silent weapons for quiet wars

Pochette de From Farthest Known Objects

chronique · 11 février 2016 · Techno / House

Surgeon

From Farthest Known Objects

Putain, même le futur c'était mieux avant.

par Lexo7

Inutile de tourner autour du pot au feu, Surgeon est une légende. Tant et tellement qu'on peut aisément le hisser comme fer de lance de ce qui fut le son de Birmingham. Au milieu des années 90, le dandy chic britannique impressionne dans sa maîtrise du hardware et dans son utilisation des synthés en général, se tisse une empreinte reconnaissable entre mille autres : "Raw", chirurgicale et futuriste, avec un marquage bien spécifique sur les synthés. Inutile donc de citer aujourd'hui ses albums et EP références, ainsi que la direction radicale qu'il imposa à son propre label : Dynamic Tension. Jusqu'à l'aurée des années 00, les plus intrépides pourront même parler de parcours sans faute.

Seulement voilà, la techno ne lui suffit pas. L'anglais répond donc légitimement aux sirènes de l'expérimentation intrinsèque, en collaborant tout d'abord avec le guitariste Andrew Read et en se focalisant de plus en plus sur le traitement des signaux et sur les ambiances. L'ancien dandy se pare peu à peu d'un look mi-geek mi-hipstos, anecdote qui ne devrait pas être mentionnée si elle ne coïncidait pas avec son adhésion pure et simple au phénomène du modulaire. Les critiques, des "pros" et des fans, demeurent dithyrambiques, citant même parfois son album Breaking the Frame (2013), pourtant très "ambient", comme un de ses projets les plus aboutis et avant-gardistes. Ses projets live titannesques, presque semblables à des installations, attirent et fédèrent des deux côtés de la ligne. Même son bien nommé et remarquable Electronic Recordings From Maui Jungle Vol 1, hébergé par les très sérieuses Editions Mego, avait été accueilli avec les honneurs malgré une émulation étrangement confidentielle au moment de sa sortie.

Après avoir durablement laissé de côté la techno, From Farthest Known Objects sortait en grande pompe il y a quelques semaines, affolant les nostalgiques de sa période binaire.

Annoncé par Surgeon lui même comme un concentré de pop tunes du futur concoctées avec un matériel impopulaire, From Farthest Known Objects se devait d'être à la hauteur de ses très hautes ambitions, et de l'exercice toujours très compliqué que demeure le long format techno. Il est malheureusement l'exemple type du coup d'épée dans l'eau.

Certains de mes confrères émérites sont même allés jusqu'à le qualifier d'album digne d'un fainéant, cependant toujours prompt à se caresser derrière son TR-909. Si l'on s'impose comme sérieux et nuancé, il convient d'énoncer que là n'est pas le problème.

Comme toujours avec le chirurgien, la production est plus que sérieuse et toute l'originalité du projet, outre son ostensible revival 90's, est d'avoir remplacé les classiques éléments percussifs par de très belles sonorités métalliques en collision. Il y a même de furtifs moments où, de cas amas de tôle et de ces schémas répétitifs destructeurs, vient transpirer quelque chose de résolument hédoniste. La performance s'arrête là.

Dès le premier titre, intitulé comme tous les autres tel un algèbre abscons, on comprend que Surgeon nous a livré un album inspiré par ses premiers succès, sans doute très amusant et ludique à composer, mais très fatiguant et ennuyeux à écouter. L'intérêt d'avoir greffé ses velleités modulaires à cet album particulièrement attendu et aussi ambitieux pose donc plus que jamais question. Malgré son côté bêtement et méchamment efficace et ses très opportunistes prétentions (les deux titres finaux), From Farthest Known Objects résonne "flat" et peine à se distinguer de la masse de sorties anecdotiques qui pullulent dans le genre. Deux ou trois titres contiennent de bonne idées, malheureusement peu poussées. Seuls les très qualitatifs SXDF-NB1006-2 et BDF-3299 devraient parvenir à trouver leur place dans des milieux de sets inspirés.

Outre sa teneur purement anecdotique, From Farthest Known Objects annonce malgré lui quelque chose de beaucoup plus symbolique. L'ère des Djs producteurs hier starisés est belle et bien terminée. Seuls les footix techno avides de palanquées de kicks pour rentabiliser leur para devraient y trouver leur compte. Les autres, savent bien que le futur est ailleurs.

Lexo7

Brasser la merde

8 commentaires

  1. Wesley

    Les autres, savent bien que le futur est ailleurs. Lexo7 quel est ce futur dont tu parles?

  2. jean passe ses week-ends à la concrete et prend de la d

    Globalement relou, pas forcément mauvais mais sans aucun relief.

    Puis il est où le futur ? (c'est pour un amis)

  3. Scyd

    Ouais, j'aimerais aussi savoir où est le futur s'il vous plaît Madame.

  4. lexo7

    Dans vos culs, bande de boulets.

  5. Orné ² Akasha

    Putain quelle déception ! Mais qu'est-ce qu'il m'a foutu bordel ? Je suis également déçue par un de mes derniers héros de la techno originelle...On peut dire qu'il vient de se manger le mur ! Je disais donc mes héros de la tech tombe un par un. Un des 1er à m'avoir déçus (il y quelques années déjà), fut Karl Craig. Avec des dj set devenu mollasson et convenu, avec une sélection minable où il joue des titres kilométriques inspirant un ennui profond...Ensuite fut le tour du Jeff Mills qui se mit à composer de drôles de tracks genre B.OF hyper ennuyeux et côté dj set c'est pas mieux, délaissant les 3 deck au profit d'Apleton live (qui pourtant offre autant de possibilité que les 3 platines) pour des set moud du coude...Fini le the wizard ! Ensuite se sera au tour de l'immense Richie Hawtin qui après avoir poussé dans ses retranchements se que permet Apleton live se sera mis à composé une minimal techno convenue et putassière à souhait ! dans le genre je dirai que c'est Troy Pièrce qui aura reprit le flambeau bien que malheureusement ses set ne m’excite plus autant qu'au début. Ce qui sauve le style (qui est tout de même en fin de vie) c'est les set de Magda et le devenu rare Ricardo Villalobos dont ses deux derniers EP vaut son pesant de cacahuètes. Sinon dans la famille Surgeon je dirai que Regis à eux deux ils forment Britich Murder Boy), ou le trio James Ruskin and Regis, AKA Karl O'Connor. O/V/R's vaut toujours une oreille attentive.

    Pour revenir plus dans la chronique du disque et le style de musique que Surgeon a tenter de développer (en vain). La chronique termine par " ...Les autres, savent bien que le futur est ailleurs" . Et justement dans se style de musique électronique, l'avenir je le vois chez Lotic (Janus) https://soundcloud.com/lotic ou Rabit (TriAngleRecord) https://soundcloud.com/therabit. Ou encore notre amis bruxellois Ynoji (Xtraplex Records) https://soundcloud.com/clunkynoji

    Akasha.

    1. jean etc

      Me dis quand même pas que le futur c'est des geeks qui font du footwork chiant qui parle exclusivement d'identité sexuelle à l'heure de l'internet post-moderne, s'il te plait.

  6. driewkat

    Ben moi, ça ne m'a pas gêné de retrouver ses premiers amours. P-e parce que je ne l'ai jamais idolâtré... Cette petite "madeleine de Proust" m'a plutôt amusé. C'est probable en effet que je m'en lasse vite. Question con : C'est grave que ce ne soit pas "la musique du futur" ?!? La question du "temps" dans la musique (et plus globalement dans la création) ma foi...

  7. d

    c'est normal que cet album nous ennuie mortelement , ont connais cette techno 90's par coeur , on n'y était ! et on n'a fini par avoir envie d'autre chose ! , c'est normal . mais un kid d'aujourd'hui qui crois que la techno et la musique du future , dois bien kiffé bouger son petit fion la dessus . ( bon c'est vrais qu'il faut être motivé pour avoir envie de faire cette musique chiante quand on n'a plus de 30 ans aujourd'hui . il a surement eu envie de ce faire un revival ). effectivement , le track : sxdf ...pourrai bien passer dans un set EBM pour ce bouger le cul .

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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