silent weapons for quiet wars

Concerts · 5 juin 2013 · le 24 mai 2013, Instants Chavirés (Montreuil)

Come et Besoin Dead aux Instants Chavirés (Montreuil)

Just Relax

par Dr. Somath

Pendant que certains assistaient à un, semble-t-il, excellent concert des Flaming Lips sans fioriture, la frange du public parisien (voire de bien plus loin d’ailleurs compte tenu de l’évènement) la plus bloquée dans les années 90 avait rendez-vous aux Instants Chavirés (nouvel onglet) de Montreuil pour l’unique date française de la courte tournée européenne de Come.

Afin de fêter les vingt ans de leur premier album Eleven : Eleven, la bande de Thalia Zedek (Live Skull) et Chris Brokaw (Codeine) nous offrait en effet ce soir là le luxe d’une belle bouffée de nostalgie, activité très à la mode en ce moment. Comme à chaque fois dans ce genre de cas, l’appréhension est de mise car si leur musique n’a pas vieillie (ou en tout cas pas négativement), le risque du coup de couteau tout mou dans l’eau n’est jamais bien loin.

Seulement ici on est en présence d’un groupe unique resté des plus confidentiels bien qu’il ait marqué toutes les oreilles ayant croisé son chemin. Aucun star-system ou prise de grosse tête n’est donc venue entre-temps gâcher les mentalités, et ce sont quatre personnes armées d’une immense joie d’être là que l’on croisera tout au long de la soirée. Comme si l’on avait besoin d’un exemple et histoire de s’étendre un peu sur le groupe de Jessica 93(bel homme dont je vous avais parlé ici), c’est une Thalia Zedek complètement euphorique que l’on observera au premier rang de l’excellent set d’ouverture de Besoin Dead. Madame ne s’est pas trompée tant la qualité sonore affublée ce soir là à ces habitués des sonos pourries de squats fera prendre une dimension supérieure à leur rock bruitiste mais réfléchi, parfait vecteur d’un très fort ressenti personnel.

Et c’est bien sur le même terrain de jeux émotionnel que l’on retrouvera Come une fois les Bostoniens sur scène. On oubliera alors très vite le poids des âges au final inexistant pour offrir notre sensibilité en pâture à une Thalia Zedek impériale vocalement et charismatique à souhait. La musique de Come est un curieux mélange d’intimité et d’expiation, un moyen de lâcher prise, une route vers la rédemption, bref, une expérience d’une puissance rare que ce concert aura amplifié d’une façon que l’on n'aurait même pas osé espérer.

Après avoir fait la part belle à l’album célébré par cette tournée, le groupe piochera également dans Don’t Ask Don’t Tell et Near Life Experience , prouvant s'il le fallait l’homogénéité et la qualité de l’ensemble de son œuvre. Du côté de Chris Brokaw, que du bon à signaler également : une simplicité mise au service d’une émotion de tous les instants, le tout avec un feeling et des harmonies n’appartenant qu’à lui. Un rappel plus calme mais toujours pas apaisé avec au menu German Song et Sad Eyes viendra clôturer la démonstration sans laisser place au moindre doute.

Si pour toi Come ne représentait avant aujourd’hui qu’un chouette lac italien, profite de la courte sélection ci-dessous pour t’introduire à l’univers si particulier d’un des groupes les plus atypiques du début des années 90 qui aura su montrer encore sa pertinence en 2013. Au final il n’y avait que très peu de nostalgie ce soir là, seulement de la belle musique jouée avec un engagement et une énergie de tous les moments par un groupe n’ayant rien perdu de sa splendeur.

Merci à Philippe Lafaye (nouvel onglet) pour les belles photos.

Dr. Somath

Brasser la merde

1 commentaire

  1. gREG

    Euh il y avait un autre groupe entre les 2 ??? berline 033, pas très classe de ne pas les mentionner...

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

    En attente