
Theo Parrish, 20 ans de carrière au compteur, pionnier de la deep-house de Detroit. Theo Parrish, l’homme intègre, soucieux de faire perdurer l’héritage soul-jazz dans la dynamique house. Theo Parrish, l’icône. Theo Parrish qui sort fin 2014, American Intelligence, son 4ème véritable album solo.
L’homme s’est toujours fait rare sur LP, préférant sortir régulièrement des EP sur son propre label, Sound Signature (nouvel onglet). Et comme il se moque des critères marketing en vigueur actuellement, Americain Intelligence c’est 15 titres pour 2 heures, 15 titres longs, répétitifs et moites (pour la version CD du moins, en vinyle, il faudra se limiter à 9 morceaux).
C’est que Theo Parrish en a des choses à nous narrer, sur sa ville, sa musique, son évolution et sa dynamique. Lui en tout cas, n’a rien changé depuis ses débuts. Sa house sonne toujours aussi live et décomplexée et dégage encore un groove imparable, nourri aux traditions.
American Intelligence est un album de deep-house, vous vous en doutez, profondément subtil et exigeant. L’idée derrière ce long parcours étant de souligner l’oxymore formé par le titre. C’est ainsi que Theo Parrish pousse la répétitivité à l’extrême pour faire naitre de cette hypnose non pas un état-second mais un semblant d’évolution. Les titres sont longs, dépassant souvent les 10 minutes, et plongent immédiatement l’auditeur dans une dynamique 4x4 avant de lentement et progressivement jouer sur de maigres transformations. Ces dernières happent les pensées et l’organisme, vous amenant à vous libérer. On pense notamment au percussif beat afro-futuriste de Fallen Funk, à la voix entêtante de Make No War, aux triturations robotiques d’Helmut Lampshade ou à la rythmique breakée du chicogoan Footwork. Le paradoxe de l’American Intelligence est effectif, l’oxymore créatrice d’un nouvel état.
Mais le maître n’en oublie pas pour autant le groove, puisant pour cela dans tout un héritage soul issu de la black music. En effet, pour lui, il est primordial de réussir à rassembler musiciens traditionnels et musiciens modernes. Cela passe donc par la notion de groove, propre à la texture rythmique, dont le but est de produire une sensation unique ou l’écho résonnera pour tous. Theo Parrish cherche continuellement le groove le plus intact, amenant ses machines à produire un son clair mais lourd, tout en introduisant des éléments propre au jazz (la guitare du séminal et glorieux Be In Yo Self, l’abstraction free de Tympanic Warfare) ou à la soul (les vocalises lancinantes d’Ah). La deep-house de Theo Parrish est autant souple que spirituelle, s’enveloppant dans une enveloppe charnelle unique.
La sincérité d’American Intelligence est remarquable. Theo Parrish ne joue pas dans la même cours que les autres producteurs house. Il est clairement dans la catégorie des maîtres. Ses créations réussissent à être aussi exigeantes qu’elles sont dansantes, il arrive à tout syncrétiser dans un seul et même album, morceau, instant. Respect.






Brasser la merde
4 commentaires
Globule
pas de version Flac j'ai l'impression... ??? si ? non ? putain le vinyle coûte 40 livres. ça fait réfléchir... une tuerie en tout cas, merci.
driewkat
Aaaaaah ça nettoie les oreilles ça :D Et des morceaux longs!!! Merci !!! Je commençais à me dire que c'était fini le format long avec tous ces albums "zapping" où on enchaine les titres de 2-3 min... Après un premier survol rapide, j'ai une petite préférence pour Life spice
Globule
le clip de footwork est merveilleux, je ne m'en lasse pas. la classe.
damien
Insupportable...
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