silent weapons for quiet wars

chronique · 15 avril 2015 · Musiques électroniques

ZPG

Diecast

« - Hey Stuart, tu t’éclates ? - Je fais de la musique avec mes doigts »

par Mélanie Meyer

Pour ceux qui avaient suivi l’aventure du lancement de Voyder et les sorties de Deadfader, un autre des tenants de l’expérience folle menée à Brighton, plus confidentiel, a sorti il y a quelques mois un album sur lequel il est bon de jeter une oreille. ZPG n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il en est à sa quatrième sortie digitale. Diecast est donc la dernière en date et est notable car elle autorise à l’aborder sous deux angles d’approche distincts. En premier lieu, elle est une intéressante collection-hommage à un large pan du paysage électronique britannique : Skam, Rephlex, Warp et Novamute. En second lieu, elle relève d’une continuité, celle d’un parcours personnel de création qui se déploie humblement mais sûrement depuis deux ans.Humilité est le maître-mot qui se retrouve tout naturellement dans la mise à disposition libre de son travail.

Dans une galaxie IDM dont les tenants historiques se sont considérablement essoufflés, il est plaisant de retrouver des sensations anciennes à l’écoute de morceaux qui restent malheureusement méconnus. On ne vous dira pas que l’album de ZPG est révolutionnaire ou qu’il offre dans sa continuité une inspiration régulière. Non. On lorgnera plutôt vers la satisfaction d’entendre une spontanéité qui force le respect. Deux morceaux retiennent particulièrement l’attention que l’on verrait volontiers sélectionnables pour un mix pour leur efficacité et leur construction imparables. Tout d’abord Diecast 5 avec son motif aquatique mâtiné de nappes synthétiques arovaniennes qu’éventrent des notes métalliques erratiques. On songe à une élaboration à la Mira Calix qui se déploie progressivement dans une lancinante mélancolie. Ensuite Diecast 6, plus abrasif, plus violent, cherchant du côté du breakbeat/dubstep. C’est là que s’évalue le mieux l’emploi exponentiel du matériel analogique rassemblé par ZPG mais aussi l’enthousiasme suscité par la complexité du morceau. Les rythmiques tiennent des productions du T Power de la fin des années 90.

Il est à noter la signification du titre de l’album qui désigne également l’ensemble des morceaux présentés. Diecast désigne en anglais tout véhicule miniature pouvant donc faire l’objet d’une collection. Il se trouve que ZPG s’intéresse tout particulièrement aux modèles les plus fantaisistes. Non pas des reproductions de modèles existants mais des prototypes futuristes créés à partir des critères des années 70. Le revoilà donc l’usage de l’inventaire spécialisé dans une démarche personnelle originale. Une énergie en marche qu’il convenait de mettre en avant.

Mélanie Meyer

Brasser la merde

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