silent weapons for quiet wars

Pochette de Undefined

chronique · 20 mai 2013 · Drone / Ambient

Richard Chartier & Yann Novak

Undefined

Fendre le bruit non pas en haussant le ton, mais en parlant plus bas. Mieux se faire entendre en approchant les lisières de l’audible, en tranchant dans les certitudes selon les pointillés mouvants des ondes sonores.

par Aurélie S.

Du doute, de l’indéfini. L’album est dédié « aux incertitudes de Los Angeles ». Une ville où vit depuis quelques années Yann Novak qui s’associe pour la première fois avec Richard Chartier sur Undefined. Deux artistes majeurs déjà évoqués cette année dans nos lignes au détour du Blue Hour de Yann Novak ou d’Aurora Liminalis, fruit de la collaboration de William Basinski et de Richard Chartier. Ce dernier a également sorti deux albums sous le nom de Pinkcourtesyphone l’année dernière, l’un sur son propre label Line, et le second chez Room40.

Si ces deux artistes se réunissent aujourd’hui sur le label italien Farmacia901 tenu par Fabio Perletta, c’est en tentant de s’extraire de tout concept pour se focaliser sur l’acte d’écoute. Car plus que tout autre, c’est un album qui réclame concentration et attention. Un album qui chuchote aux oreilles de ceux qui savent se défaire de tout, hormis peut-être d’une attente, ou d’un visage.

Yann Novak et Richard Chartier font ainsi chanter leurs fréquences légèrement en deçà du volume qui pourrait être attendu, sollicitant l’implication totale de l’auditeur. Ils entament également les extrémités fréquentielles, faisant miroiter les aigus dans une nappe de basse fréquence à la respiration d’inquiétude et d’apaisement mêlée. Un peu plus loin, ce sont des fluctuations de courant électrique qui viennent crépiter dans l’intervalle entrouvert par les ondes. Espace dissous, et lumières vacillantes. Marcher le long des nervures des nuits et des jours.

Interrogeant les notions de limites, ce disque s’offre sans explication ni interprétation et laisse suffisamment d‘équivoque pour n’en exclure aucune. Quand les point de repères disparaissent, que reste-t-il ? La présence physique et opiniâtre des sons, même sur le bord de l’évanouissement.

Sur une piste unique de près de quarante minutes, Undefined force l’écoute et le respect, en travaillant la porosité du corps aux échappées du spectre sonore.

Aurélie S.

Brasser la merde

1 commentaire

  1. lamuya-zimina

    Très bel article !

    J'aime beaucoup ce que fait Richard Chartier en général : ) Du moins ce que je connais de lui pour le moment… soit [i]Incidence[/i], long voyage à travers des structures presque vides et mystérieuses, et [i]A Field for Mixing[/i] (huit [i]field recordings[/i] donnés d'abord à écouter tels quels, puis modifiés et assemblés en une seule composition de 22 minutes). [i]Undefined[/i] m'a l'air très bon aussi, je vais me procurer ça !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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