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chronique · 22 octobre 2012 · Post-Rock / Metal

Jessica 93

Jessica 93

Cela faisait un bon moment que l'on croisait fréquemment le nom de Jessica 93 à l’affiche des caves parisiennes dédiées à la musique qui n’intéresse pas grand monde. L’enjeu du passage sur galette était de taille : garder le côté DIY au détriment de la qualité sonore, gonfler un peu le tout quitte à rompre le charme, ou arriver à concilier les deux problématiques pour accoucher d’une réussite. Verdict ?

par Somath

Avant de répondre à la question qui vaut des millions, petite présentation de la force en présence. Derrière ce pseudonyme MSN d’une petite banlieusarde fan de Rihanna se cache Geoff, une des têtes pensantes du productif et talentueux label/collectif Et mon cul c’est du Tofu ? (nouvel onglet), également musicien pour quantité de groupes qui hantent ou ont hanté les souterrains de France et de Navarre, citons Les Louise Mitchels, Besoin Dead, Missfist et Mobylette Facile pour une brève introduction.

Pour la première fois, Jessica 93 (nouvel onglet) est l’occasion donnée à son géniteur de s’exprimer tout seul. Le créneau choisi ici pourrait être présenté comme la meilleure bande son d’un reportage sur les dessous de la prostitution parisienne. Dans les faits, cela se résume par de longues plages entêtantes menées par un riff répété à l’infini, une rythmique monomaniaque, et surtout, la volonté de travailler des ambiances plombées et plombantes malgré une vague lueur d’espoir présente dans les yeux du monstre créé.

Pour cela, Jessica a plusieurs flèches à son arc, mais la plus incisive a quatre cordes et sonne très grave. Et grâce à elle, je peux déjà répondre à ma question introductive : on a ici affaire à un savant cocktail basé sur un son crade et râpeux, se révélant puissant et résonnant, et servant alors d’assise parfaite pour le reste de l’instrumentation. Le reste, parlons-en. Que la rythmique soit interprétée par un homme ou une machine, le résultat est le même, ça file tout droit, c’est lourd et sale, mais ça marche parfaitement avec l’intention. Au rayon enluminures, les boucles de guitares permettent d’ajouter une couleur particulière à chaque morceau, une effluve orientale par-ci, une contemplation désertique par là, ou un dur mais beau retour à la réalité urbaine, cadre général du voyage proposé ici. La touche finale du chef ? Une voix gorgée de réverb saupoudrant l’ensemble d’un côté shoegaze très loin d’être désagréable.

Une fois les forces en présence jugées le résultat ne se fait pas trop désirer, notre banlieusarde préférée a réussi à passer du projet solo « moi, ma cave et mon looper » à un disque cohérent, puissant, et étrangement addictif. Sous ses allures de musique de secte rébarbative, le résultat est au final plus que facile d’accès. Si les ambiances de parkings et autres tunnels banlieusards vous manquent ou vous attirent, vous pourrez tenter le voyage gratuitement sur le site du label, ça serait con de pas en profiter non ?

Somath

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Tiste

    Du lourd , bien stoner comme on l'aime ! Ca me fait énormément penser à Mars Red Sky sans la voix planante par dessus . Anyway , une super écoute , on se laisse bien porté par les effets du guitariste sans pour autant comprendre où est-ce que l'on nous emmène . Pour autant le groupe n'a rien inventé et leurs musique même si bien réalisé , ne se différencie guère de ce que l"on connait déjà

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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