silent weapons for quiet wars

Pochette de Young Alaska

chronique · 22 avril 2014 · Techno / House

Christian Löffler

Young Alaska

par B2B

Les souvenirs s’estompent à mesure que les journées raccourcissent. Le spleen envahit la peau à mesure que la lumière s’adoucit. L’automne s’impose et son crépitement réduit le champ des possibles. Young Alaska dévoile alors ses envolées tremblantes et devient le partenaire évident de votre mélancolie saisonnière.

Christian Loffler (nouvel onglet) nous avait déjà fait le coup de l’album déchirant en 2012. A Forest en avait laissé plus d’un la larme à l’œil, sous le charme de partitions cristallines et molletonnées. Deux ans plus tard, rien n’a changé, Christian Loffler est resté un cœur sensible et Young Alaska, son deuxième opus, poursuit cette quête de l’étalement crépusculaire.

Entre Pantha du Prince et le meilleur de la techno-pop de Kompakt, Christian Loffler a décidé de ne pas choisir pour mieux tracer sa voix. On reconnaît la patte de l’allemand en quelques notes, inventant une mélodie toujours bienveillante, toujours confortable. C’est que Young Alaska se destine avant tout à une écoute oisive pour mieux en apprécier sa poésie.

Album court (8 titres – 40 minutes), ne laissant que peu de temps au remplissage inutile, Young Alaska maintient un haut niveau d’exigence dans ses arrangements. Tout est filtré dans un souci d’arrondir au maximum les angles : la basse est deep, les accessoires luxuriants. On est en terrain familier, à la merci d’une échappée précieuse. En ajoutant des murmures doux, c’est le spectre des souvenirs qui remontent péniblement à la surface. Christian Loffler n’en fait jamais trop, comprenant l’inutilité d’une montée trop accaparante pour mieux se focaliser sur l’équilibre général.

On se laisse mollement porter par Young Alaska, comprenant bien vite que tout ne sera que luxe, calme et volupté. Le cœur de l’album, se structurant autour de trois tracks de 7 minutes, Notes, Beirut et Roman, permet cependant au spleen de prendre progressivement l’ascendant. On est ainsi prêt à accueillir la voix suave de Gry (déjà présente sur le précédent album mais aussi chez Francis Harris) sur un All Comes techno-pop immédiat et superbe. La fin de l’album résonne alors d’une tristesse profonde mais cathartique.

Young Alaska accompagnera votre nostalgie avec prévenance, s’imposant dans votre esprit avec modestie. Christian Loffler peut poursuivre ainsi son chemin, on reste prêt à le suivre.

B2B

Brasser la merde

13 commentaires

  1. Oneselfieperweek

    Une petite anomalie s'est glissée dans cette chronique pour ce très beau disque. Si cet album est court c'est tout simplement parce que ça n'est pas un album mais un EP. Le second album est prévu pour l'automne prochain.

    1. B2B

      Second album jusqu'à preuve du contraire : http://www.residentadvisor.net/news.aspx?id=23654

  2. dam's

    Ce second de Löffler, c'est un peu pour moi ce qu'a été le Hinterland de Recondite pour vous (auquel j'ai carrément adhéré) : fort beau mais fort chiant. Moins accrocheur que A Forest en tout cas, peut-être moins évident.

  3. Rogojine

    mélancolie, sentiment de manque, de ce qui n'est pas abouti, quel plaisir de retrouver notre christian, celui qui nous avait doucement bercé l'été 2012, celui qui nous a fait danser au ptit bain en 2013, enfin on retrouve ce compagnon de route, égal à lui même, ses samples bienveillants, sa poésie. Merci à ces artistes de génie, francis harris, Leif, robag, ocoeur, vophoniq et autres musiciens qui portent en eux cette légèreté de l'être, ces mélodies réconciliatrices du corps et de l'esprit.

  4. Bobby

    Mt. Grace est une bombe

  5. Kefen

    Copier-coller de son précédent album.

  6. shadowbox

    Vraiment pas de quoi se taper le cul par terre, comme très bien dit, c'est du A Forest bis et puis j'ai beau essayer de lui trouver un style particulier au bonhomme, pour moi il ne fait que pomper des artistes qui avaient creusé le sillon d'une techno organique avant lui, Dominik Eulberg, Pantha du Prince et Max Cooper en tête. Alors oui c'est bien produit, mais ça s'arrête là.

    1. B2B

      Je ne peux pas vraiment dire le contraire. Mais bon, Max Cooper c'est quand même bien de la merde.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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