
chronique · 13 mai 2014 · Techno / House
Ford Foster & William Watts
Ford Foster & William Watts
par B2B
Le 29 mars dernier, Opal Tapes (nouvel onglet) sortait simultanément cinq albums. Ce n’est pas étonnant de voir la structure de Stephen Bishop fonctionner ainsi puisque le label anglais opte depuis ses débuts pour un marketing D.I.Y. incontrôlable et imprévisible. En mettant régulièrement en avant des frondeurs techno privilégiant l’immédiateté, Opal Tapes s’est offert une reconnaissance désormais mondiale. C’est actuellement un des 2 ou 3 labels techno suivi précautionneusement par la presse spécialisée. Début 2014, le label a ainsi frappé très fort avec l’album de Lumisokea, véritable déflagration techno wagnérienne.
Les 5 sorties conjointes sont bien entendues passées entre mes oreilles. Toutes ne m’ont pas transcendé mais aucune ne fait figure de déception. Cependant, je ne peux que vous inviter à écouter prioritairement les albums de KETEV et James Place. Mais la sortie la plus puissante et celle qui nous intéresse ici est signée Ford Foster & William Watts.
Opal Tapes reprend le principe de la cassette où chaque artiste dispose d’une face pour démontrer son talent. A Ford Foster les honneurs. On sait peu de choses du bonhomme (là encore, c’est récurrent de la part du label), mis à part qu’il crèche du côté de Leeds. Mais autant avouer qu’on s’en branle pas mal à l’écoute de ses quatre titres. Dès les premières mesures de Beaten By A Gang, on pénètre dans un royaume techno brutal et frontal, étouffant un groove tenace. Tout s’effondre au bout d’une minute, lorsque Ford Foster, à la manière de ces abrutis de Spinal Tap, découvre que son ampli dispose d’un potard pouvant monter la basse à 11 (nouvel onglet). Plus rien ne sera comme avant, vous allez désormais encaisser et subir la baston à coups de chaine en métal. Le pire dans cette histoire étant que c’est jouissif au possible. Les 4 titres possèdent une énergie punk rarement entendue en techno. Clubbed In The Street porte fièrement son titre, laissant imaginer ce que pourrait donner une free party techno punk dans une ruelle crasseuse. Les murs tremblent et le goudron suinte, vous êtes noyés sous une basse goliath. Et tant pis si c’est gras et si ça attaque le foie puisque de toute façon le point de rupture est atteint.
Même combat avec William Watts. Cet obscur producteur semblant être le petit frère, enfermé dans une cave, de Ford Foster. La face B est tout aussi lourde mais pourtant plus club et plus narratif. La différence étant qu’un clavier vicelard demeure continuellement présent pour mieux nous faire trébucher. Entre la claustrophobique Eye Mush, l’ultra-compressé Palladium At Night = THETA et le rebondissant Skull Crusher, vous avez de quoi devenir définitivement sourd.
Opal Tapes tape fort une énième fois. Ce double mini album de Ford Foster et William Watts est tellement lourd et gras qu’il finit par vous étouffer. Et dire qu’en plus vous allez aimer ça ? Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se gaver en prenant du plaisir.






Brasser la merde
4 commentaires
Tur
Salut, superbe découverte ce label et très bonne chronique par ailleurs. Dans ta chronique tu parles de 2 ou 3 label techno suivis de prêt, tu penses auxquels ?
Merci d'avance pour ta réponse !
B2B
Les 2 autres labels à suivre méthodiquement actuellement sont : - L.I.E.S. Records - The Trilogy Tapes
Tu peux ajouter : Stroboscopic Artefacts, Northern Electronices, PAN et Prologue. S'en suit une tripotée d'autres labels mais je vais m'arrêter là, ça devrait déjà pas mal t'occuper.
Bobby
R&S Records, à l'ancienne
Ah
Gros coup de coeur, je suis ce label grâce à vous mais pas tant que ça puisque j'allais passer à côté de cette bombe atomique.
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