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Pochette de Code

chronique · 2 juillet 2014 · Techno / House

Answer Code Request

Code

par B2B

Il fut une époque pas si lointaine où chaque sortie Ostgut Ton (nouvel onglet) suscitait l'euphorie dans la sphère techno. Le Berghain (nouvel onglet) berlinois régnait en maître en dictant sa loi sur le marché et les maîtres-résidents des lieux pouvaient alors s'enfermer dans une techno monolithe sans concession, proposant des albums rigoureux et spongieux (on pense avant tout aux travaux de Marcel Dettmann, Planetary Assault Systems et Barker & Baumecker). Jusqu'au début 2013, Ostgut Ton a pu régenter avec fierté, mais la passation de pouvoir étant inévitable, c'est désormais davantage du côté de Brooklyn ou Londres que les regards sont tournés. Les récents albums de Tobias. et L.B. Dub Corp n'ont que moyennement convaincu car reposant sur des fondations trop balisées. Sentant le vent tourner, le label a pris les devants au début de l'année, en offrant ses compilations mixées passées et à venir. Et voilà Answer Code Request (nouvel onglet), la recrue la plus discrète du label, qui vient nous rappeler qu'Ostgut Ton sait aussi demeurer un label exigeant, observant les évolutions qui l'entourent.

Derrière Answer Code Request se cache le berlinois Patrick Gräser. Le résident du Berghain a fait peu parler de lui jusqu'à maintenant, sortant une petite paire de maxis sur le label de Marcel Dettmann. Gageons qu'avec Code, la carrière du bonhomme va connaître un sérieux coup de fouet. En effet, l'album est aussi solide que brillant, offrant une synthèse fine entre esthétique old school et textures new school. Code respecte pleinement le cahier des charges d'Ostgut Ton tout en proposant un retour en arrière refusant la nostalgie immobile. En gros, ça a l'aspect d'un album tunnel tout en ayant le goût des atmosphères lumineuses, le bloc reposant sur un équilibre constamment maintenu entre ombres et lumières.

Answer Code Request évite le piège de l'enchaînement de tubes techno frontaux et hypnotiques en préférant miser sur une approche plus docile et aérienne où l'ambient-synth n'est jamais loin de prendre l'ascendant. On pense ainsi à l'early-IDM d'Autechre, période Basscad, lorsque Relay Access déploie ses motifs narratifs aveuglants. De même, la lente procession de Field Depth est assoupli par ses nappes. Sous son apparente douceur et malléabilité, Code peut ainsi propager ses sonorités aqueuses, flirtant continuellement avec une ambiance ghetto moite. Les basslines sont grasses (Blue Russian, Status) mais jamais plombantes, le beat massif mais toujours adoucit (Zenith). Tout est contrôlé à la perfection, dans un souci de ne jamais tomber dans le cliché. C'est ainsi qu'il n'y a aucune faute de goût sur les 12 titres édifiés par Patrick Gräser.

On n'attendait pas Ostgut Ton avec une telle sortie, capable de manier avec autant de brio une époque révolue pour mieux l'intégrer aux sonorités actuelles. Ce coup de force signé Answer Code Request mérite le plus grand respect.

B2B

Brasser la merde

1 commentaire

  1. poney

    Ca sonne quand même vachement random, aussi vite oublié qu'écouté. C'est brouillon et impersonnel voir carrément fade, j'attends bien plus de ce genre d'album.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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