
Co-fondateur et fer de lance du label Ultimae, seul ou en duo avec Magnus Birgersson (Solar Fields) sous le nom de H.U.V.A. NETWORK, Vincent Villuis, aka AES Dana, nous caresse les tympans depuis pas mal d’années déjà. Et s’il n’a cessé depuis Season 5 (2002) de creuser un même (micro)sillon techno ambient, l’équilibre parfait entre ondulations downtempo, nappes synthétiques et collages IDM complexes, approché avec Memory Shell (2004), est atteint avec Leylines en 2009 puis Perimeters en 2011, les deux chefs d’œuvre inépuisables d’un nouveau son né sur les cendres de la trance.
Plus hypnotique encore, résolument planant, son sixième album Pollen s’écoutera chez soi de préférence, et dans les meilleures conditions – calme vespéral, détente musculaire et matériel hi-tech. Laissez-vous faire : AES Dana et son art de la réverbe et des échantillons cristallins s’occupent de tout. Pas une seule fausse note en plus d’une heure et quart : dès les premières secondes de Jetlag Corporation, vos sens volent en éclat et votre âme se surprend à planer au-dessus du monde, comme pour mieux en disséminer les débris sous les crânes endormis et inoculer son doux poison. De la musique pour drogués, aurait dit feue ma grand-mère. Fluide onirique plutôt, dont les effets psychédéliques culminent avec A Carmine Day et ses flux rythmiques insensés, entrelacs de pulsations synthé et claquements métalliques en écho qui rappelle les plus lancinantes compositions de Polmo Polpo. Il y a quelque chose de sidérant chez AES Dana, une texture incroyablement organique, que ni les nuages futuristes de 101 Clouds, ni le ressac IDM aérien de Riven, ne démentiront. Mais le temps de la parade nuptiale s’achève déjà : vient l’heure nodale avec The Meeting Point, celle du corps à corps sinusoïdal – tensions technoïdes, dub ambient et glissements d’épidermes couronnés par la pluie d’endorphine glitchy d’Horizontal Rain. Post coïtum animal triste : le reflux des vagues édéniques de Low Tide Explorations vous abandonne à une solitude aux accents **Christ.**iques. Superbe.






Brasser la merde
6 commentaires
poulain
Ah enfin, je l'attendais cette chronique ; Cette album est une grosse tuerie. Y'a plein de bonne chose comme Tree.Some, très très bon comme titre. (Le gros kick qui se rajoute dans "a carmine day" à 2:36 ouuuh I'm flabbergasted..)
opale
excellent album! Aes Dana à su nous surprendre dans ce dernier album Pollen... Un magnifique voyage vers un autre monde... une autre ambiance tout en ayant su préserver son incomparable griffe ! Merci d'avoir osé... pour notre plus grand bonheur!!
Redscape
Cataclysmique. Avec un livre de SF, le pied. Intemporel, beau, on a envie de s'approprier l'objet. Gros travail, où l'on sent petit. Mais surtout, une grande impression d'être au-dessus du monde, d'être très loin, dans des rêves immenses, sans en sortir. Ethéré, sans faille. Mélancolique peut être. Mais terriblement grisant.
Pakal
Je suis discrètement depuis longtemps Ultimæ dans ses découvertes et créations et c'est toujours dans un réel plaisir que je découvre des nouveaux albums comme celui ci.
Merci et Bravo.
lambdachronicles
Album magnifique, puissant, profond et extrêmement travaillé, une pièce d'orfèvrerie à ne pas louper.
EoG
6/10 par les lecteurs ?! Je préférais quand c'était les chroniqueurs qui notaient... Au moins les notes étaient très souvent méritées. Pour moi "Pollen" mérite au moins un gros 9/10, c'est la première fois que j'écoute un album avec un kick régulier aussi puissant et planant. Chaque morceau à une réel personnalité et demande plusieurs écoutes pour en cerner toute la complexité. "Low Tide Explorations" reste mon morceau préféré, en WAV avec mon HD25, c'est une tuerie, et probablement l'un des plus beaux morceaux qu'il m'est été donné d'écouter ces dernières années.
la suite, depuis 2026