
Tenderloin, San Francisco. Quartier de la marginalité et des laissés-pour-compte du grand rêve capitaliste américain. Cette no-go zone est le cadre de l’immense roman de l’américain William T. Vollmann, La Famille Royale (nouvel onglet), sorti en 2000. En 1300 pages, il y dépeint la descente aux enfers d’un détective à la recherche de la reine des putes, entre odeurs de pisse et prises de crack. Cet ouvrage fascinant n’est pas à mettre entre toutes les mains, tout comme ce Let Go de Xosar (nouvel onglet), parfaite bande-son de ce purgatoire.
Le parallèle est évident entre Let Go et La Famille Royale puisque leurs deux géniteurs ont longtemps arpenté les ruelles de Tenderloin. On retrouve chez Xosar cette volonté de fouiller toujours plus loin, en creusant sous la peau, quitte à ne s'intéresser qu'aux os. Let Go est un album de techno analogique rugueux et sans concession. C’est ainsi que l’américaine voit la techno, comme une forme de musique primitive sans enjolivure. Dès l’ouverture, The Pit sonne comme un manifeste punk avec son son crade et saturé, son énergie indomptable donnant envie d’en découdre avec le premier venu. Le reste sera marqué par la noirceur et le metal.
Sheela Rahman compose ses titres avec une tripotée de synthés vintages. Elle semble se foutre de la cohérence, préférant miser sur l’immédiateté. Let Go fonce toujours dans le mur, les dents en avant pour mieux sentir la douleur. La plupart des titres sont donc de violentes déclarations d’amour à Tenderloin. Cela devient carrément explicite avec la pérégrination vicelarde de Tales From The Tenderloin, ou bien tendancieux – il arrive quand mon fix ? - avec Watching Waiting Wanting.
Mais Xosar n’oublie pas pour autant ses accointances avec le milieu techno plus institutionnalisé et livre deux monstres étouffants, deux titres de techno subaquatique à faire pâlir Northern Electronics et Our Circula Sound. Sail 2 Elderon et Hades Gates sont capables de souffler un dancefloor en quelques secondes.
En signant Let Go sur Black Opal, Xosar a vu juste. Les connaisseurs savent qu’il s’agit d’une sous-division d’Opal Tapes (nouvel onglet), permettant ainsi de s’affranchir du format K7 pour s’orienter vers les vinyles. Les autres n’ont pas écouté véritablement de techno depuis 2 ans. Let Go est à l’image du label : crade et viscéral, fatalement dans l’air du temps. Il ne vous reste plus qu’à vous procurer le bouquin (nouvel onglet) de Vollmann et l’album. On se retrouve dans un mois, enfin si vous arrivez à en sortir indemne.






Brasser la merde
2 commentaires
samvox
bon j'vais encoçre ramener ma gueule,
y'a des périodes comme ça. feeling meuf quand les anglais débarquent. juste pour brasser un peu de caca... https://www.youtube.com/watch?v=WN8rMmYc7L4 j'imagine Lexo quéquette et sa demi-molle en matant les petits geste de mains (elle n'est pas ambidextre, quoique...) de Xosar. Et comme disait DJ Sprinkle : "faut pas confondre ambidextre et bisexuel".
Bisous.
knl;
MArrant ce parallèle entre vollmann et xosar j'aurais pas trouvé tout seul merci.
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