
chronique · 6 novembre 2015 · Rock / Folk
Balladur
Plage Noire, Plage Blanche
Amateur de techno lourde et de dark ambient, crois-moi ou pas, cette chronique est pour toi.
par Blacksad
Car Balladur, c'est Amédée de Murcia, alias Somaticae, et son acolyte Romain De Ferron, avec lequel il forme Insiden. Quant au choix du nom le moins sexy de l'histoire de la Vème république pour faire honneur à un rock électronique naviguant entre post-punk et new wave, cela reste une énigme. C'est comme nommer un groupe de punk-dub Sarkozy, tu vois?
Après un premier EP de bien belle qualité sorti sur cassette en 2013, Balladur balance aujourd'hui leur premier album. La formule reste résolument la même : des gros synthés bien gras, quelques guitares shoegazy pour faire tenir l'ensemble et au-dessus la voix de Amédée, forcément sans âme, pour une musique qui ne doit surtout pas en avoir. Plage Noire, Plage Blanche, si il plonge la tête la première dans le post-punk le plus crasseux et la new wave la plus austère, reste donc le projet le plus accessible des deux larrons. Et pourtant, on parle d'un projet qui, à l'occasion, rappelle l'aliénation et la violence froide de Suicide.
Enfin, ça, c'est bien valable pour la première face de l'album. Forcément divisé en deux "plages" sonores en vinyle (hipsters barbus et vieux bonhommes, vous allez kiffer), la seconde partie de l'album tranche complètement avec la première : les guitares s'effacent pour laisser encore plus de place à des nappes de synthétiseur forcément vintages, forcément ancrées dans le passé, mais jamais ringardes ou datées. Surtout, les magnifiques Linda et I...My, avec leur ambiance épurée, sonnent carrément ambient.
Une face post-punk fiévreuse, une face new wave expérimentale. Un drôle d'album, malgré tout très réussi, car habité par une ambiance délectable et des instrumentations diablement réussies, qui réussissent le tour de force de ne jamais tomber dans la grossièreté du revival 80's. Au moment où la France se paluche sur l'horrible album de Strasbourg, cet album, qui partage un label et un humour assez particulier avec l'album sus-cité, reste dans le haut du panier des sorties cold-wave françaises. Le genre de came qu'on écoute en voiture, à 18 heures, l'esprit embrumé après une journée de boulot. La came de tes rêves, dans tous les sens du terme.






Brasser la merde
2 commentaires
balarace
c'est Romain qui chante, pas Amédée
Blacksad
On m'a déjà fait la remarque, mes excuses sincères pour cette grossière erreur (si, si).
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