chronique · 15 septembre 2015 · Techno / House
Black Rain & Shapednoise
Apophis
Tu t'es déjà fait mordre la tête ?
par Lexo7
Les rencontres transgénérationnelles n'accouchent pas toujours d'une progéniture touchée par la graisse d'oie. Celle qui nous occupe aujourd'hui fait le lien entre un vétéran figure emblématique de l'underground, et un jeune loup prêt à planter ses dents dans toutes les ferrailles du monde. Black Rain c'est aussi et surtout Stuart Argabright, membre du très installé et street crédible groupe Ike Yard. Shapednoise est une des incontesatbles sensations italiennes qui sévit dans la technoise bien industrielle. C'est aussi un proche de l'artiste et du label Violet Poison, juste pour signifier le niveau des fréquentations. Cosmo Rythmatic est son propre label, sous-division abstraite et noisy du bien plus exposé Repitch Recordings. La première de ses sorties fut une oeuvre de notre fierté nationale Franck Vigroux. Souhaitons déjà, en préambule, que l'Apophis du jour ne soit que la première suite d'une très longue série à venir.
Hardcore dans l'esprit plus que dans son pur contenu, Apophis est le format court de techno radicale idéal si tu souhaites militer pour le réamiantage des écoles maternelles. Ou, plus simplement, si l'envie de te prendre une volée de bois vert et de verre pilé se faire sentir. Ne cherchons donc que très peu en son sein la moindre quête d'harmonie, si ce n'est dans son ambiance totalitaire et sa pure vocation pragmatique à tout laminer.
Metal Home ouvre ce bal apocalyptique sur un tapis de basses abyssales et de fréquences déglacées au saindoux, où rugit un fauve cousu de rouille et doté d'une haleine chargée en époisses. Déboule ensuite la nappe onirique peplumesque qui va bien, celle qui te plante immédiatement toutes chevilles ensanglantées dans le décor dévasté. On est pas chez les mormons ni chez les esthètes de la boucle rythmique beurrée. Tu sais donc maintenant pourquoi mon illustre collègue B2B ne t'en a pas parlé.
La déjà très haute température de la résistance franchit rapidement un nouveau cap dans les ohms pour atteindre celle du con de Junon. Les 90 premières secondes d'Automous Lethality s'inscrivent en rampe de dropage d'un venin rythmique débridé aux senteurs inédites. Il y a ici une telle variété de grain dans les coups que chaque phalange révèle une griffure particulière, ça blaste, ça dézingue des castors comme tu te farcis un bagel au thon. On cherche quelques instants le bon tempo pour dodeliner de la nuque. Fail. Mieux vaut la fermer physiquement, gainer l'ensemble du corps pour survivre à la lame de fond.
Sourions face à la course perdue d'avance contre les fumées et sentences électriques, le duo invite un certain Miles Whittaker (Demdike Stare, Pendle Coven) à partager un bol d'eau stagnante. Hyper technique et démonstratif, le britannique absorbe la moindre particule d'espace pour dresser des autels de destruction. Interceptor finira de soulager les garrigues trop fraîches en larguant les bidons spéciaux.
Ne vois tu pas devant toi s'élever le souffle de cette révolution qui vient, les larmes du monde n'enivrent plus que ceux qui prient pour de meilleurs lendemains. Fais pas ton étroite Jesus, laisse les gaziers multiplier les parpaings.






Brasser la merde