silent weapons for quiet wars

Pochette de Weirdon

chronique · 30 octobre 2014 · Rock / Folk

Purling Hiss

Weirdon

Une petite backroom d'un club de Philadelphie par une fraiche soirée de printemps. Une légère brise parfumée contraste avec le stupre et la crasse des banquettes délabrées de la pièce confinée. Un fond de rock'n'roll huileux caresse les oreilles de nos bien étranges convives. La passion et le désir se ressentent dans les yeux de J Mascis, Lou Barlow, Stephen Malkmus et Neil Young assis les uns a côtés des autres, se caressant les genoux de leurs blue-jeans émoussés, s'échangeant de drôles de regards complices. Des petits anges au faciès de Rivers Cuomo s'ébattent dans un nuage enfumé tirant des petites flèches d'amour vers le quatuor. L'inévitable se produisit alors...

par Manu

Interdit par la rédaction d'évoquer dans les détails les tenants de cette histoire, je peux néanmoins vous en conter les aboutissants. Loin de moi l'idée de caser tout le name-dropping dans une mini-fable salace, il faut comprendre ici que la nouvelle sortie de Purling Hiss (nouvel onglet), un an après son excellent Water on Mars est non seulement assez intéressante pour justifier le recours à un tel procédé narratif, mais également pour faire appel à des noms si ronflants, pouvant assumer la paternité officieuse de notre trio de Philadelphie.

D'un projet à l'origine porté par le seul Mike Polizze durant quatre année, on arrive aujourd'hui à un power trio qui, il faut le reconnaitre, nous parait sous-estimé. Sous estimé pour plusieurs raisons. Tout d'abord à l'occasion de ce Weirdon, septième sortie depuis 2009 (prends ça Ty Segall) il faut souligner le travail d'orfèvre guitaristique et la dévotion totale de Polizze à son instrument. Tout à la fois électrique ou accoustique, la guitare y est bichonnée malgré la nonchalance et le je m'enfoutisme flagrant de mélodies qui n'auraient parfois pas dépareillées dans l'OST de "Ten Things I Hate About You" (ouais, Heath Ledger et Joseph Gordon-Levitt dans le même film tu te rappelles ?)

On retrouve donc ces chansons tubesques entêtantes, ces solos enflammés que n'auraient pas reniés J Mascis (Forcefield Solitude), ces refrains directs, efficaces au chant dicté à la Pavement (Sundance Saloon Boogie), ces chansons folk électrique Neil Youngienne (Another Silvermoon) mais également les mélopées chères à Sebadoh (Aging Faces) voir carrément à des trucs plus garage/blues type Greenhornes (I Don't Wanna Be A...)

Là ou le bât blesse - vous vous en douterez à l'énoncé de ces (trop ?) nombreuses influences - c'est que l'album ressemble au final à une collection de superbes chansons sans véritable cohérence. Passer de la toute posée country-folk song Reptili-A-Genda à la garage Where's Sweetboy n'est pas sans troubler quelque peu. On ne demande pas que ca pète tout le temps, loin s'en faut, mais un peu quand même. On ne demande pas que tout soit lisse, plat et épuré, mais quand on retrouve un fil conducteur un minimum défini ça aide quand même à ne pas perdre sa concentration et son énergie.

Alors ouais chaque chanson maitrise son registre à la perfection, et la plupart font même diablement vibrer notre fragile coeur lo-fi d'adulescent trentenaire, mais si le trio a en évidence un talent fou pour construire des mélodies et magnifier la six cordes, on continuera de penser qu'un grain d'homogénéité en plus n'aurait pas été de trop dans une recette qui ne demande qu'à être goutée par un plus large public.

Manu

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Dagon

    Super efficace, passe en boucle depuis ce matin.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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