Focus · 29 mai 2013
Les Siestes Electroniques, summer is coming
Summer is coming
par B2B

C’est sans doute le festival le plus plagié de France (on pourrait aisément étendre les frontières d’ailleurs) et en même temps, ça se comprend : les Siestes Electroniques (nouvel onglet) de Toulouse sont l’apothéose pour l’auditeur exigeant mais avant tout fainéant. Car s’écouter de la musique électronique, en position horizontale, dans un charmant jardin du centre-ville toulousain, revient à ne dépenser aucune énergie inutilement. Mais les apparences sont trompeuses et les programmateurs malins. En structurant chaque journée autour d’un line-up montant graduellement en intensité, les intentions sont vicieusement camouflées. Alors que vous prenez plaisir à subir un soleil de plomb dans la tronche, au son d’une électronica vaporeuse, petit à petit, la tension monte à mesure que le soleil décline. C’est ainsi qu’à chaque clôture de journée, les Siestes (pour les intimes) deviennent un tremplin nocturne et les bras se lèvent alors que la rythmique se fait plus arrogante. Et tout cela se fait sans douleur et en douceur, avec une certaine complicité.
Depuis une dizaine d’années, la recette fonctionne grâce à une gratuité permettant de docilement attirer les curieux. Et c’est là que SWQW déboule pour vous décortiquer le line-up afin de ne pas se faire surprendre. Voici une sélection des artistes à ne pas manquer pour cette 12è édition des Siestes Electroniques, qui se déroulera du 27 au 30 juin dans le jardin Compans-Caffarelli (et pour ceux qui ne seront pas là, on vous racontera tout en détails dans la foulée).
La Colonie de vacances (Electric Electric + Marvin + Papier Tigre + Pneu) (live quadriphonique)
Parce que les Siestes ne sont pas qu’électroniques et qu’un peu de guitares électrifiées ne peuvent que nous provoquer, la venue de la Colonie de vacances est la garantie d’une sérieuse montée de fièvre. Le désormais incontournable label Africantape (nouvel onglet) convoque le cœur de ses troupes pour un quadruple live totalement dingue (ayant déjà pu voir le bordel à l’œuvre, vous pouvez compter sur le conseil). Le principe est aussi con que diablement efficace : rameuter les 4 groupes les plus en vus de la scène math-noise-rock française et les faire jouer en même temps, sur 4 scènes, face à face. Le public se place au milieu et fait son marché dans ce joyeux bordel. Jubilatoire.
DSCRD + Polar Inertia + Bipolar (live quadriphonique)
Autant poursuivre sur la lancée de la veille en gardant l’idée d’un live simultané mais cette fois-ci, on revient aux fondamentaux du festival avec ce savant mélange entre exigence et provocation puisque c’est la nouvelle scène techno parisienne qui va tenter de vous botter le cul avec intelligence. Finit les conneries adolescentes des turbines d’une french-touch 2.0 frelatée et abrutissante, place à une techno adulte, sombre et moite, prenant directement sa source dans les racines industrielles du Berghain berlinois. DSCRD (nouvel onglet), Polar Inertia (nouvel onglet) et Bipolar, soit les trois entités techno françaises les plus en vues du moment (il suffit de regarder le récent reportage (nouvel onglet) de Resident Advisor sur le réveil du clubbing parisien pour s'en convaincre), vont se répondre pour un triple set anxiogène et mental, permettant enfin de montrer qu’en France aussi on sait faire de la techno, de la vrai.
Polygorn (aka Panda Valium)
Non, les basques ne font pas que la musique engagée pour babos, ils savent aussi taper dans la techno aérienne. La preuve avec Panda Valium (nouvel onglet), auteur en 2010 du sous-estimé Bubo, album de techno en forme de montagnes russes émotionnelles, trouvant sa source dans l’esthétique Border Community. Avec Panda Valium, chaque morceau se déploie sur la longueur, prenant des virages serrés pour mieux catapulter l’auditeur dans l’espace, jouant continuellement des contre-pieds, alternant avec intelligence électronica vaporeuse et techno puissante. Si vous aviez aimé l’an dernier les prestations de Tom Terrien et Luke Abbott, vous risquez fortement de prendre votre pied, d'autant plus que pour l'occasion, Panda Valium va s'entourer d'un groupe et ainsi prendre l'apparence de l'entité Polygorn.
Andy Stott
On ne va pas vous mentir, Andy Stott (nouvel onglet) a tendance à nous faire chier chez SWQW. Comment un mec aussi talentueux a-t-il été capable de nous pondre un deuxième album, Luxury Problems, aussi cliché (la witch-house devrait subir la censure) ? Parce qu’il est indéniable que l’anglais est capable de livrer des maxis techno d’une profondeur abyssale, avec ses basses étouffées et son ambiance industrielle crépusculaire (suivez cette scène anglaise se structurant autour du label Modern Love (nouvel onglet) et revenant à la source, aux caves lugubres de Londres). D’ailleurs, c’est en live que l’on pourra vraiment saisir le degré de corrosivité de sa musique. Et vous pouvez être sûr qu’il va en laisser quelques-uns sur le carreau. On va donc tenter de raviser notre jugement et de se laisser porter par cette esthétique sonore malsaine.
DJ Deep
Figure du milieu techno français, injustement méconnu par le public et boudé par les médias, DJ Deep (nouvel onglet) est pourtant un des meilleurs ambassadeurs du genre, un puits de connaissances sans fond. Le mec officie derrière les platines depuis une bonne quinzaine d’années, joue régulièrement dans les plus grands clubs de la planète. Autant vous mettre en garde car il sait comment travailler une foule pour l’amener là où il a décidé. Et avec DJ Deep, place à une techno claustrophobique se mélangeant à une house racée décontextualisée. Les fautes de goût ne sont pas pour lui.
Redshape
On a longtemps palabré sur l’identité secrète de Redshape (nouvel onglet) (Laurent Garnier ? Carl Craig ? les deux ?) avant d’apprendre qu’il s’agissait tout simplement d’un obscur producteur teuton, Sebastian Kramer. C’est que Redshape a su prendre le meilleur de la techno de Detroit pour l’appliquer à la techno rêche actuelle. L’impression de se retrouver catapulté en pleine rave 90’s, avec les moyens d’aujourd’hui, est un plaisir rare. Et son dernier album, Square, ne fait que confirmer la tendance.

Brasser la merde
1 commentaire
Georges White
Assez partagé tout de même sur ledit documentaire de RA.
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