
chronique · 12 décembre 2013 · Rock / Folk
Michel Cloup
Minuit dans tes bras
Le second single avait infirmé la couleur du premier. Si j'ai peur de nous, vieillirons-nous ensemble ?
par Cholette
Et si c'était par la fin que tout (re)commençait ? Ce cynique demi-tour portait en son sein une certitude définitive tranchant radicalement avec l'homme, cisaillé par les doutes, qui se livrait sur le splendide Notre Silence du duo. Dernier morceau de la tracklist du disque, il ouvre pourtant l'ellipse des paradoxes qui animent et dissolvent, détruisent mais inspirent : une piste à suivre pour se plonger dans les compositions bouleversantes de Michel Cloup, où la poésie simple ne serait être aussi belle qu'au service des blessures les plus profondes. Pas d'envers ni d'endroit si on sort ce poncif potentiel de son contexte, car sa saveur douce-amère s'exprime telle une cohérence dans le chaos, livrée par la chronologie d'une histoire, son histoire. La suite tant attendue, peut-être encore plus noire mais toujours non contenue. Résolu à digresser, il nous entraine dans une odyssée telle un combat contre les démons, que l'on pourrait imaginer sur vingt-quatre heures, balisée par les deux parties du titre épiphanique Minuit dans tes bras. Entre, le coma succèdera à l'ivresse, ainsi que les questions sans réponses à celles qu'il ne faut surtout pas poser, pour préférer, parfois, via les non-dits, suffoquer (Je ne répondrai pas... Nous vieillirons ensemble...) Invitée de choix, exhumée d'un titre de feu Diabologum, **Françoise Lebrun -**ici plus maman que putain -, surgit du passé pour l'espace d'une lecture, rassurer. Le sens se libère au prisme des césures des textes, le son hurle via les silences ponctués. Toute la beauté complexe n'existe qu'au gré des phrasés ou des rythmes, mettant en exergue la complicité achevée avec Patrice Cartier, elle même parfois contredite quand la verve poétique et mélodique se répète et reprend le dessus dans l'errance (Sortir boire et tomber).
Si personnel, et si universel pourtant. Les paroles prophétiques qui ouvraient son premier disque s'appliquent désormais à plus d'un, et Michel Cloup parvient superbement à transcender une nouvelle fois son intime, à l'intention des lieux communs de chacun.
"Une histoire, mon histoire. Universelle, banale. Mon histoire, notre histoire. Dans le creux de ton oreille. Ce n'est pas rien."






Brasser la merde