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Pochette de Communion

chronique · 7 janvier 2016 · Musiques électroniques

Rabit

Communion

par Lexo7

On ne sait presque rien du jeune homme planqué derrière le projet Rabit, si ce n'est qu'il est natif du Texas, qu'il se nomme Eric Burton, qu'il a sorti plusieurs petites galettes dotées d'un intérêt discutable et qu'il a les esgourdes tournées vers la Grande Bretagne. Malgré mes profonds à priori sur presque tout ce que valide Pitchfork, sur Tri Angle en général malgré la jurisprudence Vessel, et sur tout ce qui se voit apposé de la mention Grime ou Uk Bass, j'ai laissé la druckerite l'emporter sur l'aigreur et le mépris. Bien m'en a pris.

On ne répétera jamais assez qu'à notre époque, plus que rares sont les artistes qui inventent encore quelque chose. Ceux qui se distinguent de la masse et parviennent à sortir un truc ont souvent de la chance, à défaut d'avoir tous du talent. La chance de tomber sur un label sérieux et réseauteur qui saura les détecter et les mettre en avant. La chance que la mayonnaise prenne sur l'air du temps. TMTC.

Sans lui faire ombrage une once d'instant, on peut tranquillement affirmer que plein de petits Rabits potentiels sont là, dans leur chambre à geeker sur Max/Msp et/ou Ableton, attendant que leur heure vienne. Elle viendra, peut-être, mais pour le succès après la sortie, c'est encore autre chose. Car après un nombre conséquent d'écoutes répétées, le succès de Communion ne doit pas grand chose à la chance ni au hasard. Et si son auguste géniteur a écouté énormément de musique avant de publier la sienne, exposons sans risques qu'il a parfaitement digéré ses nobles influences pour ici en proposer une synthèse originale assez impressionnante. Alors bien sûr, les plus de 30 ans diront que c'est de la musique de jeunes qui sera oubliée dans deux ans. C'est pas faux, mais c'est l'époque qui impose ça, et ceux qui l'ont compris sont au fond plus lucides que cyniques.

Trève de palabres, expliquons dès maintenant pourquoi l'album du jour ne vole pas son succès. Parce qu'il est intelligent, bien sûr, extrêmement bien produit, aussi, et surtout parce que, fait rarissime, il fédère copieusement sans faire la pute. Parce qu'il assume et maîtrise parfaitement l'exercice du format court, et ce même si je peine toujours à comprendre pourquoi de tels techniciens s'évertuent à conclure leur tracks dans un vulgaire fade out. Pour être moi même parfaitement pragmatique, je décrirais Communion comme du Ad Noiseam de droite, une synthèse républicaine et bien peignée d'une décennie de bass music infusée dans un terreau industriel.

Rythmiquement c'est implacable, ça a le mérite de pas péter plus haut que son cul et d'être, par exemple, plus subtil et moins pédant qu'un M.E.S.H dans sa manière de bander les biceps de composition. Ainsi pourra-t-on lui reprocher de placer la ligne de synthé qui va toujours bien (Snow Leopard), d'intégrer des voix à la Volor Flex (ou Burialiennes, par extension originelle) sous ses strates fracturées (Artemis), d'accepter d'être enfin "bête et méchant" sur le très efficace Flesh Covers the Bone ou de s'adonner à la bass music toxique et moderne sur le bien nommé Burnerz ?

Même si ça m'écorche les phalanges de l'écrire, c'est plutôt rassurant de savoir que "le jeune" affectionne la musique de Rabit plutôt que se branler dans du drone ou rédiger des pavés universitaires sur l'atonalisme. Loin, très loin d'être ma came de tous les jours, je ne peux néanmoins nier que l'américain excelle dans la synthèse. Et la synthèse en 2016, c'est ça qu'il veut le jeune.

Lexo7

Brasser la merde

1 commentaire

  1. ColdJets

    "Malgré mes profonds à priori sur presque tout ce que valide Pitchfork" Et du post-hipsterism bien bas de plafond, c'est ça qu'il veut le lecteur de swqw pour commencer 2016.

    Bonne review sinon

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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