
chronique · 14 novembre 2013 · Weird Rock / Metal
Betunizer
Gran Veta
Betunizer nous vient de Valence ; mais contrairement à Dionysos, de Valence en Espagne. Commencer une chronique de noise-rock en parlant de Dionysos : check.
par Mattooh
Gran Veta est le troisième album de ce groupe que j’ai personnellement découvert via une prestation assez dantesque au Primavera 2013. Ne crois pas pour autant que ce trio œuvre dans le hype-rock à fines moustaches, puisque chez Betunizer (nouvel onglet) on arbore le poil sur tout le corps (nouvel onglet), et la musique porte elle-même la trace de cette virilité. On n’a pas non plus affaire à de vulgaires primates noise ou neuneus métalleux, car Betunizer fait partie de cette élite sachant draper sa violence dans un gant de velours rèche et des manières de gentleman viril.
En revanche, il semblerait qu’on ait affaire à des viandards : si tu rapproches ta face disgracieuse du triste jpeg représentant la pochette du disque, tu saisiras la véritable nature de ce beau graphisme rouge veiné de blanc.
Du gras au menu donc, mais pas mal de muscle aussi et ce que la pochette ne précise pas c’est qu’à l’écoute, tu y trouveras aussi du groove. Et un groove parfois étonnamment post-punk, s’agrippant à une base noise-rock dont les basses obtuses rendraient jaloux n’importe quel rejeton de la familia Jesus Lizard, Unsane & co. Le chant en espagnol et l’utilisation massive de cloches par le batteur apportent une chaleur latine qui fait la différence par rapport aux wagons de groupes anglo-saxons labourant les mêmes champs noise, notamment sur les quelques tubes (Ford Carillada, Acaricia Tu Tema, La Mancadita) éparpillés sur ce disque. Je retrouve donc avec joie la puissance exacerbée du groupe en live, mais aussi et c’est une bonne surprise quelques éléments math-rock/post-punk, essentiellement via une guitare plutôt leste et saccadée qui ventile agréablement le pilonnage rythmique.
Il y a bien quelques titres un peu moins efficaces, mais ils ne gâchent pas réellement le plaisir de se faire secouer par un disque de noise-rock aussi urgent et singulier. Rue-toi donc sans crainte sur cet album ibérique : il jamón.






Brasser la merde