silent weapons for quiet wars

Pochette de The Body

chronique · 23 décembre 2013 · Techno / House

Prince Of Denmark

The Body

par B2B

Que reste-t-il quand il n’y a plus rien ? Cette interrogation ne cesse de prendre de l’ampleur à mesure que The Body déploie sa raw-house rachitique, dépourvue de tout schéma narratif, de toute intrigue mélodique. Car une fois les éléments décoratifs supprimés, la house de Prince Of Denmark (nouvel onglet) apparaît comme nue. Ce corps n’a plus qu’une vocation : danser face à son reflet. En cela, The Body est un album remarquable d’intransigeance et d’intelligence puisqu’obligeant à remplir les vides par ses pensées. Cette house minimaliste est une base, c’est à vous d’en trouver la finalité.

Pour rentrer pleinement dans un tel album, il faut accepter l’abandon pour mieux ressentir la moindre pulsation, la moindre variation. La lancinance atteint ici son paroxysme, d’autant plus que tous les titres n’hésitent pas à dépasser les 7 minutes pour mieux opérer leurs emprises sur votre esprit. Les premières tracks peuvent surprendre et laisser dubitatifs devant cette réduction des possibles. C’est qu’il faut apprendre à se laisser envahir par cette basse souple afin que l’hypnose, lentement, puisse prendre l’ascendant. Ainsi, la neurasthénie initiale va s’effacer et la magie s’imposer. Le kick brut de Cut Untitled Cut métamorphose alors le titre en house moite et rugueuse, pendant que (In The End) The Ghost Ran Out Of Memory déploie son errance nocturne grâce à sa nappe angoissée. Le point de non-retour est atteint avec Your Body, vous laissant les yeux mi-clos, dans un état léthargique avancé, votre corps chaloupant lascivement au son d’une basse molletonnée magnétique. Et si cette house privilégie la réduction des mouvements corporels, elle n’en reste pas moins une house d’after, qui s’écoute dans un état second propre à la captation du moindre changement d’état.

Cette radicalité sonore ne doit pas vous effrayer pour autant, il faut seulement accepter la perte de soi et de ses repères. Pour le reste, faites confiance à Prince Of Denmark, valeur montante de la scène house depuis 2 ans. L’Allemand n’est pas inconnu puisqu’il nous avait déjà conquis lors de son apparition sur le brillant EP Südstadt (nouvel onglet), sorti en début d’année sur le remarquable label Giegling (nouvel onglet). Mais les puristes connaissent avant tout le bonhomme via son pseudo Traumprinz. C’est d’ailleurs sous cette entité qu’il vient de sortir le LP Mothercave, mais ça, c’est une autre histoire et on en reparle très vite.

B2B

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Georges White

    Ça restera, à mon sens, un des classiques techno/house de 2013, comme l'a été l'année dernière l'excellent 'Traces' de Delta Funktionen.

  2. Globule

    Très chouette, merci !

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