
chronique · 29 janvier 2013 · Techno / House
TM404
TM404
Le revival autour des mythiques synthétiseurs/séquenceurs Roland n’en est pas vraiment un. Jamais ces petites machines n’ont pu réellement quitter l’imaginaire électronique collectif. On les voudrait figées alors qu’elles sont parties prenantes de l’évolution en cours. On les pense obsolètes alors qu’elles sont éternelles.
par B2B
Le suédois Andreas Tilliander (nouvel onglet) est coutumier des questionnements et recherches sonores. Depuis ses premiers albums sur l’exigeant label Mille Plateaux (nouvel onglet), Andreas trace son sillon en solitaire, batissant une discographie à l’ossature trébuchante entre techno et glitch. Pour ce projet autour des instruments Roland (nouvel onglet), il a opté pour le pseudo TM404. Et c’est loin d’être anodin. Car si vous connaissez la TB-303, la TR-606 et j’en passe, qu’en est-il de la 404 ? Inconnu au bataillon. Et c’est Andreas Tilliander qui l’explique le mieux (pour une fois qu’une anecdote vaut le detour, on ne va pas s’en priver) : “ When they made these machines in the eighties, they avoided the 404, since the sound for four, ‘chi’, is the same as the soud for death in japanese. At that time it was therefore taboo and the 404 was never launched. Not until now, due to my album!” Vous saisissez mieux désormais.
TM404 a été composé entièrement à l’aide de ces petites bêtes et plus précisément via la 202, la 303, le 606, la 707 et la 808. Le principe étant de proposer des variations sonores en jouant simultanément avec plusieurs séquenceurs. Là aussi, Andreas s’est imposé comme contrainte la prise unique et l’absence d’arrangements post-opératoires (je vous laisse découvrir les vidéos de ces enregistrements).
Le résultat en impose par son rendu sonore incroyable. La moindre écoute au casque ou sur un matériel hi-fi digne de ce nom ne pourra que vous en convaincre. La pureté sonore des Roland trouve ici un écrin à la mesure de sa légende. L’immersion est imparable, vous vous retrouvez au cœur des machines à tenter d’en saisir la moindre aspérité, le moindre grain. Le tour de force d’Andreas étant de proposer des structures non-linéaires mais pourtant doté d’une véritable âme. Le bidouillage de geek tant redouté s’efface au profit d’une ambient-dub non schématique. On en oublie les redoutables et prévisibles lignes acides car c’est l’ensemble qui fait corps et non le détail qui marque l’esprit.
TM404 est une expérience déstabilisante tant elle est organique et palpable, notamment lors de l’ouverture, 303/303/303/606, et la clôture de l’album, 303/303/303/303. Mais c’est lorsque Andreas ajoute un léger beat que le projet prend réellement vie. Sous l’impulsion lancinante d’une pulsation cardiaque, 202/303/303/303/606/606 ou 303/303/303/303/707/808 vous enveloppent littéralement pour vous placer dans un état semi-comatique des plus délectable.
Véritable terrain de jeu pour bidouilleurs, les Roland ont trouvé un prêcheur en la personne d’Andreas Tilliander. TM404 est un album qui fascine autant qu’il trouble. Rarement les machines n’ont semblé aussi vibrantes et les pulsations qui les accompagnent risquent bien de vous poursuivre longuement.






Brasser la merde
1 commentaire
Globule
vraiment excellent ! à peine en-deçà de Varg.
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