
J’avais adoré en 2012, le premier album de Session Victim (nouvel onglet) (critique ici) parce que généreux avec son groove euphorisant. Le tube Dark Sienna (nouvel onglet) me sert d’ailleurs inlassablement pour dynamiter une soirée. C’est qu’avec le duo allemand (Hauke Freer et Mathias Reiling, bloqués du côté de Lüneburg), la recette est d’une arrogante simplicité : un bon beat, un thème linéaire et surtout une bassline funky qui vous colle le sourire dès les premières secondes. Tous les titres fonctionnent de la même façon avec une progression certes balisée mais où l’on succombe en bougeant son cul à chaque fois avec plaisir.
See You When You Get There vient de sortir et de prime abord, j’étais peu tenté par l’expérience, de peur de la redite et de ne pas être raccord avec la saison et mon envie de groove qui se dissipe avec le froid. Mais j’ai finalement craqué, à raison. Je vais d’ailleurs être clair immédiatement : See You When You Get There est un copié-collé du précédent album… mais putain que c’est bon !
Le duo a enregistré l’album entre Hambourg et San Francisco, passant son temps dans les caves à vinyles (dont bien entendu celle du mythique Amoeba (nouvel onglet) à SF) à la recherche du sample idéal, du riff dynamite, de la boucle disco rebondissante. Car Session Victim construit ses morceaux comme les bons vieux turntablists de la grande époque 90’s, cuttant à tout va, isolant tel beat et tel clap. Mais pour éviter la démonstration de style, le côté digger s’arrête ici, avec la recherche du groove élastique parfait. Le duo peut ensuite passer à la deuxième étape consistant à se saisir de ses synthés, guitares et boites à rythmes afin de tout malaxer pour arriver à livrer un tube house immédiat.
En 11 titres, Session Victim s’éclate à nous éclater. Never Forget mélange Theo Parrish et Cuthead sur fond d’une mélodie jazz au piano antidépressif. Make People Dance roule sa basse, faisant tranquillement monter la sève. Stick Together lorgne vers la disco-house version Todd Terje, en plus modéré et donc fondamentalement plus fréquentable. Do It Now envoie un riff funk digne de son mentor, Dark Sienna, et permettant ainsi de lâcher la bride. Hey Stranger joue au soul-lover sur une rythmique alanguie. Chaque morceau raconte ainsi son histoire. Aucun faux pas entendu.
See You When You Get There saura vous remonter le moral comme aucun disque sorti cette année. On ne parle pas ici de génie de la part de Session Victim mais simplement de deux mecs dont le sens du groove et la musicalité priment avant tout. Chez eux la bassline domine chaque titre, les autres éléments ne tentant jamais de la supplanter. On ne s’embarrasse pas du superflu, on se contente de l’essentiel. Ne vous prenez donc pas la tête, tout va bien se passer.






Brasser la merde
6 commentaires
Jacky
Et si on préfère le dernier Ruckus Roboticus?
granmastertaipan
De quel album parle-tu ?
miozoim
Putain qu'est-ce que ça fait du bien ! Merci pour la découverte !
Coronus
B2B j attendais ta critique de cet album que j ai adoré avec impatience,je ne suis pas decu et te rejoins a 100% ces mecs n inventent rien mais quel groove!irresistible! Merci pour les perles que tu m as fait decouvrir ,avec le reste de l equipe dont ce cher lexo
CLERGET CYRIL
C'est vrai qu'il est pas mal du tout l'abum, dommage qu'il est plus a vendre en vinyle, du moins sur discogs.
Je viens de decouvrir le site, tres bon site et chroniques. C'est marrant, en house/soulfull house/garage, tres peu de bons albums arrivent et c'est bien domage (le Todd Terje, je n'ai pas du tout aime aussi). Je viens de decouvrir le 1er album de Lindstrøm & Prins Thomas – Lindstrøm & Prins Thomas, qu'en pensez-vous. Prins Thomas qui sort bientot une superbe compil apparemment: paradise goulash. A+
B2B
Prins Thomas c'est un peu moisi maintenant. Je garde souvenir d'un bon 1er album, un trip krautrock qui tenait la route. Depuis, c'est clairement moins intéressant.
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