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chronique · 6 avril 2013 · Techno / House

Omar-S

Thank You For Letting Me Be Myself

par B2B

C’est Fabric (nouvel onglet) qui va propulser Omar-S (nouvel onglet) sous les feux de la rampe. En 2009, l’américain Alex O. Smith officiait alors dans l’ombre de ses pères issu de la Motor City. Avare en interviews, l’homme se dévoilait peu (et c’est toujours le cas), se contentant d’abreuver de manière régulière ses fans par le biais de dizaines de maxis house/deep-house sortis sur son propre label, FXHE Records (nouvel onglet), depuis 2003. Et comme Omar-S prétend ne rien écouter d’autre que sa propre musique, il envoie un message clair à Fabric en refusant de playlister un autre artiste que lui-même. Ce Fabric 45 fera date, moins pour son résultat (un « album » aux qualités discutables) que pour son absence de compromis.

Omar-S est donc un mec qui refuse de courber l’échine. Il officie tranquillement dans son coin, se foutant des courants et des modes, ne jurant que par l’analogique pur et dur, tout en cultivant une haine envers les ordinateurs. Mais malheureusement, le mythe Omar-S vaut surtout pour le personnage et moins pour sa musique. Ainsi, en 2011, sortait It Can Be Done But Only I Can Do It, album certes agréable mais trop traditionnel, si ce n’est figé. On touche là le cœur du problème. Omar-S est sans aucun doute authentique et sincère mais sa musique flirte trop souvent avec le passéisme. Et ce n’est pas ce Thank You For Letting Me Be Myself qui va me contredire.

Pourtant, une certaine évolution s’observe d’entrée de jeu avec la techno compacte et claustrophobique de I Just Want. Mais le subterfuge n’est qu’apparent puisque c’est Luke Hess qui se charge du mixage (lui qui est coutumier d’une techno plus sombre comme le démontre le très bon Keep On, sorti l’an dernier). Passé cette surprise inaugurale, on retrouve le vrai Omar-S, celui totalement influencé par Detroit, le temps d’Air Of The Day, acid-house analogique prévisible mais avenante.

La suite ne fera que souffler le chaud et le froid, figeant l’album dans un vernis traditionnel souvent plombant. C’est ainsi que l’on commence à s’ennuyer poliment un morceau sur deux. Omar-S varie pourtant les plaisirs en s’essayant par deux fois (Hellter Shelter et Tardigrade’s) à la techno -mollement- organique. Parfois, mais trop rarement, l’émotion supplante l’hommage (Amalthea et Thank U 4 Letting Me Be Myself). Dans ces moments, on ferme les yeux et on s’imagine alors plongé dans un club décrépi de Detroit. En achevant son album par une douce escapade house (Its Money In The « D »), l’américain sauve les meubles et nous laisse sur une bonne impression. Mais ne soyons pas dupe, Omar-S a beau tenter de nous charmer, son album n’en demeure pas moins pantouflard et peine à marquer les esprits.

Omar-S est un producteur intransigeant avec lui-même et nul doute qu’il a mis tout son cœur et ses tripes dans cet album, mais à trop jouer avec les traditions, on finit par tomber dans le conservatisme.

B2B

Brasser la merde

11 commentaires

  1. LL COOL J

    Mais quelle pochette !

  2. julienl

    Pochette trop cool et disque trop chiant. Il y a quelques années, Omar-S était quand même capable de pondre des tracks bien sales et bien déviants (sur Just Ask The Lonely). Aujourd'hui, c'est vraiment l'autoroute...

  3. simon

    Franchement vous êtes pas sérieux..j'ai seulement écouté la track thank U 4 letting me be myself, et c'est difficile d'imaginer une track qui surpassera ça cette année!

  4. frank

    Je ne suis pas du tout d'accord avec votre avis, c'est un album définitivement house et il faut arrêter de croire que parceque ca vient de detroit ca doit être techno et bourrin. Effectivement comme releve simon, je doute que cette année des tracks comme Thank U 4 Letting Me Be Myself sortent à la pelle. J'ai par ailleurs vu Omar S à la machine et il nous a offert un set retro house bien underground, courant qui revient à la mode grave sur tous les styles, cf la deep house actuelle. Mais parler de conservatisme...vous n'aimez pas la house c'est tout...

    1. B2B

      Oui voilà, on n'aime pas la house, on kiffe que les trucs bourrins.

      Plus sérieusement, tu devrais lire nos chroniques house sur le site et tu verrais à quel point on peut l'aimer justement. Rien que la semaine dernière, on a parlé du mix de DJ Sprinkles qui est un pur mix retro house, gorgé de soul et de jazz. Là, pour le coup, on frôle la perfection. Concernant Omar-S, si tu lis bien la chronique, j'explique que l'album est passéiste mais je ne dis pas qu'il est mauvais, notamment lorsque l'on isole quelques morceaux (dont justement le mélancolique et superbe "Thank U 4 Letting Me Be Myself"). Le problème c'est qu'il y a au moins la moitié des tracks qui sont des autoroutes house plombantes au possible. Et concernant le revival house retro, mouais. On observe plutôt une réappropriation actuelle des codes house par la scène européenne (et prioritairement UK).

  5. julienl

    Non mais vous êtes mignons avec "Thank U 4 Letting Me Be Myself", mais vous avez écouter ce son dégueu ? Sérieusement, ça ressemble plus à un gamin qui fait ses premiers essais sur Reason qu'à un baron old-school. Je trouve vraiment le son de cet album très moche, et pour le coup pas du tout passéiste : juste laid.

    Si vous l'avez pas fait, outre le Dj Sprinkles évidemment, jetez une oreille au mix de John Swing publié la semaine dernière sur Resident Advisor. C'est ça, pour moi, la vrai house : http://www.residentadvisor.net/podcast-episode.aspx?id=357

    1. yoyo

      C'est très laid John Swing, je préfère encore Omar S avec son album "très moche".

  6. julienl

    La boucle est bouclée, donc :)

    1. to die and let live

      La boucle est bouclée, et la merde brassée.

  7. yoyo

    Superbe maxi sorti sur L.I.E.S records: Florian Kupfer - Lifetrax: http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=CHJ8R0k1VYM Les quatres titres sont excellent pour ma part...

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