silent weapons for quiet wars

Pochette de Iradelphic

chronique · 2 avril 2012 · Musiques électroniques

Clark

Iradelphic

par Lexo7

Clark (nouvel onglet). Chris de son prénom. En voilà un qu'il n'est pas nécessaire de présenter. Lui qui au début des années 2000 se plaçait en digne héritier des monuments de l'IDM déjà présentés sous les grandes heures de Warp (nouvel onglet). Si le commun des mortels cite Body Riddle comme son chef d'oeuvre inégalable, certains oublient qu'il a signé l' excellent album Clarence Park en 2001 de son nom véritable. Sa manière de kicker ses propres prods avec des bombes à fragmentation a toujours agi en complémentarité de ses poussées d'accès mélodiques. Si il laisse derrière lui des titres d'anthologie, ses récents albums (Turning Dragon et Totems Flare) ont du mal à s'installer aussi bein sur la durée que les deux réussites absolues citées plus haut. On sent bien la fumée, la poussière et la bipolarité probable du lascar sur les tueries que sont Growls Garden, Rainbow Voodoo ou Ache Of The North mais les ensembles sont finalement plus brouillons qu'intraçables. La violence contenue de Clark est bien loin d'être un problème, ce qu'il en fait peut beaucoup plus le devenir.

Il n'empêche que la sortie d'un nouvel album de Clark est toujours un évènement, même si ce dernier est mêlé d'inquiétude et d'autant d'excitations. Iradelphic sort dans deux jours et va déchaîner les avis, profitons-en pour donner le notre dès aujourd'hui.

Il y a des albums comme ça qu'il faudrait chroniquer plus de six mois après la sortie. Pour être vraiment honnête, il faudrait le faire pour toutes les oeuvres. Car si certains albums anecdotiques au départ se révèlent parfois dans le temps comme des joyaux incompris, d'autres s'essoufflent et laissent apparaître des limites et des poncifs qu'on avait pas su dissocier de l'euphorie initiale (comme les deux derniers albums de Clark et pléthore d'albums encensés par votre serviteur) . Plaidons coupable, mais qui a envie de lire des chroniques d'albums sortis il y a plus de six mois ? Pas grand monde, et c'est bien dommage. Bref, tout ça pour dire qu' Iradelphic a besoin de temps pour mesurer sa qualité (ou sa médiocrité) à sa juste valeur.

Qu'est-ce que c'est que cette guitare ? Pourtant je n'ai pas téléchargé l'album via un site de leaks russe obscur. Il ne peut donc pas y avoir d'erreur. C'est sans doute ce que se sont dits bon nombre d'auditeurs à l'écoute des premières mesures de Henderson Wrench. C'est charmant et bucolique, mais les premiers adjectifs qui transpirent face à ce canevas de cordes sur lit d'ambient de pleine nature sont : solaire et surprenant.

Même si le matériel utilisé y est résolument vintage, il n'y a plus de doute possible dès l'introduction de Com Touch. Le style est immédiatement reconnaissable, dans le doigté rythmique du synthé, dans l'art de la fausse piste et du nettoyage par le vide (à 2'20). Puis l'aspect solaire et presque champêtre revient dès Tooth Moves, où le Clark s'est bien amusé avec l'option horn de son clavier (Korg ?). L'intérêt est là depuis le début mais une question taraude et empêche de réellement se laisser aller.

Clark irait-il bien ? Se serait-il apaisé durant un week-end à la campagne accompagné de Bibio et Hot Chip. L'être torturé et passionnant se serait-il laisser pousser les cheveux pour y accrocher des fleurs séchées ? Ou pire. A-t-il rencontré l'amour ? Autant de questions saugrenues et mal placées qui demeureront heureusement sans réponses. Toujours est-il que la musique de Clark s'est parée d'un spectre plus rieur que d'habitude. Pas forcément une mauvaise nouvelle. Du moins pas pour tout le monde.

Iradelphic poursuit sa route sur l'excellent mais bien trop court interlude stellaire et brisuré Skyward Bruise/Descent. Suivent alors les titres réalisés en compagnie de Martina Topley Bird (ex-égérie de Tricky qui peine à s'installer en solo depuis des années, mais qui brille toujours dans le cadre d'une collaboration). Tout cela est très joli, mais s'écoute un peu comme des ballades popfolktronica idéales pour le coin du feu et le rocking chair (Open). On peut aussi penser que Clark apprécie autant la chaise de producteur que celle du beatmaker tordu sur le très sensuel (grace à Martina) et très réussi Secret. Ghosted se dresse comme un titre anecdotique dans la plus pure tradition Clarkienne. Le piano mélodramatique de Black Stone est plus que joli mais ne fait pas vraiment lien avec la première partie du triptyque The Pining, qui ressemble à du mauvais Ninja Tune de la fin des 90's (qui a dit Bonobo ?). La suite de la trilogie peut subir le même constat, même si les carillons de la troisième partie sortent un peu l'ensemble de l'ornière.

Il y a dans cet album un foisonnement d'idées nouvelles et bien menées. C'est archi-bien produit et Clark se montre plus cohérent que jamais dans la tracée. A l'image du beau et contemplatif titre ambient de clôture (Broken Kite Footage), Clark livre sur Iradelphic une nouvelle facette de sa palette artistique. Plus solaire donc, et plus apaisée.

Nul ne pourra l'accuser de se reposer sur ce qu'il sait faire. Même si on aimerait bien secrètement détester cet album (trop beau, trop harmonieux, trop bien ficelé), un assassinat en règle relèverait de la malhonnêteté intellectuelle (je suis guéri) ou de la fumisterie. Car honnêtement, on peut ne pas adhérer au bonheur palpable de Clark mais qualifier cet album d'échec relève du non sens. Cette belle éclaircie ne satisfera pas ceux qui attendent depuis longtemps une suite soignée à Body Riddle et Clarence Park, mais attirera vers Clark de nouveaux auditeurs venus de sphères plus indie. Faut-il qu'il renonce au soleil et au bonheur pour livrer l'album qui mettra tout le monde d'accord. Le temps le dira, et fera peut-être même de Iradelphic un album finalement plus sous-estimé que anecdotique.

Lexo7

Brasser la merde

2 commentaires

  1. zaaaab

    bon album il aurait juste du mettre les morceaux du maxi avec(histoire d'avoir des beats qui tapent plus)

  2. fufyttii

    j'ai découvert cet album sur le tard, bon disque...mais avec les disques de Chris Clark (très talentueux), j'ai souvent du mal a les différencier

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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