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Pochette de Adult

chronique · 29 octobre 2015 · Weird Rock / Metal

Blacklisters

Adult

Adult, l'album de la maturité? Les Blacklisters font-ils dorénavant de l'adult-rock?

par Mattooh

Allons, ne sois pas sot. Les Blacklisters (nouvel onglet) sont une bande de crasseux rigolards de Leeds, manifestement plus préoccupés par l'écriture de titres de chansons débiles (The Sadness Of Axl Rose, I Knock Myself Out ou Power Ballad pour cette fois) et la salitude des choses, que par la musique de ton papa. Et si tu peux ne serait-ce qu'envisager d'eux qu'ils se civilisent ou deviennent les Kings of Leon du nord de l'Angleterre, c'est que tu n'as pas bien saisi la fondamentale absence d'ambition derrière leur noise-rock fini à la Guiness tiède.

Alors Adult, ça se passe comment ?

Ca commence comme la dernière fois : par un enchainement bien teigneux de 3 bourre-pifs, ce qui constitue un peu le coeur de métier des Blacklisters. Noise-rock über alles. Sur un sol cireux de peaux de tympans explosés, Blacklisters déboule avec son bordel pétaradant et te salope les lieux en moins de 15 mn, canardant à vue sur les pauvres auditeurs, qu'ils soient avertis ou là par erreur. Bravo!

Et comme les Blacklisters sont plein d'attentions, ils ne se contentent pas de te casser la gueule en moins de 10 minutes. Ils pensent aussi à positionner des pics à glace dans tes oreilles, et à les enfoncer, lentement, en tournant dans le sens anti-horaire. J'en veux pour preuve les vicieuses Weasel Bastard et Downbeat, dont les temporisations, larsens puis pénétrations électriques s'insinuent dans ton subconscient comme l'aiguille rouillée sous la chair frémissante.

Ah, c'est autre chose que tes Royal Blood, Ghost, Last Train et autres merdouilles pour Zéguts jeunes, hein?

Second album donc pour nos amis anglais, et deux impressions déjà ressenties il y a 3 ans se confirment : 1), ces gars sont d'ores et déjà des pointures du noise-rock, et Adult fait partie des meilleurs albums du genre dans une année qui n'aura pourtant pas été avare en grosses réussites. 2), ces garçons marchent complètement dans les traces de Jesus Lizard. Forcément, j'aimerais parfois évoquer d'autres noms que les sempiternelles mêmes références, mais quand il s'agit des meilleurs, faudrait pas se priver ni cracher dans la soupe.

Et puis, la musique des Blacklisters conserve un côté faussement approximatif plus proche du punk (voire du post-punk) que chez les Jesus Lizard et leurs tricotages millimétrés, qui évoquaient eux parfois autant le jazz que la musique de traîne-savates aux cheveux rouges. Cash Cow et I Knock Myself Out sont ainsi deux bourrasques noise-punk envoyées comme on explose une bouteille de pinard sur une tête un samedi soir de perdition : sans explications, avec violence et empressement. Si la guitare fait moins dans la dentelle que celle de Duane Denison, c'est en tout cas la section rythmique et ses tourneries savantes et diaboliques qui nous ramène souvent à la paire Sims/McNeilly (Weasel Bastard, Shirts), mais aussi, évidemment, le chant dégueulé façon David Yow. Une chose est sure, ces 10 compositions ont un imparable goût de reviens-y et possèdent ce petit truc en plus qui départage le disque appliqué de la tuerie.

Enfin, comme le précédent, ce nouvel album sort chez nous via l'incontournable label palois A Tant Rêver Du Roi. Et toi-même tu sais, qui dit ATRDR (nouvel onglet) dit vinyle, amour, et petit prix. En prime : l'objet est tout à fait magnifique. En tout cas je sais pas toi, mais moi je ne me lasse pas de cette pochette. Bref, que des bonnes raisons de passer à l'âge Adult.

Mattooh

Brasser la merde

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