
chronique · 1 novembre 2012 · Hip-Hop / Rap
Numbers Not Names
What's The Price ?
Consonne. T. Voyelle. A. Consonne. N . Consonne. H. Voyelle. U. Consonne. P. Consonne. M. Voyelle. O. Consonne. H. Voyelle. I. Consonne. P. Consonne. T. "Touloum toum toum toum touloum toum toum, Touloum toum toum toum touloum toum toum..." - 12 lettres - Pas mieux - Hip-Hop Mutant
par Booboow
N'en déplaise à Laurent Romejko, on ne parlera ni de chiffres ni de lettres.
Ce sont surtout les noms plutôt que les nombres qui ont leur importance ici, d'ailleurs.
Voyez plutôt : Oktopus (Dälek) à la production et aux machines, Alexei 'Crescent Moon' Casselle (Kill the vultures) au chant, Mitch Pirès (NLF3/The Married Monk) à la première batterie et Chris Cole (Manyfingers/ Third Eye Foundation) à la seconde. Tout ce beau monde réuni sous la houlette de Stéphane Grégoire (boss du très bon label nancéen Ici D'Ailleurs (nouvel onglet)), déjà instigateur d'un très bel hommage au groupe Coil (inspiré par le projet du label 4AD 'This mortal coil') et intitulé 'This Immortal Coil'. Ce n’est pas le mot le plus long mais ce sera la phrase la plus longue, promis.
Le but avoué de Stéphane Grégoire en montant ce projet était de faire se frictionner deux types de musiques anti-establishment que sont le hip-hop et l'indus avec une énergie dancefloor. Ne vous effrayez pas… Ca peut faire peur décrit comme ça, mais en fait pas du tout. Seuls Deadlight, Cold war sounds et This will end badly sont à mettre de côté par leur aspect un peu trop... dansant, forcément (sans pour autant parler de booty shaking, hein). Sur Cold War Sounds, Alexei tente de nous faire bouger : "Everybody moves to the cold war sound", "Let's dance to the apocalypse". Pourtant musicalement ce n'est pas si cataclysmique que ça... juste énergique. Ca se rapproche plus de ce que fait El-P dernièrement. On vous en reparlera. Ou pas. Faut pas oublier qu'il est roux le bougre tout de même, Huh!
Revenons à nos moutons. Les beats et rythmiques sont sautillantes, okay, mais elles peuvent s’avérer dévastatrices, sur la fin de Numbers Not Names par exemple. Les compos du groupe sont bien meilleures quand la cadence se veut plus oppressante et lourde, telle une pulsation cardiaque rouillée et grinçante (Stand Your Ground). Ou comme sur What’s the price où ambiance évanescente et magma rythmique se marient à merveille.
On reconnait aisément la patte d'Oktopus à la production, qui une fois n'est pas coutume, cisaille des beats et atmosphères suffocantes et urbaines (Mimic the Mimic). Mais ici dans une version moins dense et écrasante que ses précédents travaux pour Dälek. Le flow old school d’Alexei, proche du spoken word, où chaque mot claque, se détache intelligiblement, s'immisce directement dans notre tête (My home is my headache). Tandis que le duel de batteries parle à notre corps, le groove sec de Mitch Pires se voit sans cesse parasité par le jeu plus libre de Chris Cole (Night train).
L'équation pouvait paraître complexe : réunir 4 artistes de milieux (pour faire court : Hip-hop, Rock et Electro) et d'horizons divers (USA, Angleterre et France) pour créer un groupe de hip-hop hors normes... Pourtant, les multiples facettes des membres de ce boys-band indé se fondent en une seule masse grouillante pour un résultat surprenant et compact. Seul bémol, l'efficacité est parfois trop privilégiée au détriment du reste. Hip-hop industriel plombé + flow proche du spoken word + rythmes entortillés + précision math rock + dance pachydermique = Numbers Not Names (nouvel onglet).
Le compte est bon, mon petit Bernard.
Il parait utile de préciser que ce projet n'est pas cantonné au studio. Une petite tournée est prévue en novembre, avec notamment plusieurs dates lors du festival Musiques Volantes (nouvel onglet) (à Montpellier, Poitiers, Tours, Metz, et Strasbourg) où l'aspect efficace du groupe pourrait prendre une toute autre ampleur... à confirmer !






Brasser la merde