
chronique · 18 octobre 2012 · Techno / House
vOPhoniQ
Cosmogonie
Album casse-gueule car ouvertement autocentré et dont la démarche nombriliste aurait pu prendre des allures hautaines, Cosmogonie de vOPhoniQ réussit malicieusement à botter en touche en imposant sa dimension universelle.
par B2B
En 2009, le lyonnais sortait un premier album, Human & Computer (disponible gratuitement sur la toile, ici (nouvel onglet)), inégal car manquant de catalyseurs. Depuis, le mec semble avoir digéré la lenteur et la dolence. Dawn Records (nouvel onglet), petite entité lyonnaise promise à de beaux lendemains, a flairé en vOPhoniQ (nouvel onglet) un potentiel indéniable et, 3 ans plus tard, sort Cosmogonie, LP d’une profondeur abyssale. Car Cosmogonie n’a pas pour optique première de revenir sur la formation de l’univers. Non, notre producteur a décidé de théoriser le genèse de son propre monde en le matérialisant auditivement. La résultante est un album se scindant en deux parties distinctes sur le papier mais indissociable entre les oreilles.
Puisque la cosmogonie de vOPhoniQ est une affaire personnelle, le repli sur soi qui accompagne la première partie de l’édifice permet de miser entièrement sur l’intériorité. L’apaisement trouve sa voix via une électronica éthérée, puisant dans un field-recording en sous-marin. Les expérimentations inaugurales deviennent des mélancoliques introspections où les nappes ambients ne viennent jamais prendre une tournure émotionnelle. Ici, tout est palpable et affaire de matières organiques. vOPhoniQ semble avoir parfaitement digéré 20 ans de musique électronique comme sur ce Human Tribute warpien et dissimulant un final mutin à l’aspect infini. Cosmogonie n’est pas une évidence, l’album ne répond à rien et donne plutôt dans la prolifération de questions. Pourtant, la sensation de bien-être est permanente, laissant les morceaux s’écouler lentement.
Il faut attendre le deuxième mouvement pour la décharge de beats. Débute alors une odyssée techno aussi renversante que psychanalytique. Désormais, les morceaux dureront 10 minutes afin d’imposer leurs auras. La puissance contenue d*’Enter The Mystic Truth* se révèle insidieuse en prenant son temps pour capturer l’auditeur, lui subtilisant lentement toute forme de pensée évasive. Tout en volutes trancey, le morceau déjoue le moindre plan. La fuite en avant d’Overdrive se transforme en décollage exponentiel où les tremblements sonores ignorent la moindre certitude. Ces tracks techno se révèlent être des puits sans fonds, propices à l’abandon. On en ressort non pas lessivé mais simplement lavé.
vOPhoniQ signe un singulier mais avant tout admirable album d’électronica-techno. Cosmogonie justifie son titre. En nous enfermant dans une bulle lumineuse, nous voilà promis à une échappatoire misant sur l’observation de notre propre entité. Une certaine candeur échappe de ces réflexions auditives et la réverbération offerte aboutit à une ablution salvatrice.
(chroniques initialement publiée sur Chroniques Electroniques, le 5 Juillet 2012)






Brasser la merde
1 commentaire
flo
Etant Lyonnais, j'ai entendu parlé du monsieur pour les nuits sonores. Depuis je l'ai vu en live 2 fois (dont un il y a semaines avant Rone) et j'ai vraiment adoré. C'est planant comme j'aime. un de mes album de chevet.
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