silent weapons for quiet wars

chronique · 13 février 2014 · Weird Rock / Metal

Helms Alee

Sleepwalking Sailors

par Mattooh

Pour ceux qui suivent, on en parlait dans le focus Hydra Head : Helms Alee (nouvel onglet) est un chouette groupe, qui n’a clairement pas la reconnaissance qu’il mérite, surtout en Europe. Il faut dire qu’ils n’y tournent pas, ce qui n’aide guère dans un secteur où les groupes (Mastodon, Baroness, Red Fang, Kverlertak, Pelican, …) ne lésinent pourtant pas quand il s’agit de venir nous faire boire des bières à 8€ et voir des concerts derrière un poteau à Glazart, jusqu’à l’écœurement parfois (Kylesa par exemple, qui tourne toute l’année mais n’a plus sorti un disque correct depuis 500 ans). Toujours est-il que suite à l’arrêt des activités de Hydra Head, le groupe a monté une campagne Kickstarter qui a finalement attiré l’intérêt de l’écurie Sargent House (Chelsea Wolfe, Boris, Russian Circles) ; le label sort aujourd’hui Sleepwalking Sailors, ce qui pourrait attirer un peu le chaland.

Sur ce nouveau disque comme sur le précédent, Helms Alee évolue entre noise-rock (basses distordues ridiculement lourdes, compos à étages coulés en fonte et bruitisme en sections droites), métal « nouvelle vague » (tapping, beuglements mélodiques et héritage des Melvins) et indie-rock 90’s (le charme du chant à trois voix, dont deux féminines, et bipolarité électrique distorsion/clean). Il se trouve que cette fraicheur fait du bien, dans un marché saturé de Red Fang et autres Black Tusk insipides, et on se passe volontiers des sempiternels relents de stoner creux.

Aussi bon que ses deux prédécesseurs, Sleepwalking Sailors creuse le même sillon que le premier album Night Terror (2008), les interludes quasi-acoustiques de Weatherhead (2011) ayant disparu. Renforcé en chant clair et breaks éthérés, il déborde d’une teneur mélancolique parfois pas très digeste au premier abord (Fetus. Carcass., Heavy Worm Burden). Mais Helms Alee reste ce groupe immédiatement reconnaissable, et excessivement attachant de par la liberté avec laquelle ils abordent le travail de composition. On note en particulier l’excellent travail de la batteuse Hozoji Margullis (Pinniped, Dangling Modifiers, Slow Beef, Dodge The Lightning – il y a du Dale Crover, chez elle), une belle maîtrise des ambiances et des structures imprévisibles héritées du noise-rock. Et puis Helms Alee, c’est aussi les beuglantes de Ben Verellen (ex-Harkonen et frère de Dave Verellen, de Botch et Narrows – sympa, la mifa), et ça, si t’en veux, y’en a toujours plein l’assiette.

En attendant de les voir par chez nous (c’est enfin prévu pour la fin de l’année), d’autre choix nous n’avons guère que de nous repaître d’inodores vidéos Youtube pour expertiser les prestations de la bête à trois têtes. Hooray, l’excellente radio de Seattle KEXP les a invités à prendre un café et nous offre dans la foulée une petite session live dans des conditions optimales :

Lourdement, le verdict tombe : ils devraient tourner plus, et lâcher leurs jobs nuls. Sleepwalking Sailors, puissant, accrocheur et râpeux comme tu l’aimes, est en tout cas la meilleure des cartes de visite.

Mattooh

Brasser la merde

3 commentaires

  1. dataichi

    Wow, merci pour la découverte, dans la vidéo à 4:50 et 16:30, c'est assez dingue. Gros coup de coeur.

  2. zaaaab

    dire que je passe à coté depuis si longtemps....merci

  3. BUROTUCHU

    C'est exactement pour ce genre de perle que je consulte ce site. Merci pour la découverte !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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