silent weapons for quiet wars

Concerts · 5 juillet 2013 · le 23 mai 2013, Barcelone, Parc Del Forum

Primavera Sound 2013

Mass Hipsteria

par SWQW

Que faire d'une fin de mois de mai pluvieuse, d'un goût immodéré pour le jambon et d'une poignée de RTT? Se rendre à Barcelone, pour le Primavera Sound Festival. La déclinaison portugaise du festival a l'air pas mal non plus, mais la programmation y est moins fouillée et, oserait-on presque avancer, moins pointue ; donc, on rempile.

Tu n'en as probablement cure, mais on va quand même te raconter.

Attention : traversée de hipsters.

JEUDI :

Pour une bonne mise en jambe festivalière, quoi de mieux que le bon distillat de Beatles version garage de White Fence ? Le combo de San Francisco, plus habitué des petites salles aux bonnes odeurs de tabac froid et de sueur rance, a du mal à tenir la distance sur la scène ATP. Et ce n'est pas le vent qui va arranger les choses, gâchant quelque peu le son, mais on s'y habituera tout au long du festival, dégottant les emplacements où le son est meilleur au fil de nos pérégrinations ; apprendre à esquiver les troupeaux d'espingouins taillant le bout de gras bruyamment sera chose plus ardue. Le show reste tout de même plaisant et donne envie de les revoir dans des conditions plus intimes.

Ca peut être beau, un groupe de pop qui marche. Et ça l’est encore plus quand, anomalie notoire, c’est mérité : Tame Impala rameute un monde de dingue, et le régale d’un concert de grande classe, tout en décontraction. Cheveux au vent, sourires aux lèvres. Totalement maître de son sujet, le groupe est facile dans la reproduction fine de ses tubes psyché-pop à l’orchestration de luxe ; ce n’est pas tous les jours qu’un gang de jeunes chevelus rameutant autant de monde que Blur, Nick Cave ou Phoenix sait aussi bien se servir de ses instruments. Plaisir pas du tout coupable de cette fin d’après-midi, Tame Impala ne fait en ce moment que des heureux (programmateurs, festivaliers, agents, chroniqueurs incorruptibles…). Pourvu que ça dure.

On loupe Metz, faute à un set très court (35 minutes), une mauvaise approximation du temps de trajet entre les scènes, et à notre faufilement à contre courants de moutons se précipitant voir je-ne-sais-quel groupe à pantalons moulants. Un mal pour un bien, ce bide permettra de voir 3 titres à la fraîcheur psychédélique classieuse bienvenue de Chris Cohen (chronique par ici).

Mais où est Murph ? Ce n’est pas la première fois que Dinosaur Jr nous fait le coup, le vieux batteur chauve est absent de cette tournée. Ca n’empêche pas la plaisante routine de s’installer : Jay Mascis qui donne l’impression de se faire chier tout en faisant pleuvoir de la note sur lit de disto bien velu, et Lou Barlow qui agite ses cheveux dans l’air aussi vite que ses doigts sur sa basse. On se sent à la maison, un concert de Dinosaur Jr est toujours aussi prévisible qu’agréable. Manque un peu de son quand même pour vraiment se faire retourner la tête.

Pour poursuivre dans la thématique des vieux héros quinquagénaires du rock indépendant US, on se rend au chevet de Bob Mould ; aïe, ça vieillit pas bien, ces conneries. Toutes les chansons sonnent pareil, entre pop-punk adolescent et les aspects les plus crispants d’un Bruce Springsteen ; difficile de dire si du Hüsker Dü fut joué, puisque nous fuîmes à mi-parcours.

Premier tour sur LA meilleure scène du festival, l'amphithéâtre avec vue sur mer et au son presque parfait : la marque de lunettes pour pilote de l'air. Deerhunter (chronique par ), groupe le plus plébiscité du festival, y jouera son premier set (ils ont joué pas moins de 3 fois en 4 jours, remplaçant notamment au débotté Band of Horses). Le public est présent en masse pour voir Bradford Cox déguisé en Nikola Sirkis en phase terminale. Squelettique dans sa robe à fleurs, Bradford et ses complices assèneront un florilège de leurs meilleures chansons dans des versions souvent bien plus pêchues que les originales. Bon moment, mais pas de quoi mériter le battage médiatique dont ils ont l'honneur chez la génération P1tch4k.

L’enchainement Hot Snakes-Menomena est trop juste, les deux concerts mordent l’un sur l’autre. On en tremblait par avance en lisant le running order, mais ce n’est rien par rapport à la frustration éprouvée en quittant le concert des premiers pour rejoindre la scène Vice. La demi-heure à laquelle nous assistâmes était en tout cas fantastique, avec un son de l’ATP enfin puissant et un bloc guitares-basse compact, abrasif et hyper précis. Un régal de rock’n roll sauvage, poncé par l’inusable voix gravillonnée de Rick Froberg (Drive Like Jehu, Obits, …) et épaissi par la belle guitare de John Reis (Rocket From The Crypt, Drive Like Jehu, …).

Pour rire un coup, on zieute un titre de Grizzly Bear, venu aimablement donner à manger aux hipsters :

et on file retrouver nos chouchous : Menomena (encore une chronique à lire ). Les quatre de Portland entrent tranquillement en scène, devant un public restreint mais bien tassé. Justin Harris (chant, basse, saxo) semble renfrogné, peu disposé à se laisser aller, mais la qualité des compositions assure une montée en température progressive, entérinée par un de ces imprévus propre à faire basculer d’un côté ou de l’autre un concert hésitant ; la coupure d’électricité durant TAOS sera l’involontaire highlight de cette très belle heure de pop rythmique et cabossée. Ce n’était certes pas leur meilleur concert mais avec un tel répertoire, Menomena ne peut jamais se rater.

De loin, la prestation de Death Grips ressemble à n'importe quel show jactant d'un chapiteau de Dour à 5h du matin, de type boucles électroniques dégueulasses avec un rasta anglais bien pouilleux qui s’égosille sur du ragga de qualité inférieure. Ok, Zach Hill n’est pas là, mais ça ne peut pas être que ça ; fuyons.

Rien à droite, rien à gauche, alors bon, allons voir Phoenix. Amateur des 3 premiers albums, et malgré leurs deux dernières purges, on arrivait à envisager un moment agréable, voire funky. Ça nous apprendra à baisser notre garde : on se trouve face à l’équivalent musical d’un sac à dos Hello Kitty en matière synthétique luisante. Rempli de claviers jusqu’à la gueule, inutilement grandiloquent puisqu’il n’y a ni mélodies marquantes, ni savoir-faire instrumental, ni charme particulier. Phoenix est maintenant une grosse machine pour mini-stades de beaufs urbanisés, et flirte même parfois avec la J-pop tant cela sonne abominablement boursouflé et calibré pour plaire à la génération iTunes ; qu’ils crèvent, avec mes rêves d’entendre de jolies versions de Too Young et If I Ever Feel Better.

La journée se termine puissamment avec Fuck Buttons qui joueront quelques titres de leur très bon album à venir Slow Focus. Comme d'habitude les deux zozos triturent leurs machines face à face et hurlent comme des gorets dans le noir. Belle nouveauté : une boule à facette géante au niveau du sol se voit bombardée de lumière pour un effet psyché des plus réussis. Les nouveaux titres sont luxuriants et tribaux, on étouffe dans la moiteur d'une forêt tropicale. Parfait pour finir cette première dense journée.

VENDREDI :

Largement néophyte en matière de jazz, l’étiquette « éthio-jazz » me plongeait dans une aimable circonspection en découvrant Mulatu Astatke dans mon programme. Ne nous voilons donc pas la face, j’ai débuté ma journée de concerts en pénétrant l’antre du très bel auditorium jouxtant le site pour deux raisons principales :

  • la gratuité ;

  • la possibilité de poser son cul pendant 1h sur des fauteuils de bonne facture.

L’opportunisme ayant parfois du bon, ce fut pour moi l’occasion d’une fantastique révélation. Outre le fait que je connaissais un bout de l’œuvre du bonhomme sans le savoir (la BO du film de Jarmusch, Broken Flowers), j’ai découvert des musiciens d’une sensibilité et d’une musicalité extraordinaires, le tout dans des conditions idéales, bien loin de la supercherie des festivals d’été. Ce brave homme et ses mousquetaires surdoués se produisant régulièrement en France, je recommande l’expérience avec une insistance obstinée.

L'arrivée sur le site principal se fera durant l'intervention d'un habitué des lieux, Kurt Vile & The Violators. Son beau folk-rock coule tout seul, mais l'intérêt vient essentiellement en live des quelques grumeaux électriques balancés au milieu du set, durant lesquels le rendu vire quasiment au grunge le plus rugueux. Un concert tellement sympa qu’on lui pardonnera son look de hippie jogger libidineux. Décidément, un très beau début de journée.

Décoction de musique africaine et de rock psychédélique, le blues touareg de Tinariwen m’a pris par surprise, mais tranquillou. Sur une base rythmique minimale (une basse et un djembé), les maliens plongent le public de la Ray Ban dans une douce, très douce transe, enveloppante comme un vent chaud venu du désert et chaleureuse sans aucune niaiserie. Motifs de guitare égrenés en boucle, voix berçantes et atmosphère riche de saveurs : plénitude et volupté.

Om (un petit rappel), premier groupe burné de ce vendredi placé sous le signe du gras et de la couenne (Shellac-Neurosis-Swans-Goat), ouvre les hostilités tranquillement sous les yeux de leurs potes de Neurosis. Depuis l'arrivée du multi-instrumentiste Robert A.A. Lowe (A.K.A Lichens ), qui balance samples - choeurs - percus -et riffs de guitare acoustique avec une gestuelle bien à lui, leur show est bien moins monotone mais aussi moins monolithique, ce qui fait regretter à certains l'époque plus massive et tripante du duo. Une mention spéciale est décernée à Emil Amos pour son jeu de batterie fin, puissant et énergique.

Enchaînent d'autres habitués des lieux sur la scène ATP : Shellac.Trop court, mais trop bon. Même cirque que tous les ans : de bonnes blagues, de très bons morceaux de noise-rock d’AOC Chicago, et de bons middle-aged men qui assurent une prestation sèche, tendue et expéditive. Steve Albini semble pas foutu de vieillir, mais vivement un nouvel album quand même. Démontage de batterie en règle sur la fin, enfin, tu connais la chanson.

Encore une sale dilemme pour les indies rockeux : en même temps que Shellac, les Breeders jouent de l'autre côté du site. N'ayant jamais eu le plaisir de voir les bedonnantes soeurs Deal, difficile de résister au plaisir d'entendre Cannonball ou No aloha en live. Kim est plutôt enjouée et sort quelques vannes sur le temps frisquet ou sur l'album Last Splash joué en intégralité ce soir-là : "This song is called Flipside and it's the last one of side A", ou à la fin de Roi (Reprise) "Well, this is the end of the album Last Splash, thank you". Happiness is a warm gun et quelques titres de Pod seront joués en guise de "rappel". Un agréable moment, mais rien de transcendant.

On reste dans les vieilleries (après tout, c'est un peu le crédo du festival) avec Jesus and mary chain qui nous fait croire que Justice les remplace ; en fond de scène sied une gigantesque croix illuminée... Heureusement ce n'est pas le cas, mais les Ecossais reviennent sans nouvel album sous le bras au Prima pour cachetonner et jouer consciencieusement leurs vieux tubes vaporeux. On prendra tout de même plaisir à attendre certains titres avec en tête de liste leur archi-tube Just like honey, chanté ce soir-là par Bilinda Butcher de My Bloody Valentine.

A chaque fois, c’est la même chose : on a beau savoir que les Neurosis sont les patrons, quand ils en étalent puissamment les éléments de preuves devant notre petite gueule, on prend cher. Pour une fois ça ne joue pas trop fort, juste bien, et même si les classiques ne sont pas de sortie les nouveaux titres de leur pas si glorieux nouvel album s’insèrent parfaitement dans leur set et, même, compensent ; on les jurerait très bons, finalement. Leur post-hardcore-ce-que-tu-veux (coucou, les fans de (nouvel onglet) Cult of Luna (nouvel onglet)) dégage une puissance, un naturel et une émotion unique ; ce genre, c’est eux. C’est tout.

Vient ensuite un des rares groupes à pouvoir jouer et tenir en extase son public pendant 2h en festival (qui plus est avec un son dantesque) , nos amis des Swans (mais si, tu sais).

Ils donneront un concert bien moins tellurique mais tout aussi bruyamment jouissif que lors de leur précédente prestation au Primavera. Comme à leur habitude, ils joueront sur la brèche 5 titres avant gravage dans la cire, partageant leur évolution au fil des lives avec ses fidèles. Ces 5 brûlots répétitifs et incantatoires s'intitulent To Be Kind, Just a Little Boy, She Loves Us, Oxygen et Toussaint Louverture Song et sont dans la directe lignée de The Seer (qui en sera d'ailleurs le seul titre joué). Et puisque leur répertoire est immense, ils ne boudent pas leur plaisir avec la punition Coward qui est un peu la pierre angulaire de l'art martial des Swans.

Au Primavera, il est parfois difficile de ménager la chèvre et le chouchou et un événement peut en cacher un autre : pendant le labourage Swans, Blur débute un show pop de très haute facture auquel on aurait quand même aimé assister en entier, mais Goat entre en piste pour asséner la meilleure prestation de ces 3 jours. Les musiciens prennent en premier possession de la scène, masqués, et lancent leurs tourneries psychédéliques. Les courroies s’échauffent rapidement, puis le temps s’arrête quand les deux danseuses-chanteuses entrent en piste. Une hypnotisante et inhabituelle émotion envahit l’atmosphère, et elle s’étendra sur une heure de plénitude tribale à peine interrompue par les problèmes rencontrés par le batteur et sa pédale de grosse caisse récalcitrante. Rock psyché, afrobeat, world music et prog’ 70’s se fondent, technique et classe naturelle s’enlacent naturellement. La présence scénique des deux vocalistes-acrobates mystifie le parterre finalement conséquent venu assister à cette messe masquée surréaliste.

Quand le silence reprend possession des lieux, il faut déjà redescendre de son petit nuage. Les programmateurs du monde entier sont bien bêtes de ne pas se les arracher (encore qu’on dit leurs apparitions chèrement monnayées), mais on n’est pas non plus mécontent de garder un peu caché ce genre de petit trésor, tant la rareté de leurs apparitions prévient l’altération de l’excitation.

SAMEDI :

Bon, le Primavera c’est bien sympa, mais ça a tendance à manquer de descentes de coudes musicales. Aussi, commencer la journée par la bonne tartine noise’n roll de Betunizer, toute chantée en espagnol qu’elle est, est une salutaire opportunité de décrasser bien comme il faut nuques et cérumens. Un bout de temps que je leur courais après lors de leurs tournées avec Papier Tigre, et maintenant que je les ai attrapés je te l’affirme tout de go : ces espingouins valent sacrément le détour. Mais je te préviens : c’est un mur de son que tu vas te manger.

Les quelques titres entendus sur la fin du concert de Mount eerie ne nous donneront qu'une envie : ne pas les louper la prochaine fois qu'ils passent par chez nous. Les titres partent sur une folk intimiste portée par un bel entrelacement de voix masculine / féminine, puis muent lentement vers un slowcore éthéré pour mourir sur des riffs à la limite du doom.

Il fait beau, il fait chaud, profitons-en pour poser nos boules tendus par le marathon des 2 derniers jours. On se demande d'ailleurs comment font les bouffeurs de soja à moustaches pour avoir l'énergie de parcourir le site en long, en large mais surtout de travers. Un des rares carrés d'herbes du site caressera nos séants pendant que l'on apprécie l'afro beat funky des vieux cultes de l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou.

Petit moment de trou dans la programmation... alors qu'il nous arrive de vouloir nous pendre devant un dilemme cornélien entre trois groupes à voir plus d'une fois par jour, nous irons par dépit laisser traîner nos oreilles devant la mignonette Melody's Echo Chamber. Elle a bossé avec Kevin Parker de Tame Impala pour son premier album, mais elle n'a malheureusement gardé que le pire des tics mous du bonhomme. Bisou Magique ? Bécot baveux plutôt, oui.

Cassos pour se placer avant une des plus belles surprises du festival : les fossiles de Dead Can Dance. Sans trop rien attendre de ce groupe qu'on assimilait à tort à Era, nous nous sommes littéralement laissé emporter dans leur trip hors du temps et autour du monde. Leur show se révèle aussi prenant que ceux de Massive Attack : ambiance vertigineuse, voix hypnotiques et mélodies belles à glacer la colonne vertébrale, avec en sus des influences médiévale, orientale ou grecque.

Comme porté par les rafales de vent qui balaient le site (on est en bord de mer, l’ami), le set de Thee Oh Sees lamine le festivalier hagard. C’est typiquement sur ce genre de concert qu’on regrette la nouvelle configuration de la scène ATP : désenclavée pour ne plus rester en travers du chemin du tout venant festivalier, elle a perdu en qualité de son et d’accueil (mais rendez-nous les tribunes, bordel) pour gagner en audience. Regrettable, mais les Oh Sees s’en foutent bien. Ce dont John Dwyer ne se fout pas, en revanche, c’est la sécurité d’une foule qui s’emballe un peu trop (il le fera bruyamment savoir par deux fois), et la prise en main de sa guitare, tenue bien haute. Performance décoiffante, mais à revoir dans les meilleures conditions d’une petite salle qui pue, suinte et sature.

Place à un des meilleurs concerts de cette orgie printanière : Nick Cave & the Bad Seeds. 1h10 chrono qui passera aussi vite que le premier rêve de coït d'un nerd à boutons. Pendant que les Bad Seeds tiennent la baraque avec un Warren Ellis survolté, notre grand libidineux passera la majeure partie de ce concert/best-of parsemé de 4 titres Push The sky Away (tout sur cet excellent album ici (nouvel onglet)) à grimper les premiers rangs. Il incarnera parfaitement Stagger Lee (véritable climax du concert) en "honorant" une fan de son chibre sur son nez à coup de déhanchement fiévreux, haranguant la petite veinarde : "YOU CAN SUCK MY DICK!".

Et le pire, c'est que tout ça est fait avec la classe la plus insolente qui soit ; tu peux pas test. Graouuuuu.

Liars, grands habitués du festival, adapteront comme d'habitude leur set à l'heure où ils sont programmés. Du coup, ambiance dancefloor désabusé avec de nombreux nouveaux morceaux dans la veine de l'excellent WIXIW et massacrage de la seule chanson à guitare du soir, Broken Witch....

Après la tempête Nick Cave, impossible d'apprécier à sa juste valeur les très bons The Drones (chroniqué par l'ami Laumond ). Jouant après leurs maîtres, ils veulent impressionner un public trop peu nombreux. "Légèrement" alcoolisés, ils forceront leur jeu, exagérant chaque parole faussement hargneuse à grand renfort de mimiques simiesques inutiles. Cette surenchère manquant cruellement de sincérité les fera passer pour une ridicule copie de papa Cave et ses mauvaises graines. Vraiment dommage...

Plutôt que de se faire dessouder les tympans par My Bloody Valentine (qu'on aura l'occasion de voir lors d'un autre grand raout estival), on préfère se dégourdir les guiboles et les zygomatiques avec Omar Souleyman, cette vaste blague enturbannée.

Il m'était incompréhensible de comprendre pourquoi ce mec est programmé dans de nombreux et prestigieux festivals européens. Maintenant, je sais. Il doit pas coûter cher. Set minimal : un micro (pour déclamer, au choix : Yallah, HahA ou hééééééééééééé), et un roumain chopé au pif à l'entrée du festival pour lui faire office de musicien avec une boîte à rythmes programmée sur "Oriental" et un vieux synthé pour faire des choinchoins du désert. Le pire dans tout ça, c'est que ça reste foutrement efficace pour une fin de soirée.

Sans appel est le verdict : un seul festival pour plusieurs publics ! On respectera toutefois les choix hasardeux des pauvres âmes qui sont allées voir pêle-mêle : Hot chip, Animal Collective, The Knife, James Blake, Disclosure, on en passe et des pires...

Il est évident que chercher le soleil là où il brille par l'absence (il faisait pas chaud, quoi) aura permis d'éviter à nos pauvres yeux de fondre devant les horribles oripeaux moulants à motifs animaliers ou psychédéliquement kitsch de nos chers hipsters.

Une chose est sûre, l'année prochaine, nous nous donnerons à nouveau la peine de chercher, de renouveler sans cesse les émotions transmises par la programmation pointue (il lui arrive tout de même de piquer) du Primavera Sound. Puisque dans tous les cas, on sait déjà qu'elle tiendra à nouveau ses promesses (sur un seul nom déjà annoncé : Neutral Milk Hotel).

Pas de consensus, le plus appelle le plus.

Booboow & Mattooh

SWQW

Brasser la merde

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