silent weapons for quiet wars

Concerts · 26 septembre 2013 · le 20 septembre 2013, En appartement à Strasbourg

The Wooden Wolf

Allez voir le loup !

par Booboow

On ne vous en a pas encore proprement parlé, juste foutu un petit clip pour vous mettre l'eau aux babines dans notre playlist estivale, mais The Wooden Wolf (nouvel onglet) est un artiste qui mérite réellement votre attention. Son premier album, 14 ballads Op.1 (sorti en décembre de 2012 sur le label Strasbourgeois Press Eject and Give Me Tape (nouvel onglet)), nous étions un peu passé à côté au moment de sa sortie. Car à trop souvent crier au loup, on ne le remarque même plus sur le pas de notre porte. Pourtant c'est hors de l'internet ou du confort d'une écoute privée que se passera la rencontre avec ce jeune alsacien originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon qui devrait laisser tout amateur de folk pantois. C'est comme souvent par le biais de notre activiste (label, distro, booking, organisation de concerts etc) de la scène indépendante alsacienne préféré, qu'on se décide à aller découvrir The Wooden Wolf pour sa release party tardive dans une galerie d'art strasbourgeoise. Et là, la magie opère. Le loup se confesse, et nous communions avec lui. Suivant désormais l'actualité de notre canidé de bois, notre rencontre suivante fut à l'occasion d'un concert improvisé dans une grande rue commerçante de la capitale alsacienne. Les passants s'arrêtaient comme des moutons, et même une brebis galeuse rejoindra son hurlement à la lune .

Mais bon, ces deux concerts sont de l'histoire déjà ancienne. Penchons-nous sur le concert du jour. The wooden wolf est sur la route pendant un long mois depuis quelques jours déjà et pour lancer sa tournée invitait une petite trentaine de privilégiés pour un concert en appartement. C'est amusé de se retrouver dans le quartier où se trouvent 2 lieux dédiés aux musiques actuelles qu'on arrive dans une grande colloc', où canapés, chaises, tapis et coussins sont prêts à accueillir nos séants dans une ambiance tamisée et intime. Après quelques verres et clopes pendant qu'un disque de Scout Niblett nous met dans l'ambiance, Alex s'installe, seul et annonce avec humour qu'il va commencer par ses titres les plus pourris. Si seulement de nombreux folkeux pouvaient écrire les titres les moins bons de The Wooden Wolf et les jouer avec autant de passion et d'émotion... Nos oreilles éviteraient bien des souffrances. Car Alex a une réelle culture du songwriting et sait laisser parler ses tripes pour mieux emmener avec lui son auditoire. Un peu à l'image d'Idaho, de Bonnie 'Prince' Billy époque Palace ou encore de Songs Ohia pour ne citer qu'eux.

Après l'arrivée de quelques retardataires, les choses sérieuses commencent et notre loup solitaire appelle sa meute en renfort : une violoncelliste qui rend les morceaux plus poignants encore, un contrebassiste qui improvisera à merveille et un second guitariste qui fait gémir sa guitare comme personne. N'ayant pas décidé quels titres allaient être joués dans la soirée, Alex, goguenard, dirige ses musiciens amusés en feuilletant son petit classeur à chansons. Le concert fera la part belle aux titres du premier album dont les classiques instantanés (oui,oui vraiment) que sont We can't find a light, A little bit of crying et à quelques titres joués peu fréquemment telle la balade à la sensualité à fleur de peau Dull is the sting (titre que les musiciens rendus au rang de spectateurs semblent beaucoup apprécier). Mais nous aurons également le privilège de découvrir de nombreux titres du nouvel album à venir à la fin d'année. Toujours dans la même veine, qu'ils aient été écrit la veille du concert ou qu'ils soient un inspiré par le roman Ask the dust de John Fante, ils nous promettent d'ors et déjà le grand frisson. Si nous n'en connaissons pas encore le titre, on sait quel morceau entrera délicatement en collision avec notre épiderme le premier : Palace of sin.

Qu'ils soient acoustiques ou électriques, joués seuls ou avec son groupe, chaque titre reste toujours dépouillé, simple, mais plein d'émotion. Mais la véritable force de The Wooden Wolf, c'est de nous faire voyager avec pour seul moyen de transport nos sentiments et notre ressenti profond. En quelques accords et de sa voix éraillée, il nous caresse dans le sens du poil et nous envoie dans le tréfonds d'une Amérique rurale en passant par le Portugal pour finir dans une Angleterre romantique mais brisée. Plusieurs reprises de fort bon aloi parsèment le show :Daniel Johnston, le Horses de Sally Timms dans sa version Palace ou encore These boots are made for walking de Lee Hazelwood à la demande des colocataires souhaitant un peu danser après tant d'émotions. Mais comme souvent dans les concerts en appart' et quand on parle du loup, ce sont surtout les bottes de la maréchaussée qui sonneront la fin de cet incroyable moment...

Je vous invite donc très sincèrement à aller voir le loup lors de sa tournée en cours (qui passera également plusieurs fois par le festival Generiq (nouvel onglet)).

Ou alors découvrez le sur album. Une sortie vinyle est prévue le 05 octobre chez Press Eject and give me tape et le prochain arrivera bientôt.

Soyez sûr qu'on reparlera du loup avant qu'il ne devienne blanc !

Booboow

Brasser la merde

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