
chronique · 23 octobre 2012 · Post-Rock / Metal
Om
Advaitic Songs
Vos voisins vous prennent pour un terroriste ?
par Booboow
Pour le neuneu de base, Om (nouvel onglet), c'est l'Olympique de Marseille. Pour d'autres, plus beatniks, c'est une syllabe sanskrite hindoue qui sert de préfixe à toute prière. C'est la vibration naturelle de l'univers (un reflux gastrique du cosmos si vous préférez). Elle est souvent représentée par ce symbole (ॐ) que vous avez déjà pu voir sur le 3ème album de Soulfly et sur de nombreuses fringues au LSD de bab' puants.
Comme vous l'aurez compris, cet album sent un peu le patchouli, l'Ayurveda, les produits bio, les énergies renouvelables, le recyclage, et les habits faits main ... Ces conneries pour hippies aux cheveux longs et crasseux élevant des chiards qui rampent et jappent culs nus dans la forêt en suçant des chaînes (true story), ne nous servirons à rien pour atteindre notre but : l'élévation sonique. Ca sonne un peu New-Age je vous l'accorde, mais ce n'est pas pour autant qu'Om fait du Enigma, faut pas déconner. Plus besoin non plus de s'enfumer le cerveau de Sativa comme à l'époque Sleep (on en parlera pas, il est au sale), le salut s'obtiendra désormais par la connaissance et la méditation. Ouais, Ouais, rien que ça. La spiritualité se retrouve donc au centre du débat. Ne croyant en aucune religion, Al Cisneros (chant, basse) les mixe toutes à la sauce métal méditatif pour nous libérer de nos entraves physiques. Le titre de l’album fait référence à l’Advaita Védanta, précepte hindou auquel je ne comprends pas grand-chose. Si vous voulez vous faire une idée, vous connaissez internet.
Advaitic song s’ouvre avec Addis (référence à Addis Abeba, capitale du berceau de l'humanité, l'Ethiopie). State of Non-Return nous parle d’Anāgāmi (le 3eme des 4 stades de l'éveil bouddhique). Une fois cet état atteint, pas de retour d’entre les morts. On parle ici de réincarnation, pas d’invasion zombie. Gethsemane serait, selon la bible, une oliveraie où les apôtres auraient prié avant la crucifixion de Jésus (pas le portugais qui passe le balai en bas de chez vous, non). En parlant de voisinage… Vos voisins vous prennent-ils déjà pour un terroriste sonore quand vous écoutez votre groupe de doom préféré à fond les ballons ? Si oui, le début du morceau Sinai (le lieu où Moïse aurait reçu les Dix Commandements), vous fera passer pour un terroriste tout court ! Ne rasez donc pas votre barbe de métalleux après avoir écouté cet album. Vous risqueriez de vous retrouver à poil, dans votre appartement, à 6h du mat’, avec 4 mecs du GIGN pointant leurs flingues sur vot’ trou de balle fraîchement sorti de son lit douillet (true story again). Haqq Al Yaqîn c’est ‘la plus grande des certitudes’ pour les musulmans. Mais avant d’y arriver il faut être parvenu à la certitude ('Ilm Al Yaqîn), et à la certitude visuelle ('Ayn Al Yaqîn). Pourtant Om n’a pas encore composé ces 2 titres, ça va donc s’avérer coton.
Ce grand mix religieux s’entend aussi, bien évidement. A tel point qu’on se demande si on a inséré la bonne galette dans notre lecteur… Une douce voix féminine prie sur une instrumentation orientale... Elle est où notre basse ronde et lourde habituelle ? Aah la voilà sur State of Non-Return, seul morceau typiquement Omesque de l’album. L'introduction d'instruments classiques et orientaux (flûte, tamboura et violoncelle) amorcée dans le précédent album God is good arrive ici à son paroxysme. Pour appuyer le côté mystique de ce disque, violon et tablas s’additionnent aux autres instruments pour illuminer les nouvelles compositions du groupe. Ces changements sont d'ailleurs tellement énormes pour Om, que le duo s’est vu pousser une troisième paire de bras, pour pouvoir jouer ces nouveaux titres live. Le petit nouveau n'est pas inconnu au bataillon. Il s'agit de Robert A.A. Lowe A.K.A Lichens (voix, tamboura) ayant déjà collaboré avec le groupe sur God is Good. Autre réelle nouveauté, Al et Emil Amos (également batteur et multi-instrumentiste au sein de Grails) se sont mis au piano et Emil sort sa guitare pour égrener quelques accords hypnotiques (comme sur son projet solo : Holy Sons). Bref une instrumentation plus riche et variée qui rend la musique d'Om bien moins monolithique et linéaire que par le passé.
Les plus hérétiques et hermétiques d'entre vous retourneront à Variations on a theme tandis que les plus éclairés ouvriront leur troisième oeil grâce à Advaitic Songs.






Brasser la merde
1 commentaire
zguv
Addis-Abeba ;) Hum, sinon c'est la galette de l'année quoi.
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