
J’avais mis beaucoup de temps avant d’écouter le premier Terra Tenebrosa. Bizarrement, le retour de Breach me faisait plus fuir qu’autre chose, de peur de retrouver un vieil amour terni se débattant tant bien que mal pour faire revivre les fantômes du passé. Une fois l’appréhension franchie, The Tunnels, bien qu’un peu jeune et longuet, avait été une bonne surprise, une grosse claque, et une plongée abyssale peu commune.
Du coup j’attendais The Purging au tournant, et histoire de faciliter les choses, il reprend les hostilités là où son grand frère les avait arrêtées : l’humanité est décimée, des créatures masquées terrorisent les seuls survivants qui n’ont plus d’autres solutions que de crier, ou sombrer dans la folie.
Seulement, une fois l’apitoiement passé vient le temps de l’action et de la révolte. The Purging est donc plus rentre-dedans et dans un sens plus breachien (The Compression Chamber, House Of Flesh), mais tout en gardant l’ambiance mortifère collant à la peau de ce projet. Combinée à un soupçon supplémentaire de violence et d’engagement, l’horreur se fait alors très souvent beauté, et le tumulte se transforme en coup porté en plein cœur de l’auditeur, mettant par la même occasion tous les Cult Of Luna du monde à terre dans cet exercice.
Pourtant, la technique est la même qu’auparavant, à savoir une batterie lente et répétitive, parfois aussi complètement chaotique, des riffs de plomb, des synthés torturés, et une voix artificiellement rendue inhumaine pour lui donner la force de conduire la masse instrumentale vers les hautes sphères de l’intensité musicale. Et plus que le gain d’un côté direct et accrocheur, ce qui fait la différence ici est le recul et la maturité. La maîtrise de la dynamique et de la durée est alors totale, et il ne nous reste alors plus que nos oreilles pour pleurer d’émerveillement (Black Pearl In A Crystalline Shell, et surtout Disintegration).
The Purging représente alors plus qu’une réussite, c’est l’achèvement d’une démarche entreprise il y a bien longtemps pour proposer une noirceur schyzophrène à la fois contemplative, plombante, mouvante, et percutante. A l’heure où d’anciens Breach sortent de l’ombre, cette fois-ci à visages découverts via The Old Wind, curieuse et agréable madeleine de Proust néanmoins vite lassante, il est intéressant d’observer de façon si évidente toute la dichotomie d’un des plus grands groupes de tous les temps. On se rend alors facilement compte de la part qui, depuis toujours chez eux, passionne, fascine, et perturbe.






Brasser la merde
9 commentaires
dataichi
Rholala quelle déception, le son de Breach avec une voix et une imagerie morbide façon black métal, je me déguise pour aller jouer dans les bois avec mes copains puceaux, je vomis du sang tout ça... C'est un peu trop loin du simple plaisir rock'n roll pour moi, je ne me remettrais jamais de la disparition de Breach j'en ai peur...
Somath
Du coup tu devrais apprécier le premier The Old Wind (que des ex-breach plus le gourou de The Ocean) à paraître dans le courant du mois, j'en parlerai sous peu ici bas. Beaucoup plus "simple rock'n roll" que TT, mais du coup pas suffisamment aventureux pour moi ..
dataichi
Ah merci du tuyau ! Tu sais si le chanteur est de la partie ?
Somath
Oh oui, et d'ailleurs c'est ça qui rend ce disque des plus agréables... (car il est encore meilleur qu'à l'époque)
dataichi
slurp.
zaaaab
The Old Wind bien que fort sympathique n'arrive pas à la cheville de Terra Tenebrosa. c'est qu'un Wil Haven like en plus mélodique.les combinaisons de guitares si bandantes des albums de Breach se retrouvent à chaque recoins des albums de TT et leurs évidente "blackisation" est du meilleur effet à condition bien sur d'avoir compris l’intérêt du black sinon forcement on va vomir dans la foret etc ....sinon juste histoire de relancer la polémique le dernier Cult Of Luna est monstrueux comme tous leurs précédents albums et il est évident que l’élève à dépassé le maître Neurosis est un cran en dessous. voila maintenant on va pouvoir s'étriper......ou pas
Somath
Je savais bien que ma petite pique gratuite te ferait rappliquer, mais en dehors de la discorde habituelle je suis bien d'accord avec toi.. (et le dernier Neurosis est pourri hein, tout comme le précédent)
cvlthunter
vous êtes mignons, cette vague "blackened" "shoegazed" "neocrust" posttalmé est parfaitement inoffensive. mais c'est la tendance cvltnation et cie, ça finira par passer, tout comme le post-willhaven l'an dernier, et le post-neurosis il y a quelques années... au sujet d'ailleurs de neurosis/cult of luna... hahaha. cult of luna. ces poseurs slimisés qui font le même album depuis salvation, allons. neurosis ? visiblement vous n'arrivez plus à les suivre, comme 90% des imbéciles qui attendent un retour aux sources qui n'aura jamais lieu, au juste, neurosis ne fait plus de "posthardcore", là est la différence
Somath
Post Hardcore ou pas on s'en branle, les deux derniers sont chiants c'est tout.
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