
chronique · 22 mai 2015 · Musiques électroniques
CRYPTO TROPIC
CRYPTO TROPIC
Dans la nature, tout a toujours une raison. Si tu comprends cette raison, tu n'as plus besoin de l'expérience. Leonardo Da Vinci
par Lexo7
Après deux sorties remarquées et courageuses, le label français Le Cabanon continue ses pérégrinations électroniques, en toute indépendance, mais avec une méthode qui commence à faire ses preuves. Si les algorythmes en mode random de Bruma, ou les stratégies de complexification (un peu trop rigoureuses pour être honnêtes) de Horla, avaient su s'attirer bon nombre de curieux, Pierre Torrell et Guillaume Malaret, les deux autres têtes pensantes du label, ont en plus su s'acoquiner avec pléthore de médias et de distributeurs étrangers. De Toulouse à Paris, la barbe fleurie et le froc fuchia de Guillaume Malaret sont presque devenus aussi "street crédibles" que le swag de Sacrifice Seul (artiste proche du Cabanon). Le label débauche aujourd'hui deux personnages "bien connus" du sérail électronique alternatif français : Nebulo et Druc Drac, sous la bannière CRYPTO TROPIC. Les habitués de nos lignes ont maintes fois entendu parler du premier cité, d'autres se souviendront aussi peut-être de leur collaboration précédente publiée par Hymen Records : Urbatectures, en 2011.
Bref, le disque sort ce lundi, et on t'en parle avant le week-end pour te conditionner comme il se doit.
Sans savoir trop pourquoi, je n'aime en général ni les EP ni les formats courts. Mon goût pour les longues immersions domestiques sans doute, et aussi parce que je pense que la limite de temps inhérente au format empêche les artistes de pousser à fond leurs idées. Mon regret principal face au disque du jour sera donc l'absence de titres dépassant à peine les trois minutes. hormis l'excellent Tropiques, dont la dernière minute pourrait servir d'attestation à la théorie exposée un peu plus haut.
Imagine un peu des lieux anciens laissés à l'abandon, où une nature bionique viendrait prendre ses droits pour y célébrer une certaine forme d'aléatoire. Constate comme le vert de gris et l'humidité pénètrent peu à peu les colonnes et les fondations architecturales du lieu, comme les desseins expansionnistes du lierre sont sans limites lorsqu'ils enlacent les statues pétrifiées. Les polyrythmies illustrent parfaitement cet état de mutation progressif, tout comme l'usage de certains synthétiseurs connecte un illustre passé à un présent plus que jamais conditionnel. Sans sombrer dans l'éculé rétro-futurisme ou dans un genre "chiptune" désuet et pourtant acclamé ces temps-ci, les deux CRYPTO TROPIC s'installent ici dans une maîtrise des grands écarts et dans une certaine forme d'apologie des contrastes (en matière de rythmes et de textures). L'auditeur averti constatera même peut-être dans Byzance, Canopée ou Mori, certains reflets "early Warp". Tu auras compris que la mention "early" n'installe en aucun cas cette comparaison dans une forme péjorative. Ce (faux) premier essai s'assoie à contre-pied de bien des disques fourmillant d'une palanquée d'idées, puisque celui-ci est parfaitement maîtrisé.
Il est particulièrement réjouissant de voir Nebulo s'éloigner un peu des labels allemands pour se rapprocher de courageux indépendants français. La ré-activation de ce projet en collaboration est, en plus d'être courageuse, résolument ambitieuse. Un effort à soutenir en grande force donc.
(Le disque sera en écoute intégrale dès lundi sur le bandcamp du Cabanon. Mais puisque ces gens sont des amis, ils ont eu l'amabilité de nous fournir deux titres exclusifs en écoute et offrent aux lecteurs de SWQW la possibilité de gagner un exemplaire vinyle. Pour ça, tu as jusqu'à lundi pour "liker", commenter et partager la publication via fesse de bouc. Allez, avoue que t'es content.)






Brasser la merde
2 commentaires
ivan
*algorithme y->i super artwork !
driewkat
Le dernier album de Nebulo m'avait bien plus, je prends! :)
la suite, depuis 2026