Comme le soulignait très justement le blog Tartine et Contrebasse concernant l'IDM, tous les genres sont soumis au même procès. On s'embrase à leur découverte (qui soit dit en passant débouche sur le même traitement : la catégorisation ou action de nommer, ce qui les limite autant que cela les "invente"), on définit des "maîtres" du genre, on s'emplit de leur développement (encensement des suivants qui potentiellement creusent le sillon tout en augmentant la complexité des compositions et/ou sons mis en oeuvre), on s'en désintéresse bassement avec ce dédain caractéristique du "je suis passé(e) à autre chose" ou "j'ai écouté cela il y a dix ans, c'était mieux avant". Bref, comme dans tout principe d'amortissement, l'auditeur, qui finit par se muer en consommateur, constate la dépréciation du genre musical dans lequel il a investi.
L'opération d'inventaire, selon la méthode Softy (Sum OF The Years), ramène invariablement à la même logique d'un propos désormais éculé : "c'était plus solide avant." Lorsque soudainement, le relaps se souvient… Il y a quelque chose vers lequel il revient invariablement : cette sensation de familiarité, l'évocation des souvenirs associés à ces sons, les lieux auxquels il les a rattachés. Bref, il convient. Et lorsqu'il tombe sur le nouveau André Foisy, il admet. L'activiste de Chicago, c'est une valeur sûre. Membre de Locrian et de Kwaidan, cheville ouvrière d'Ablution Media, il s'inscrit dans la galaxie métal avec pour sensibilité particulière, une appartenance au drone teinté d'acid rock. The End of History s'accompagne d'un titre plus qu'intriguant. Implique-t-il la notion d'aboutissement final du processus innovant (Arnold Gehlen, Ende der Geschichte, 1975), idée reprise par Francis Fukuyama dans La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme (1992)? Qu'annonce Foisy à travers cette référence? Une forme de scepticisme ou un optimisme conscient? Peut-être les deux…
Musicalement, il y a convergence d'influences psychédéliques (on pense à Acid Mothers Temple), folkloriques (The Magic Carpathians Project), doom (AUN). Pour rebondir allègrement sur cette dernière référence, il n'est guère surprenant de voir l'opus sortir sur TQA, autrement dit le label éponyme du projet d'Eric Quach… thisquietarmy! Dans ce disque, l'auditeur trouvera tout ce qui fait son amour indéfectible pour le Drone : des constructions hypnotisantes, des nappes lancinantes, des montées lourdes et puissantes mâtinées d'harmoniques touchantes, avec en sus la voix du maître d'oeuvre tantôt murmurante (Anechoic) tantôt hurlante (Untitled)… Il en ressortira donc non révolutionné mais réconforté. La belle facture, c'est une valeur sûre en ces temps d'obsolescence programmée.






Brasser la merde
3 commentaires
Ehoarn
Coucou. Merci pour la découverte. Bisous.
Mélanie
Désolée pour l'erreur de frappe à propos du blog...
Ehoarn
T'inquiète, je suis toujours ravi d'être frappé par erreur.
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