silent weapons for quiet wars

Pochette de Gordian

chronique · 23 avril 2013 · Techno / House

Cosmin TRG

Gordian

Le format album sied mal à la techno car cédant trop facilement à l’enchaînement de tracks hétérogènes purement destinés aux DJs et aux clubs, sans volonté artistique aucune. C’est donc une petite poignée de LP qui arrivent péniblement à se démarquer chaque année (voilà pourquoi il est difficile de livrer plus qu'un top 10 annuel car au-delà, on commence rapidement à souffrir) et c’est justement le cas avec Cosmin TRG et son Gordian.

par B2B

L’enjeu principal réside dans la capacité à maintenir constamment l’équilibre entre répétitivité, puissance et préciosité. A ce petit jeu-là, Cosmin TRG (nouvel onglet) s’en sort avec les honneurs puisque sa techno déjoue tous les plans du monolithisme. Le roumain Cosmin Nicolae a compris qu’un album techno doit autant pouvoir affronter les clubs que l’écoute domestique et que pour cela, il faut jouer à l’équilibriste en donnant à chacun matière à combler ses attentes.

Le premier album de Cosmin TRG, Simulat, arrivait déjà à satisfaire le plus grand nombre par son accessibilité. Avec ce second album, il ne cède pas à la facilité pompière en préférant les constructions complexes. Gordian recycle avec malice toutes les composantes inhérentes au genre de ces 10 dernières années. On se retrouve avec un produit difficilement catalogable puisque puisant autant dans la techno cérébrale que dans la techno deep, dans les textures aqueuses que dans les envolées tremblantes. Le tour de force étant de tout superposer au cœur de chaque morceau sans que cela ne confine à l’étouffement. Je vous laisse imaginer le casse-tête. Pourtant, Cosmin TRG réussit à chaque fois à tout emboiter à la perfection, dans un souci de contrôle total et absolu, tout comme dans l’optique de rassasier les besoins spécifiques de chacun. Rien que pour ça, Gordian mérite le détour tant le chemin parcouru entre le début et la fin de la moindre track est imposant et tant le nombre d’idées développées chaque minute s’imbriquent avec intelligence.

Cosmin TRG est un malin, il a parfaitement intégré les codes en vigueurs. Au lieu de céder à la banalité d’une montée débouchant sur une explosion primaire, il va préférer contrôler cette dernière pour mieux manipuler l’auditeur. Ce dernier se trouve donc étrangement malmené sans même s’en rendre compte puisque la préciosité reste aussi de mise. Cosmin TRG réussit à rendre accessible un album qui ne l’est pas pour autant, tant sa densité est importante et son aspect percussif insidieux.

Le résultat est là puisque Gordian ne souffre d’aucune faiblesse majeure. Mais pourtant, malgré son absence de défauts, l’album peine à rester en tête. C’est justement son parfait équilibre qui le dessert sur la longueur puisque finissant par être tellement maitrisé qu’il en devient presque lointain. Malgré toutes ses qualités, Gordian risque donc malheureusement de rentrer dans la catégorie des albums –trop- vite oubliables.

Mais ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un album techno fédérateur qui soit autant maitrisé alors, pour une fois, ne soyons pas trop exigeants et admettons que ce Gordian de Cosmin TRG est une singulière réussite.

B2B

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Georges White

    Ou comment passer de trublion à bon élève.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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