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chronique · 23 janvier 2014 · Techno / House

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Halha: 20 Years of Downwards

par B2B

Parce que vous pensiez que pour fêter ses 20 ans, le label Downwards (nouvel onglet) allait sortir une compilation best-of ? C’est mal connaître la clique de Birmingham s’agitant autour du père fondateur, Regis (aka Karl O’Connor, connu aussi pour être la moitié de Sandwell District). Downwards a toujours malicieusement fuit une quelconque catégorisation car Downwards préfère nager à contre-courant plutôt que suivre les vagues. Depuis 20 ans, le label a ainsi dynamité les cases pour passer d’une techno rugueuse à un post-punk industriel, d’une afro-noise rageuse à un drone abyssal. Le seul point commun à tous ces genres d’autistes : la tribalité.

Pour les 20 ans du label, Regis évite ainsi le cliché de la compil démonstrative. En même temps, il aurait été difficile de tomber dans la facilité puisque le label est toujours resté confidentiel malgré sa renommée non-contestable. Et le résultat est aussi court (45 minutes pour 9 titres) que puissant.

Il faut aborder cette compil comme une plongée en apnée dans l’esprit tourmenté de Regis qui a convié ses potes pour une danse de Saint-Guy. On passe sans coup férir d’un vieux titre indus à une techno anxiogène, dans un souci de tout mélanger pour mieux fractionner l’esprit de l’auditeur. Les puristes seront comblés de pouvoir écouter le post-punk primitif d’Antonym pour un Consumer Device de 1992 n’ayant pas pris une ride, tout comme ils s’extasieront devant la techno sous-marine du Cold Water de Regis, sorti en 1996 et remixé ici par Substance. Une chose est sûre, on n’est pas là pour se marrer.

Halha déploie son arsenal tribal avec une rigueur implacable et une noirceur permanente. Surgeon, apparaissant ici sous sa véritable identité, Anthony Child, nous livre une terrible plongée nocturne dans des rues poisseuses avec des vagues de modulations synthétiques grisonnantes et grésillantes se mariant à un voix radiophonique lointaine pour une errance off-beat sans espoir. Concrete Fence (aka Regis et Russell Haswell) nous gratifie d’un magma technoïde lentement gagné par des bleeps finissant par bouffer tout l’espace. Mais Halha, c’est aussi et surtout la présence d’un musique indus digne de ce nom : chamanique avec Talker, rugueuse avec Fret (aka Mike Harris, ex-batteur de Napalm Death).

Le boss Regis n’en oublie pas pour autant les jeunes pousses et laisse à Kerridge (nouvel onglet) et OAKE (nouvel onglet) le privilège de clôturer les festivités. Et autant dire que les deux titres proposés terrassent la concurrence. Le premier (dont on a récemment loué le premier album) signe un titre monumental. A Shadow Cast est une lente progression cinématographique dans les limbes, un parasitage neuronal au beat fragmenté dont l’immersion absolue laisse pantois. Les seconds nous achèvent avec Tenoun Rah Zan, titre porté par un chant incantatoire et une rythmique tribale enivrante, donnant l’impression de se prendre le Djihad en pleine gueule.

Halha est une compilation qui suinte le nihilisme par tous les pores. On savait Downwards insoumis et refusant les compromis, on comprend ici que ce n’est plus seulement une esthétique d’apparat mais bel et bien un état d’esprit qui perdure depuis plus de 20 ans. Halha vous laissera un gout de métal dans la bouche.

B2B

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