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Pochette de Defend Yourself

chronique · 2 octobre 2013 · Rock / Folk

Sebadoh

Defend Yourself

Lou Barlow, ce héros.

par Mattooh

Le temps passe, les gens changent, mais pas Lou Barlow (nouvel onglet). Sa silhouette a beau s’épaissir, les cheveux qui s’agitent au-dessus de la basse, les lunettes et cette capacité à écrire de bonnes chansons restent les mêmes. Que ce soit en 1991 ou en 2013, avec Dinosaur Jr, Folk Implosion ou Sebadoh, en acoustique ou en électrique, Lou Barlow trousse de superbes mélodies et empile les excitants petits bouts de rock indé (comme on dit).

Reste que quand même, Sebadoh (nouvel onglet) semble revenir de loin. En hiatus depuis la parution de The Sebadoh (1999), le groupe était quelque peu sorti des radars de la nostalgie ambiante au début des années 2000, celle qui vit tant de groupes revenir avec plus de succès qu’avant leur disparition. Ainsi, Lou Barlow profite depuis 2005 d'une seconde jeunesse au sein des reformés Dinosaur Jr, qui sont contre toute attente parvenus à démontrer la potentielle pertinence des reformations grisonnantes ; les trois albums sortis par le groupe depuis 2007 comptent parmi les meilleurs du groupe, égalant voire dépassant les classiques des années 90. Sur le même modèle, Jason Loewenstein et Lou Barlow ont relancé Sebadoh en commençant par quelques concerts avec le line-up originel en 2011. Depuis, le batteur Eric Gaffney est reparti un beau matin sur la pointe des pieds mais un certain Bob D’Amico (ex-compagnon de Jason Loewenstein au sein des Fiery Furnaces) a pris sa succession, permettant au binôme historique Barlow / Loewenstein de concrétiser son retour en passant (enfin) par la case studio.

L’an dernier sortait discrètement via Bandcamp le Secret EP (nouvel onglet), cinq chansons d’honnête facture mais qui ne constituaient que les chutes des dernières sessions d’écriture du Sebadoh nouveau. Septembre 2013, l’été se termine mais c’est déjà un peu le printemps pour les fans de Sebadoh : Defend Yourself sort, et c’est un album de grande classe. Bien sûr, inutile d’attendre de ce disque un retour au son lo-fi à l’extrême de III (1991). En 2013, Sebadoh sonne davantage comme sur ses disques enregistrés après le départ d’Eric Gaffney (Bakesale, Harmacy, The Sebadoh) : chaleureux, dense et électrique.

On accueille donc la fraicheur mélodique d’un State Of Mind, l’exubérance électrique d’Inquiries et No Wound ou la mélancolie du single I Will avec un plaisir extatique, et peu importe qu’elles émanent de deux garçons dans le business depuis 26 ans. Chez les jeunes du rock indé cette année, on ne voit guère que les albums de Deerhunter, Speedy Ortiz ou Unknown Mortal Orchestra pour égaler les chansons de la trempe de celles de Defend Yourself. Il n’y a pas réellement de ratés au long de ce disque, plutôt 13 raisons de s’enthousiasmer comme sur les délicieusement plombées Separate, Beat ou Defend Yr Self, bardées de guitares inspirées et façonnant d’accrocheuses harmonies électriques. Dans ses instants les plus facétieux, ce Sebadoh version 2.0 évoque finalement presque plus un Folk Implosion des débuts avec les doigts coincés dans la prise que le Sebadoh fragile et foutraque du début des 90’s. Un groupe qui a perdu sa géniale fraicheur originelle donc, mais qui reste toujours aussi inspiré.

La réussite de ce disque ne doit toutefois pas étonner ; de l’aveu même des protagonistes, Sebadoh n’a jamais disparu. Même en veille le groupe continuait à écrire de la musique, et Lou Barlow n’a jamais cessé de publier d’excellentes chansons. Il est certes aussi rassurant que déprimant de constater qu’en matière de rock indé de qualité, c’est toujours les mêmes qui s’y collent depuis 20 ans. Mais profite donc de ce disque sans trop te poser de questions ; avec un titre pareil, il pourrait bien être récupéré fissa par les soutiens du bijoutier de Nice.

Mattooh

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Doobie Doo

    Merde pour une fois qu'une de vos reviews indierock était presque crédible ..... ou metal ou tout ce qui sort de l'electro pasque je vous aime bien les gens mais faut le dire .... suffisait de lacher ces étrons chébrans d'Unknown Mortal Orchestra et ces hasbeen de Deerhunter et voila c'est mort .... même Speedy Ortiz vite oublié ce machin, quand tu sais ou regarder ya tellement mieux.

    1. Mattooh

      Ces derniers temps, je commence à me rendre compte que finalement le rock draine le même genre d'interventions que Daft Punk ou Kavinski. Parle-nous donc de tes coups de cœur, au lieu de faire ta mauvaise tête ; brasse la merde, mais brasse-la bien.

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