ont fait jouer aux côtés de références comme Vladislav Delay, Jon Hopkins, Johann Johannson, ou Lorn et Apparat à un autre niveau. Il laisse dans son sillage des compatriotes prometteurs comme Fugenn & The White Elephants ou Geskia. Son nouvel album, All Is Silence, bénéficie d'une attente sans commune mesure cette année. Il est sorti le mois dernier sur le label japonais Nothings66 (nouvel onglet). Voyons si le succès critique et commercial, n'a pas étiolé toute la richesse de sa musique organique et fourmillante d'idées.

Depuis son précédent opus, Ametsub est parvenu à réunir ceux qui apprécient l'IDM très geek et ceux qui ne jurent que par la mélodie et les aspects les plus organiques. Qui avait réussi ça jusqu'alors ? Même Boards Of Canada (que j'adule personnellement), sont aussi malheureusement connus pour leur grande anémie au niveau rythmique. Arovane peut-être. L'influence est d'ailleurs plus que jamais probable. Mais il est interdit de citer les intouchables, alors...

Toujours est-il que ce nouvel album plaira aux fans... d'Ametsub. Parce que même si aucun des titres ici présents (ptet Blotted Out ou Vestige for Wind Day avec le temps) ne peut prétendre aux mêmes aspects tubesques (car inattendus à l'époque) que Lichen With Piano ou Repeatedly, les schémas empruntés sont sensiblement les mêmes. Il y a toujours cette totale absence de volonté d'en foutre plein la gueule, alors que derrière ses qualités intrinsèque de composition, se planque quand même une technique sans faille. Le piano est toujours un élément essentiel et narratif. Tout comme ces fameux glitchs, court-circuitant des mélodies pleines de charme et de mélancolie, criardes et bigarrées dans les gammes chromatiques qu'elles évoquent.

Si les termes aériens et atmosphériques sont à bannir de toute chronique qui se respecte, ce sont pourtant des maîtres mots pour qualifier All Is Silence. Il y a aussi cet art de la nuance et de la retenue. Dans la folie douce de certaines vrilles, et dans un certain spleen qui file malgré tout le sourire. La musique d'Ametsub (surtout quand les nappes de synthés sont dominantes) est pour moi comparable à une aquarelle sur un papier peint dans une chambre d'enfant. Avec tout ce que cela comporte d'insouciance, et de représentation naïve de la création. Voilà qui n'a certes rien de révolutionnaire, ceci a été maintes fois tenté. Mais au prix de combien de caricatures et de facilités ?

Il y a aussi les gentilles invitations au dancefloor que l'on trouvait déjà sur le précédent opus. Le mignon Precipice Dive, ou au second plan des caresses d'octaves en aval, au son des kicks incisifs de Dimmur. Mais surtout lors de l'ascension gentiment noisy de Over 6633, et ces spirales finalement assez grossières. Ce titre se hisse pourtant comme un des meilleurs, et probablement comme un des moins attendus.

Citons aussi ces titres qui avec leur air "de ne pas y toucher", se révèlent au gré des écoutes comme les plus réussis. Grâce toujours à cet art d'insérer la vrille, sur Rufouslow et Muffled Blue. On pardonnera donc la présence des deux interludes pas mauvais mais un peu vides de sens, et les lasers ouvrant le très bon titre de clôture : Cloudsfall.

Ametsub a fait du Ametsub et c'est sans doute ce qu'il fait de mieux. Mais malgré les renforts de production et quelques incursions un peu plus expérimentales, l'effet de surprise est retombé. Loin de moi l'idée de parler de déception, plus de confirmation attendue tout sauf surprenante. All Is Silence est en tous cas un bien joli disque, qui se singularisera malgré tout en cette année ou l'IDM (l'electronica si vous préférez) subit une période de pénurie créatrice certaine.

Lexo7

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Poulain

    Oui cette album est une tuerie ! Depuis le premier album c'est : Haaaaaa, parfait !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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