
chronique · 4 avril 2016 · Rock / Folk
Calva
Siamois
Tu reprendras bien un petit Calva pour la route? Quatre ans après l'excellent Sacrifice, voici Siamois. Troisième album du groupe, et si on en croit la pochette, du 100% pur laine.
par Mattooh
Excentré dans sa base arrière de Pau, Calva (nouvel onglet) ne fait malheureusement pas partie des groupes dont on cause le plus dans les salons noise de France. Mais il serait bien que ça change, et Siamois ressemble à la carte de visite parfaite. Calva n'a en effet rien à envier aux groupes, par exemple, de la Colonie de Vacances, et ce nouveau disque semble d'ailleurs effectuer une belle couture zigzag entre le math-truc nerveux de Papier Tigre et les fantaisies hard-synthétiques de Marvin.
Là où Sacrifice sautait facilement du coq à l'âne, de ruades noise en broderies vocodées avec les copains béarnais, Siamois sonne plus compact et se recentre sur des tricotages math-rock léger tout en s'enkrautant notablement. Calva semble avoir travaillé la fluidité de ses compos, pendant que le batteur Stéphane Sapanel - et boss du label A Tant Rêver Du Roi (nouvel onglet), c'est te dire à quel point le groupe est pistonné - s'éclate sur des segments en tension/répétition du meilleur effet. Si le choucroute-rock a manifestement la cote en ce moment, Calva n'en cultive pas moins sa personnalité. Notamment avec ce synthé tourbillonnant toujours aussi présent, qui confère à Siamois un improbable mais séduisant air de croisement entre les Minutemen et Trans Am.
Enfin, mention spéciale au bas de laine du disque, la dernière piste et excellentissime Bagarre Des Etoiles (nouvel onglet). Quintessence de la formule du groupe, on s'y fait aiguiller d'un pattern de batterie meurtrier via une emmanchure guitare-basse jusqu'à une paire de riffs géniaux pour un résultat math-kraut-punk franchement jubilatoire. Au final, difficile de dire si Siamois est meilleur que son grand frère Sacrifice, mais une chose est sure : il est plus cohérent, moins bordélique et impeccable sous toutes les coutures.
Quant à la situation du groupe, elle est particulière puisque si le noyau créatif du groupe n'est bien composé que des deux individus enlainés de la pochette, Calva se mue en trio sur la route et sur les planches, pour le plus grand plaisir de l'auditeur exigeant que tu es, qui aime que ses disques préférés soient correctement reproduits sur scène. Mais c'est bien le duo Arnaud Millan (guitare/synthé/chant) et Stéphane Sapanel (batterie) qui a pris le temps, de résidences en maquettes et contre-maquettes, de développer ce bien nommé Siamois que, tu l'as compris, je te recommande chaudement.
T'aimes ça, hein ? Alors pourquoi ne pas t'offrir une petite dégustation de Calva en vrai ? Ca se passe bientôt, là, comme ça :
29.04 – Tarbes – Celtic Pub
30.04 – Toulouse – Pavillons Sauvages
05.05 – Bayonne – Le Magneto
06.05 – Larbey – Café Boissec
07.05 – Castelfranc – Derrière L’usine / TBC
12.05 – Angoulême – Le Mars / TBC
13.05 – Rennes – Bar’hic
14.05 – Bergerac – Le Central Park
08.06 – La Roche / Yon – Venue TBA
09.06 – Paris – Le Cirque Electrique
10.06 – Dour – Xtrm Scandalous
11.06 – Bruxelles – Magasin 4
25.06 – Vénérand – L’ogre Rouge






Brasser la merde