chronique · 6 mars 2013 · Expé. / Modern Classical
Micah Gaugh Trio
The Blue Fairy Mermaid Princess
par Cholette
Il arrive parfois d'avoir des envies évadées.
Quand le réconfort des allées balisées de nos chapelles préférées est éculé, l'asile dans la valeur refuge d'un label apprécié devient tout approprié, pour élargir son horizon, tout en sachant le risque mesuré.
Une nouvelle sortie d'Africantape arrive ainsi à point nommé, quand des promesses évasives d'un ailleurs radical nous sont amenées : nul besoin d'en savoir plus, tout juste laisser tomber nos a priori confortables et routiniers. L'opacité promise sera pourtant première a s'évanouir comme un songe, à l'écoute de l'album au titre enchanteur de Micah Gaugh - The Blue Fairy Mermaid Princess. Nul davantage besoin d'érudition ou d'écoutes acharnées, juste saisir le fil et se laisser guider, détaché puis conquis, et happer cette bouffée d'air salutaire. Que les éclats laissent passer la lumière !
Gimmicks jazzesques ou réminiscences de romances cinématographique d'après-guerre, l'onirisme parfait est ici calibré pour être démonté, la plénitude promise à un chaos bruitiste et compulsif. D'élucubrations cuivrées en percussions cacophoniques, la voix lointaine de Micah gaugh nous appelle parfois, nous pousse à tendre l'oreille, vers une introspection projetée aux réalités de l'écoute : la liberté d'inclure des conversations futiles saisies à la volée semble rompre le dialogue interne de l'entité. Ils ne sont plus seuls, le trio est habité. Le sommes-nous? L'invitation tourne à la dérision. D'une ode à la clope aux obsessions d'un quotidien borderline désavoué, la clé de voûte de ce travail réside malgré tout dans l'espace investi.
Que dire alors du temps passé? De quatorze heures d'enregistrement, quarante cinq minutes ont été sélectionnées, et c'est à présent que le mystère pointe son nez, avide des reliquats mis de coté.
Jamais on aurait vu une telle curiosité aiguisée si derrière des contreforts savants ce disque avait été calfeutré. Désormais captivés, on réécoutera souvent ces pistes salutaires comme autant de bulles d'airs, qui n'auront cesse de se promener, de notre cerveau à notre cœur et de notre cœur à notre cerveau, dans les tréfonds de nos solitudes partagées, à l'assaut de territoires sensibles encore insoupçonnés.






Brasser la merde
4 commentaires
Flach
Pour ceux ou celles qui souhaitent écouter, il y a des extraits sur Soundcloud: https://soundcloud.com/5rp/sets/micah-gaugh-trio
christophe
En intégralité ici : http://africantapegroup.bandcamp.com/album/the-blue-fairy-mermaid-princess
nic
merci
cHOUCROUTE
maGnifique cette chronique chantée
la suite, depuis 2026