Concerts · 5 novembre 2013 · le 24 octobre 2013, Maroquinerie (Paris)
Sebadoh
Lou Sebadou
par Mattooh
Métro, boulot, apéro : je rate lamentablement la première partie, assurée par My Name Is Nobody, le brillant projet solo de Vincent Dupas (activiste rock nantais, au sein entre autres de Binidu et Fordamage (nouvel onglet)). Que j'en sois maudit sur plusieurs générations, mais connassant la qualité des prestations du monsieur, je ne doute pas de la réussite de cette alléchante mise en bouche.
Le début du concert de Sebadoh est marqué par une grisante euphorie sur scène comme dans la fosse, autant que par un amateurisme peu commun du groupe côté technique ; à croire qu’ils ne savaient pas qu’ils allaient jouer ce soir, ou qu’ils se plaisent à entretenir de la sorte leur image lo-fi. Passées les longues minutes d’accordage, les problèmes de son ne concernent en tout cas que les retours. Et si le groupe s’inquiète du volume de la guitare la majorité des trentenaires du public sont plutôt ravis de s’en prendre plein les oreilles ; le son Sebadoh est bien là, guitare et basse ont un son tranchant et profond, noisy juste ce qu’il faut. Si par la suite l’ambiance retombe un brin, l’ensemble du concert sera chaleureux comme on pouvait l’espérer, bien aidé par le cadre idéal de la Maroquinerie, définitivement la meilleure salle de Paris dans ces conditions.
Jason Loewenstein et Lou Barlow, rigolards, se fendent de quelques interventions très drôles qui contribuent à parfaire l’image infiniment sympathique qu’on peut avoir de Sebadoh ; on a l’impression d’écouter entre potes tous ces fabuleux morceaux de rock indé.
Les nouveaux titres issus du Secret EP et du nouvel album Defend Yourself s’insèrent avec bonheur dans la setlist, même si le public n’y est pas très réceptif ; comme souvent, les gens n’ont pas l’air de les avoir écoutés. Les nouveautés chantées par Barlow ne sont en tout cas pas les plus passionnantes, les vraies pépites restant ces titres nerveux et génialement tordus de Loewenstein, toutes époques confondues. L’alchimie basse-batterie est impressionnante, la marque des grands groupes si bien qu'après 1h45 de plaisir, on s’arrête là en pensant déjà à la prochaine tournée. Peu de chance en tout cas que cette reformation ne profite de l’étrange retour de hype qui porte Dinosaur Jr depuis 2-3 ans, Sebadoh ne bénéficiant pas de l’attrait de la bizarrerie curieusement branchouille qui émane d’un personnage aussi singulier que Jay Mascis ; tant mieux finalement, parce que je n’échangerai pas ce genre de concerts en cocon bienveillant pour une froide prestation au Pitchfork festival.

Brasser la merde