silent weapons for quiet wars

Pochette de Salty Days

chronique · 20 octobre 2012 · Techno / House

Smallpeople

Salty Days

La deep-house est un cercle, la techno un carré. Ce raccourci, bien que réducteur, permet cependant de mieux comprendre la dynamique deep-house qui nous intéresse ici. Musique répétitive, s’enfermant volontairement dans des schémas narratifs sommaires et aboutissant à la formation inéluctable d’un cercle vicieux, la deep-house actuelle n’en demeure pas moins le plus solide viagra qui soit. Cette musique transpire le cul à chaque instant.

par B2B

Depuis quelques années, la scène d’Hambourg nous gratifie régulièrement d’albums de hautes volées. Il faut dire que la ville habite le meilleur label du genre, Dial. Mais à côté de cette vénérable maison, se trouve Smallville (nouvel onglet) (qui vient d’ailleurs régulièrement piocher chez les artistes voisins). Smallville c’est un savoir-faire indiscutable. L’an dernier, le label (présent aussi à Paris, dans les sous-sols du disquaire Ground Zero) nous avait ébloui avec l’intemporel The Story About You de Moomin (chronique ici (nouvel onglet)), et l’année précédente avec la sieste crapuleuse d’Asper Clouds de Christopher Rau (chronique ici (nouvel onglet)). Smallville prend son temps, se limite à un album par an pour une poignée de maxis. C’est à ça que l’on repère les grands, à ce respect profond de la musique et du public.

2012 sera donc l’année de Smallpeople (nouvel onglet) avec un Salty Days qui ne déroge pas à la haute teneur qualitative du label. Bienvenu dans la deep-house d’esthète, dans une musique sachant transcender ses propres codes pour aboutir à des créations éternelles. Toute en rondeur, la musique du duo Smallville, formé par l’impeccable Julius Steinhoff et le plus discret Dionne, est une ôde au cool, le vrai. La basse est confortable, vous pouvez vous laisser aller sans crainte. Le temps de la paresse est arrivé, à vous cette ambiance jazz lointaine. Salty Days déroule ses 9 titres avec une nonchalance folle. Les corps se laissent aller, la partouze alanguie peut commencer.

Salty Days est une escapade lancinante, prenant sa source dans la house old-school, le cool jazz et l’ambient évanescent. Le piano, souvent présent, n’est là que pour appuyer en douceur les hands claps permanent, pendant que les nappes ne sont qu’une partenaire de seconde zone. Il y a comme une atmosphère surannée qui échappe de ce Salty Days, une atmosphère où il fait bon se lover.

Bien qu’immédiat, cet album n’en demeure pas moins d’une rare intelligence. And You And You a la malice de laisser trainer interminablement sa nappe ambient en arrière-plan, maintenant l’auditeur dans un état semi-comatique. Beauclair se révèle deep jusqu’au point de non-retour, arrivant progressivement à flouter l’ossature du morceau avant d’en faire émerger la lumière. The Loon’s Groove est un rêve éveillé, un délectable trip sous une serre tropicale. Je m’arrête là même si chaque morceau mériterait une étude approfondie. Ajoutez à cela un son d’une pureté folle, une limpidité générale indécente, et vous aurez compris qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un bijou.

Est-ce une surprise de retrouver Smallville à ce niveau ? Non. Arriver à maintenir une telle régularité dans l’excellence reste à saluer. La fournée 2012 du label est un album flirtant avec la perfection. Salty Days de Smallpeople fera bien plus qu’accompagner votre été, soyez en certain.

(chroniques initialement publiée sur Chroniques Electroniques le 29 Juin 2012)

B2B

Brasser la merde

1 commentaire

  1. M.dC

    Réminiscence du First Floor de Parrish... beauté ouatée... céphalée mélancolique...

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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